09 janvier 2013

L'effet miroir

Via cinématique, blog cinéphile, une proposition intéressante de questionnaire consacré "à l'un des sujets favoris du cinéma (et du cinéphile) : lui-même. Identification et dédoublement, enchâssements et reflets, hommages et copies, mise en abyme ou simple micro dans le champ, voici donc le questionnaire du Miroir"

Cinématique 

1) Avez-vous déjà accroché chez vous une affiche de film ?


Plein, les murs de ma chambre d'ado en étaient couverts...(affiches, cartes postales, fiches Première, fiches L'écran fantastique...) pas un centimètre carré du papier peint n'était visible... Aujourd'hui encore des dizaines dans toute la maison, Le spectre du Pr Hichcock, Nosferatu (Herzog), Les rêves dansant, Melancholia, L'aventure du poséïdon (70's), Le cinéma de papa, The Disorderly Orderly, Peau d'âne (affichettes japonaises), Jacquot de Nantes (Jap), La Mauvaise éducation (jap), Potiche (jap), Suspiria (jap), La fleur de mon secret (jap); 4 mouches de velours gris (jap), L'invasion des profanateurs (jap), Les Damnés,Incendies, The Fall, Dracula prince des ténèbres, La comtesse de Hong Kong, Arabesque... Changement de toutes dans les prochains mois...

2) Quelle affiche, placardée à l'intérieur d'un film, préférez-vous ?



 Rien ne me vient... Ah si la photo de Monika de Bergman piquée par Doinel dans Les 400 coups.

 3) Avez-vous une salle de cinéma régulière ?

Le Méliès - Villeneuve d'Ascq

4) Quelle salle de cinéma, présente dans un film, préférez-vous ? 





La petite voleuse de Claude Miller, toutes les scènes dans les cinémas... Et Les 400 coups... Et l'Argent de poche aussi. Et puis Serbis de Brillante Mendoza et La chatte à deux têtes de Jacques Nolot

 5) Avez-vous un souvenir marquant dans une salle de cinéma, n’ayant pas de rapport avec le film projeté ?

Branlette réciproque au 2ème rang, suivie d'un fou rire pas du tout du au film pendant le nullissime Le Professeur Foldingue 2...

 6) Avez-vous déjà assisté à un tournage ?

Nope

7) Qu’avez-vous filmé dont vous soyez le plus satisfait ?

Le réveil de mon chéri complétement défoncé après une anesthésie générale... N'arrêtant pas de dire "je suis bien, putain, je n'ai pas été aussi bien depuis des années"

8) Avez-vous une anecdote véridique à nous conter, vous mettant en scène avec une personnalité du cinéma ? 



Je suis l'ami proche et fidèle d'une actrice connue et reconnue mais comme je suis vraiment son ami, je tairais son nom et toute anecdote la concernant. J'ai rencontré Alain Cuny, quand j'étais étudiant aux Beaux-Arts, sur un quai de gare... Discussion très sympathique et interéssante, sur l'art, l'architecture et le Bauhaus... Il avait lui aussi fait les Beaux-Arts dans sa jeunesse. Belle rencontre, impressionnante... Je me suis pris le chou avec Mike Leigh a qui j'ai dit et répété que son film était une merde alors que toute la salle l'encensait... Sûr qu'il s'en souvient encore parce que je suis revenu à la charge pendant le petit cocktail d'après projo lol Je ne sais plus si c'était pour High hopes ou Life is sweet... Plutôt High hopes, sans doute, par rapport aux dates...

9) Quelle personnalité du cinéma aimeriez-vous rencontrer pour nourrir une telle anecdote ?

 

Quentin Tarantino, pour causer cinoche, ça ne doit pas être mal ! Ou Jean-Pierre Léaud...

10) Quel est le personnage cinématographique le plus proche de ce que vous êtes, ou de ce que vous avez été ?



 J'aimerais dire Antoine Doinel qui est mon idole, mais je pense être plus proche de... Kirsten Dunst dans Melancholia, surtout en ce moment ^^

 11) Avez-vous une quelconque ressemblance physique avec une actrice ou un acteur ?



Etant jeune on me parlait beaucoup de Jean-Hugues Anglade...de Lucky Luke et de Peter Coyote.. Plus je vieillis, plus la ressemblance avec Coyote s'affirme, sauf qu'il a 20 ans de plus que moi...

12) Apparaissez-vous réellement dans un film ? 

Nope

13) Quel regard-caméra vous a le plus touché ?



Jean-Pierre Léaud, les 400 coups, sans aucune hésitation

 14) quelle séquence en caméra subjective vous a le plus marqué ?





Toutes celles des meilleurs gialli d'Argento, Bava... Mais je crois que celles de Suspiria sont étonnante car parfois immatérielles... Elle ne représentent pas forcément quelqu'un, un tueur... Mais parfois une simple présence, un élément (le vent, la pluie...), ou un personnage invisible...

15) Existe-t-il un remake que vous appréciez ?



Oui, plein ! L'Homme qui en savait trop, The Thing, L'invasion des profanateurs, Body Snatchers, Evil dead 2, King Kong, La mouche, Scarface, La petite boutique des horreurs, Psycho, L'armée des morts, La maison de cire, la colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche, Let me in, Victor Victoria, L'armée des 12 singes, Le talentueux Mr Ripley, Ghost dog, Les infiltrés,Le cercle...

16) Un que vous détestez ?



Oui, plein aussi: The Fog, Terreur sur la ligne, Piranha 3D, Funny Games US (mais je détestais déjà l'original), Invasion, Hantise (La maison du diable), Le schpountz, Péché originel (La sirène du Mississippi)...

17) Quelle est votre image ou séquence favorite parmi celles faisant allusion, au sein d’un film, à un autre film ?



 L'intégrale de Brian de Palma

18) Citez votre scène préférée parmi celles utilisant un miroir


Blanche Neige et les 7 nains de Disney, La scène du bal dans Le Bal des vampires, Orphée de Cocteau et Les frissons de l'angoisse. et puis l'utilisation des fenêtres presque comme des miroirs transparents dans Les Innocents de Jack Clayton

19) Avez-vous le souvenir d'une apparition involontaire de l'équipe de tournage à l'image ?

 Oui, plein de micros et de reflets ou d'ombres...mais pas de titre qui me vienne en tête...

20) Quelle est votre préférence parmi les actrices/acteurs ayant joué plusieurs rôles dans le même film ?



Denis Lavant dans Holy Motors, Chaplin dans Le Dictateur, Jerry Lewis dans Dr Jerry & Mr Love et Peter Sellers dans Dr Folamour

21) Quel est pour vous le meilleur interprète d’un personnage traité à plusieurs reprises dans l'histoire du cinéma ?

Jean-Pierre Léaud pour Doinel et Chaplin dans Hitler


 22) Parmi les cinéastes ayant fait l’acteur chez les autres, qui mérite d'être retenu ?



Noémie Lvovsky dans tous ses rôles

23) Quelle apparition d’un réalisateur dans son propre film vous semble la plus mémorable ?



Truffaut dans La Nuit américaine

24) Quel est à vos yeux le plus grand film sur le cinéma ?




La Nuit américaine, Holy Motors, Amer, Le Mépris et Kill Bill 1 & 2

24 octobre 2012

23 octobre 2012

Alyce dans la ville





Grosse déception...
Le film est tellement original et tellement bourré de qualité dans sa majeure partie que de voir tout ce formidable potentiel partiellement gâché par un humour noir assez malvenu dans la dernière partie qu'il est difficile de dire si je l'ai aimé pour ses (nombreuses) qualités ou détesté pour ce défaut majeur de ne pas prendre son personnage ni son sujet au sérieux... au final...



Car l'interprétation est solide et le film est formidablement bien écrit dans toute sa première partie. les personnages existent, sont complexes et passionnants et la lente descente aux enfers d'Alyce et de son entourage aurait du promettre de grands moment de folie et de malaise...



Alors pourquoi démolir tout ce qui a été lentement et assez subtilement construit pour finir dans le grand-guignol le plus grotesque... That is the question.
Un film qui contient en lui l'espoir et la déception, les préliminaires, la pénétration mais le coït est interrompu... abruptement...



Déception, frustration, Alyce avait l'air d'être une bombe mais en réalité elle n'était qu'un assez mauvais "coup"...

21 octobre 2012

Vieillir en disgrâce



Je n'avais vu aucune des deux pièces de théâtre du trio qui on précédé ce film et n'avait pas vraiment d'à priori, ni négatif, ni positif...
Seule, une très chère et fiable amie m'avait dit que la première pièce n'était pas bien fameuse mais que l’abatage incontestable des trois comédiennes emportait le morceau et qu'on s'y marrait beaucoup.




Le moins qu'on puisse dire est que l'écriture du film - qui marque les retrouvailles des 3 filles, 10 ans après Arrête de pleurer Pénélope 2 - n'est elle même guère très fine mais que, malheureusement, le transfert de la scène à l'écran se fait assez difficilement notamment du coté des comédiennes qui ont certes mis la pédale douce sur l'abatage, mais qui sont clairement trop marquées par la théâtralité de leur personnages - qu'elles connaissent d'évidence par cœur - et qu'elles ont tendance à charger d'un sur-jeu qui alourdit énormément un film déjà pas très subtil...




Il faut clairement dire que la première demi-heure en est carrément consternante de nullité et malgré le fait qu'à aucun moment le film ne soit vraiment antipathique, on a un mal de chien à lui trouver la moindre circonstance atténuante et surtout, bien pire, il ne fait jamais rire...

Et puis, même si l'ensemble reste jusqu'au bout plutôt médiocre, une chose sauve l'objet d'un naufrage intégral.




Il faut donc ici clairement saluer le talent de Juliette Arnaud et son évidente nature comique qui parviennent dans la deuxième partie du film à nous décrocher quelques éclats de rire salvateurs.
Il faut dire, à la décharge de ses deux comparses, que son personnage est de très loin le plus complexe, intéressant et le moins caricatural et archétypal des trois...
Et que la façon dont cette fille semble vivre le monde, les autres, elle même et son vieillissement comme de vraies disgrâces la rend aussi touchante qu'hilarante et il faut bien le dire, elle sauve souvent un film assez mal écrit et platement filmé.
Dont je ne garderai pas un grand souvenir...
Juste l'espoir de revoir cette étonnante comédienne dans des rôles moins écrits à la serpe et surtout dans de meilleurs films... Donc, pour être un peu méchant, dans des films qu'elle n'aurait ni écrit ni réalisé...
Qu'elle se contente de faire ce qu'elle fait à merveille... JOUER !




DVD M6Vidéo - Sortie le 10 octobre - 19,99€

Bonus:
Un long Making of (53mns) réalisé par Christine Anglio qui montre la bonne humeur régnant sur le plateau et la cohésion entre toutes les équipes, faisant la part belle aux équipes techniques souvent oubliées des making of.
Un interview (14mn) des trois comédiennes.
Bande-annonces


16 août 2012

Le Mousse et la Baleine




 Hiver norvégien, 1915. Dans l'autoritaire maison de redressement de Bastoy, l'arrivée d'un nouveau détenu va chambouler l'ordre établi et faire basculer les consciences. L'esprit de rébellion monte graduellement mais jusqu'où sont-ils prêts à aller ?


Quatrième long métrage du Norvégien Marius Holst, Les Révoltés de l'île du diable est une plongée sombre mais fascinante dans un centre pour jeunes délinquants à l'écart du monde dont les portes sont restées ouvertes jusque dans les années 1970. En puisant dans les archives de cette prison insulaire pour mineurs, le réalisateur s'est rendu compte que la réalité dépassait les rumeurs déjà terrifiantes que ce centre suscitait...



Certains, sans doute, condamneront un hâtivement l'académisme du film sans considérer que ce classicisme est un parti pris qui convient parfaitement à la teneur du récit autant qu'à la description d'une époque révolue.


Sorte d'équivalent norvégien et masculin aux terribles Magdalene Sisters de Peter Mullan, le film de Marius Holst est porté par des acteurs absolument exceptionnels tant du coté des adultes (les célèbres et géniaux Stellan Skarsgârd et Kristoffer Joner) que du coté des adolescents, tous comédiens amateurs et dont certains sont vraiment inoubliables.




Les performances toutes en sobriété et en puissance retenue de Benjamin Helstad, de Magnus Langlete et de Trond Nilssen sont époustouflantes et contribuent grandement à la réussite et à la force émotionnelle du film.


Et la métaphore qui coure tout le long du film du mousse et de la baleine, au travers du récit qu'inventent les deux garçons au fil de leur amitié grandissante est non seulement très pertinente mais elle ajoute ce petit supplément d’âme au film.
D'autant que la peinture de cette amitié n'est ni convenue, ni teintée d'un angélisme  ou d'un manichéisme ridicule (On n'est pas dans Les Choristes) et qu'elle est une des grandes forces du récit et du film.





Cette relation entre les deux adolescents est complexe et belle, elle apporte au film une profondeur et une émotion vraiment exemplaire et c'est d'ailleurs là un des vrais points forts du film qui dépasse grandement un récit historique appliqué pour se mesurer à de grands classiques scandinaves, souvent conspués pour leur académisme en dépit de leur puissance visuelle et de la finesse d'écriture du scénario et du jeu des acteurs...


Je pense notamment à la Palme d'or très contestée remise au magnifique Pelle le conquérant de Bille August (à Zappa aussi, du même réalisateur) ou aux premiers films suédois très sous estimés de Lasse Hallström)





King of the Devil's Island (Les révoltés de l'île du diable, chez nous, titre moins fidèle au film) est dans la lignée de ces grands films : classique, certes, mais subtil, captivant, poignant et si injustement passé inaperçu à sa sortie.



Rattrapage indispensable !




15 août 2012

La cabane au fond du jardin



 


Derrière une des plus belles affiches de l'année se cache une nouvelle imposture du cinéma horrifique US...



Un scénario certes assez original, mais qui, très vite, joue la connivence avec le spectateur :
"T'as vu, moi aussi je suis fan de Evil Dead et de La Nuit des morts vivants, J'ai la même culture bis que toi, les Loups-garou, tout ça... mais en plus, t'as vu, j'ai aussi vu Cube et la mise en abyme et les expériences théoriques ne me font pas peur, et puis en plus après SCRE4M, je n'ai plus qu'à devenir post-post-moderne pour dépasser en tous point le cynisme et le pseudo point de vue à la mort moi le noeud sur le genre... Tu vois, Craven pensait avoir tué le film d'horreur, mais moi, je vais plus loin, je l'enterre !!!
Je fais le film d'horreur ultime, qui les contient tous, les cite en pagaille et qui les contrôle tous pour aller vers un final indépassable...
Comment chuis trop fort, moi, Josh Whedon... Tu te rends compte, trop puissant mon premier film..."




Mouais, sauf que - connard - t'as oublié qu'un film d'horreur est sensé foutre la trouille et pas nous flanquer une thèse, qu'il est supposé tenir en haleine et pas nous resucer les mêmes vieux schémas et que - aussi malin soit-il - un film est mort-né si ses personnages ne sont l'incarnation de rien et ne sont que des marionnettes...



Bref, encore une purge de petit malin, suffisamment bien torchée pour que la plupart se laissent duper (impossible que ceux là supportent une deuxième vision) et pour moi un pur exercice de style, con, creux, vain et amoureux de lui même bien plus que du genre.



Ce type de film "mise en abyme" associés aux Found footage, vont finir par me dégouter à jamais de l'horreur et du fantastique.



Bref, une merde... Une belle merde, certes, bien moulée, parfaitement chiée, mais une merde tout de même.
Et sans doute un des films les plus surestimés et pour lequel l'indulgence des critiques fut aberrante cette l'année.
Exactement comme elle l'avait été pour SCRE4M l'année dernière...