16 février 2012

Délits majeurs


Le film commence par petite touches impressionnistes et lumineuses à montrer le quotidien de trois adolescents et s'annonce comme une douce, sensuelle et jolie chronique adolescente.
Wilson beau métisse athlétique et taiseux ne semble trouver le sourire que dans les bras de Déborah, jeune fille à la pulpeuse beauté qui l'aime sans modération et se heurte parfois à son opacité.


Et puis il y a Stan, le fils du maire, jeune homme malingre et renfermé qui les épie en étrange voyeur et qui s'échappe de sa morne vie familiale en taguant les murs de la ville.


Seule la position de voyeur de Stan semble relier les scènes entre elles et le début du film ne laisse pas entrevoir le sinistre secret qui lie les deux garçons. L'un cherchant des moyens de s'exprimer en taguant un mystérieux "Mineurs 27" sur les murs de la ville, seul moyen qui semble lui rester dans un cadre familial ou semble régner l'incommunicabilité et au final, un lourd secret.



L'autre au contraire veut tracer sa route quitte à emprunter les chemins de traverse de l'illégalité pour mieux mettre le couvercle sur le passé. Au risque de compromettre sa belle relation naissante avec Déborah...


Le secret finira par être en partie révélé par le film qui quitte soudain la chronique adolescente pour plonger dans le polar glauque et montrer ces deux garçons aux prises avec le traumatisme de leur enfance et pris en chasse par un ripou (Jean-Hugues Anglade) et ses complices de la pègre locale sous la complicité passive du maire de la ville qui entendent tous garder le scandale profondément enterré pour des raisons diverses.


La pédophilie est un sujet forcément tabou et très rarement traité au cinéma. Difficile en effet d'éviter les divers écueils du voyeurisme, de "l’ellipse trop elliptique", du film "à thèse" ou du clip de prévention (Cf le médiocre Trust de David Schwimmer ) et en dehors du magnifique et bouleversant Mysterious skin, rares sont les films qui ont traité ce sujet avec autant de talent et de délicatesse sur "l'après". Comment un enfant violé survit, quels sont les conséquences sur sa vie sociale, sexuelle, affective, y a-t'il une possibilité de résilience ou ces enfants sont ils fatalement maudits et promis à un funeste destin ?
De ce point de vue, Mineurs 27 s'inscrit - avec une belle ambition - parmi les belles réussites sur ce sujet.


Jamais je n'aurais pensé que Tristan Aurouet - réalisateur du roublard Narco - aurait pu effectuer un tel virage stylistique à 180° et offrir un film si délicat, mystérieux et austère.
De passer d'un cinéma cherchant autant à séduire à un cinéma d'auteur aussi exigeant et délicat, quitte à rebuter, déployant de vrais et forts partis pris de mise en scène qui - en dehors - de quelques maladresses (le gang des Lellouche manque un poil de crédibilité notamment dans l'écriture des dialogues) offre un film vraiment personnel, singulier et puissant.


Un film qui avance de la lumière vers les ténèbres avec une lenteur inquiétante et au fur et à mesure que le récit dévoile ses secrets, l'horizon s'obscurcit et la violence augmente.


Noir c'est noir... un monde sans espoir se déroule devant nos trois jeunes protagonistes et la famille qui pourrait être le seul lieu de refuge et de résolution s'avère une impasse.
La mère de Wilson (magnifique Aïssa Maïga) tente des retrouvailles avec son fils qu'elle a abandonné - trop jeune pour l'élever - à la faveur de sa nouvelle grossesse et se heurte violemment à sa rancœur de l'avoir livré au mal. Et à la sinistre réalité autant qu'à sa propre culpabilité.


Quand au père de Stan... Il est au cœur même du secret et préfère sauver la face et éviter le scandale laissant son pauvre fils totalement livré à lui même et à ses démons.


Quand à la police, incarnée par un Jean-Hugues Anglade sinistre et répugnant (sacrée prouesse !) elle ne semble guère apporter une touche d'espoir dans tout ce marasme.


Mais c'est la mise en scène elle même (plus que le scénario, très sombre...) qui apporte la lumière sur ces beaux et touchant adolescents en leur faisant la part belle à l'image, quel que soit leur salut ou leur funeste destin. Tristan Aurouet les filme avec beaucoup de délicatesse et son regard sur eux est troublant de désir et d'empathie mêlés, même si le récit ne leur fait pas de cadeau, ils sont beaux et le spectateur ne peut qu'être séduit par ces adolescents qu'ils soient lumineux (Marie-Ange Casta), violent et opaque (Nassim Si Ahmed) ou ambigu et émouvant (Finnegan Oldfield, absolument fantastique !).


Et le film a le grand mérite de traiter son sujet de manière frontale mais pudique en s'attachant peu aux faits - évitant le voyeurisme glauque en jouant finement de l'ellipse et de la suggestion - et en collant constamment au plus près des visages et des corps de ces adolescents usant habilement du format 4:3 assez surprenant de nos jours et des gros plans qui exhalent le mal être de ces garçons autant que leur éveil sensuel perturbé.

Une belle réussite. Un projet fauché mais ambitieux autant qu'il faut difficile à monter.
Incontestablement, un auteur est né...

Edité par Bac Films et maintenant disponible en DVD, Blu-Ray et VOD sur www.bacboutique.com


Bonus riches et nombreux: un DVD généreux !


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MINEURS 27 : BANDE-ANNONCE Full HD par baryla

08 février 2012

Le rémouleur, le tailleur, le soldat et l'espion



Voila un film aussi ambitieux et brillant qu'il est complexe et austère. Une vision du film d'espionnage s'attachant moins à des enjeux et à de l'action (façon Fair game, par exemple...) qu'à décrypter méticuleusement les rouages d'un système d'espionnage et de contre espionnage d'un autre temps et de dépeindre un microcosme en déliquescence: L'espionnage à l'ancienne...


La première qualité du film étant sa mise en scène absolument classieuse et qui parvient à rendre passionnant quelque chose qui - avouons le - est emmerdant au possible.


La seconde qualité du film est son scénario, sa complexité et son sens de l'ellipse qui ne sous-estime jamais l’intelligence de son spectateur.


Le problème venant paradoxalement justement de ce point... A force de rendre les choses complexes, presque opaques, on finit par ne plus rien y entendre...


Et c'est la mise en scène même qui sauve le film de l'ennui et du naufrage car son élégance, sa lenteur profondément mélancolique, son sens de l’ellipse qui allège le récit tout en le faisant glisser assez naturellement réussissent à maintenir l'intérêt jusqu'à la fin du film alors que je mets au défi quiconque de m'expliquer clairement et précisément tous les tenants et aboutissant de l'affaire tant on est rapidement et régulièrement totalement largué par le récit.


En effet, le film ne sous-estime jamais son spectateur mais il le surestime sans doute parfois et l'on se noie dans tant de faux semblants, de secrets, de relations ambigües entre les personnages et surtout dans les enjeux historiques de tout cela...


Mais le talent fou de Tomas Alfredson et un casting de luxe (Gary Oldman, John Hurt, Tom Hardy, Kathy Burke, Mark Strong, Toby Jones, David Dencik, Colin Firth...) tous absolument parfaits parviennent à sauver un film semblant toujours sur le fil du rasoir, prêt à s'effondrer. Ce qu'il ne fait jamais...


Et si ce genre de film n'est pas a priori ma came, je reste heureusement persuadé que Tomas Alfredson confirme - après Morse - qu'il est déjà un très grand cinéaste. C'est l'essentiel.



Quand à la bande originale du film signée Alberto Iglesias, musicien attitré d'Almodovar, elle est absolument splendide...


17 janvier 2012

Hijo de puta


Du coté des "Fils de...", le moins qu'on puisse dire est que l'hérédité de Mathieu Demy est au moins aussi chargée que celle de Charlotte Gainsbourg... Ses deux parents n'étant ni plus ni moins que deux des cinéastes français les plus importants et novateurs du demi-siècle qui vient de s'écouler...

Alors, comme déjà tout petit il adorait faire le couillon devant les caméras, c'est vers une (belle) carrière d'acteur qu'il s'est orienté... Le cinéma français y avait gagné son charme lunaire, son sens du comique assez unique et même une noirceur insoupçonnée, parfois...

Mais voila, ça doit être dans les gènes tout ça... Et ça vous rattrape un jour, même sur le tard...

Et voila que sort récemment le tout premier film du "petit" Mathieu, à nouveau débutant et de nouveau, cette fois - plus que jamais - estampillé "fils de"...


Du coup on l'attendait, tuant père et mère et totalement à contre courant pour affirmer sa personnalité ou même son égo et certains, sans doute, l'attendait même au tournant...
Et tout le monde s'est planté, ou presque...

Parce que le point de départ du film est bel et bien la mort d'une mère... Mais pas celle de Mathieu D. (la grande petite et belle Agnès V) mais celle de Martin, le personnage du film...
Quoique, lors de la lecture d'une lettre en voix off, c'est bien la voix d'Agnès V. qu'on entend et que le voyage à L.A. rappelle étrangement un pan de la vie ET de la filmographie de Papa/Maman...
Du merveilleux Model Shop à l'épatant Documenteur, entre autres...
Et d'autant que le Martin du film recherche une mystérieuse Lola qui se trouve étrangement être strip-teaseuse et vaguement pute...
Sans parler de cette histoire de passeport et de double nationalité qui donne son titre au film...


Dans le genre brouillage de piste, Mathieu Demy ne s'arrête pas là puisque les flasbacks du film où on le voit enfant sont directement tirés du beau Documenteur de Maman dans lequel le tout petit Mathieu (8 ans) faisait l'andouille et du skate et dans lequel Sabine Mamou jouait la maman de Martin et non de Mathieu, devant la caméra de sa vraie Maman Varda dans un film à forte teneur documentaire et autobiographique (si ma mémoire est bonne)...


Loin de tuer le père et la mère, Mathieu D. s'inscrit avec fierté (et pour cause !) dans leur droite (ou sinueuse...) lignée (la fin du film évoquant les hasards et coïncidences si chers à Demy, les jeux avec le réel de Varda et l'aspect ludique, exploratoire et joyeux des deux ) tout en proposant un film très original sur la filiation en forme de jeu de piste totalement cinématographique, en mouvement permanent, bourré de faux-semblant autant que de réel et souvent beaucoup plus drôle que le sujet ne le laisserait supposer.


Par exemple, Les 3 gifles du film m'ont fait chaque fois éclater de rire...
Le "tu fais du boudin" de Mocky ou "l'hystérie" de Geraldine Chaplin dans la décapotable qui ramènent chaque fois le personnage de Martin - l'espace d'un instant - à une sorte de gamin irresponsable que joue Mathieu D. à la perfection dans un idéale distance entre le comique et le tragique sont de vrais moment de rigolade.
Et Mathieu Demy n'a jamais été aussi bon en tant qu'acteur que dans cet Americano.

De ce point de vue, ce qui frappe le plus dans Americano, c'est sa capacité de noirceur et même d'antipathie qui avait déjà été exploitée par ailleurs (je pense au très beau film de Bercot, Mes chères études... notamment) mais qui n'avait jamais rendu cet acteur si inquiétant parfois...


Car si Mathieu Demy parvient à démontrer de vrais talents de metteur en scène et de scénariste dans Americano, (Le travail sublime sur le grain de l'image et les couleurs : chapeau bas au directeur de la photo Georges Lechaptois !) c'est d'abord l'acteur qui en ressort incroyablement grandi...
Je crois ne l'avoir jamais vu dans aucun film déployer une telle palette...
Mais les acteurs sont comme les enfants, ils grandissent, évoluent et parfois montrent un nouveau visage qu'on ne leur connaissait pas...


Il faudrait d'ailleurs dire un mot du reste du casting absolument formidable:
Jean-Pierre Mocky - très grand acteur vraiment sous exploité - est ici formidable dans le bref rôle de... Agnès Varda (à chercher tant de piste on s'emmêle les pinceaux).


Geraldine Chaplin est simplement géniale, à la fois hilarante et pathétique dans le rôle de la veuve éplorée, en quête de reconnaissance et un poil hystéro.


Salma Hayek trouve là son plus beau rôle depuis Frida - ni plus ni moins - et l'on ne s'étonne guère qu'une star hollywoodienne de son envergure ait signé pour ce projet probablement fauché vu la qualité du scénario et la belle mise en lumière qu'offre ce personnage vraiment pas très loin de la Lola de Demy (Jacques)...
Juste que les temps ont changé et que les strings ont remplacé les guêpières...


Bref, alors qu'on s'attendait tous, sans doute à ce que le "petit" Mathieu sorte de la filiation qu'on pourrait croire pesante, il signe là un très joli film dont le coeur même est la filiation (et pas QUE la sienne ou celle de Martin, sans révéler la fin...) mais dont tout le mécanisme même de la mise en scène comme du scénario repose sur ce jeu de rôles ou de cache cache entre la réalité et la fiction, la déclaration d'amour au père et à la mère autant qu'au cinéma et à ses jeux de mouvement et de miroirs... Et qui me parait être en définitive un film bien plus personnel qu'il n'y parait...


Et j'irais même plus loin en affirmant qu'Americano, en toute pudeur, est sans doute bien plus que simplement "personnel", il me semble être un film "intime".



PS: un tout petit mot sur la musique sublimissime de Georges Delerue, la BO du film en général et la magnifique typo du titre (et du tatoo) de M/M



AMERICANO : BANDE-ANNONCE Full HD par baryla

15 janvier 2012

Derrière les murs


Née dans les années 30 et décédée au milieu des 80's, la très prestigieuse firme Hammer films nous a offert une poignée de vrais chefs d’œuvre, une flopée de série B et un quantité non négligeable de nanards qui firent les délices de plusieurs générations de fans de films de genre, allant du thriller à l'épouvante et du fantastique à l'horreur en passant par le film de cape et d'épée.


On y retrouve des cinéastes de l'ampleur de Terence Fisher, Joseph Losey, Freddie Francis, Robert Aldrich ou William Castle, cotoyant des petits maitres de la série B à Z tels que John Gilling, Val Guest, Don Sharp, Roy Ward Baker ou Michael Carreras...

Avec l'arrêt de cette grande maison, c'était vraiment une page qui se tournait... celle d'une horreur à l'ancienne, davantage axée sur la suggestion que sur l'étalage gore, celle de la technicolor, celle des Christopher Lee, Peter Cushing ou Vincent Price, celle des Dracula, Frankenstein, Jack L'éventreur, des momies, des femmes préhistoriques, des sectes satanistes, des Jekyll & Hyde ou de Robin des bois.
Bref, gros soupir d'amour fou, de nostalgie et de mélancolie...
Au centre

Et puis, en 2010, GRANDE nouvelle, la mythique Hammer renait de ses cendres avec la même ambition de proposer des séries B de genre, aux budgets raisonnables mais portées par des passionnés du genre et de rouvrir les robinet à horreur de la firme.

Cela commence même en beauté avec le très réussi remake de Morse, Laisse moi entrer, qui - bien qu'il n'égale pas l'original - parvient aisément à convaincre et à plaire...
Puis, un Wake wood pas déplaisant mais plus dispensable et le très attendu The Woman in black avec Daniel - Harry Potter - Radcliffe... sortie prévue en 2012


Et, entre ces deux là, la Hammer produit La Locataire: un film très méprisé à sa sortie cinéma et qui devrait trouver son vrai public en DVD et en Blu Ray. Car le film est beaucoup moins anodin et médiocre que la critique l'a trop souvent prétendu.


Pour l'attaquer, on l'a d'ailleurs bien souvent comparé avec une mauvaise foi incroyable au très fameux LE Locataire de Polanski, alors que les deux films n'ont rien à voir, ni dans le récit, ni dans le fond ni dans la forme.
Le seul film avec lequel cette Locataire pourrait être comparé est une autre série B, des années 80 cette fois, j'ai nommé le très culte Crawlspace (Fou à tuer) de David Schmoeller avec le dément Klaus Kinski interprétait avec beaucoup de conviction un ancien nazi qui épiait et assassinait ses jeunes locataires à travers un long dédale de coursives circulant derrière les murs de chaque appartement de l'immeuble.

Le film de Schmoeller jouait évidemment sur l'horreur pure autant que sur le second degré en s'appuyant volontier sur la performance comme toujours inspirée et excessive de son acteur.


Le (premier !) film d'Anti Jokkinen tente pour sa part d’œuvrer de manière plus sérieuse et plus subtile en entretenant davantage le mystère qui entoure d'abord l'identité du "voyeur" dans la première partie mais surtout en faisant baigner son film dans une atmosphère d'érotisme (soft, rassurez vous, le film reste tout public !) qui devient assez troublante, voir carrément malaisante lors de certaines révélations.


Par ailleurs, le film ne manque pas d'audace au niveau de la narration puisqu'il utilise le flashback d'une manière (à ma connaissance...) tout à fait inédite:
En effet, le film se déroule comme un assez banal thriller durant environ une demi-heure, et... soudain, de manière totalement incongrue et très audacieuse scénaristiquement, un interminable flashback nous offre une perspective totalement nouvelle en effet boomerang sur tout ce que nous venons de voir.
Révélant ainsi, d'une part, l'identité du "méchant" beaucoup plus tôt qu'à l'accoutumée mais surtout plaçant, d'autre part, le suspense à un tout autre niveau pour tout le déroulement à venir du film.


On est alors transporté dans un film d'une teneur très différente et qui parait (toutes proportions gardées) plus proche de Psychose que d'un Slasher lambda.

Et c'est d'ailleurs là que La Locataire devient plus troublant et surtout beaucoup plus inquiétant qu'il n'y parait.


Le personnage de Jeffrey Dean Morgan prend au passage une dimension qui tient autant de la séduction, et même de l'attraction sexuelle que de la terreur ou du pathétique.
L'acteur est d'ailleurs une vraie belle idée de casting car il a un vrai charisme, une beauté virile loin des standards actuels (Brad Pitt/Ryan Gosling/Bradley Cooper, en gros...) et une palette de jeu qui permet que l'on soit totalement sous son charme alors même qu'il s'avère terrifiant... (Une version plus "Bear" que celle du Norman Bates très féminin d'Anthony Perkins)


Hilary Swank (en tant que co-productrice du film) est celle qui a suggéré cet acteur à la production et on peut dire qu'elle a eu là une vraie idée de génie.
Dommage que son personnage à elle ne soit pas aussi développé et qu'elle ne semble qu'un archétype sociétal (Femme+Médecin+Post rupture toute fraiche) qu'un personnage complexe et épais. D'autant plus dommage qu'elle est formidable dans le film, comme toujours et qu'on aurait sans doute aimé que son personnage soit plus étoffé, ou plus ambigu.


C'est en effet là que le bat blesse, notamment dans ses motivations un peu étonnantes à mettre son appart sous surveillance pour si peu de motifs... Pourquoi cette parano ?
Est-ce du à l'ex-boyfriend (Lee Pace, lui aussi personnage très peu développé) ?
Le film aurait sans doute gagné à éclaircir un peu le passé de cette jeune femme afin de ne pas perdre en crédibilité sur certains points de scénario. Le seul vrai point faible du film...


Pour le reste, Annti Jokinen qui réalise là son tout premier film montre un véritable talent de directeur d'acteur autant que de metteur en scène et la Hammer ferait bien de le garder sous le coude, car, comme le dit avec beaucoup de finesse et d'humour le génial Christopher Lee dans le making off du film, ce qui rapproche ce film des anciennes productions Hammer n'est ni dans les thématiques abordées, ni dans le style du film, etc... Mais bel et bien dans l'incroyable passion pour le genre de son auteur et de sa contagion sur tout le reste de l'équipe technique comme des acteurs, faisant régner une atmosphère très joyeuse sur le tournage, comme à l'époque des grands films de la Hammer.


Cet enthousiasme et cette honnêteté sont vraiment perceptible dans le film et forcent la sympathie, malgré ses évidents - mais mineurs - défauts et je pense que La Locataire est non seulement une très estimable série B, mais que si la Hammer prospère et persiste dans cette belle ligne de production, elle est vraiment l'espoir de la renaissance d'un vrai cinéma de genre de série B à l'ancienne et elle devrait rapidement se rapprocher de Ti West, George Romero, John Carpenter ou Joe Dante, pour les faire retravailler enfin dans cette belle entreprise passionnée, créative et enthousiaste.

Sur Cinétrafic: Film d'horreur & Film 2011


DVD disponible depuis le 1er décembre 2011 distribué par Metropolitan Filmexport.

Bonus:
Making of
Bandes annonces



La Locataire - Bande-annonce - VOST par metropolitan_filmexport