15 novembre 2009

La folie des grandeurs

Entrainé par la folie des classements et questionnaires en tous genres qui foisonnent sur les blogs ciné en ce moment, je cède à la pression (Une Leffe, SVP) et me joint à la caravane...


Preums, le questionnaire Libé, soumis à l'origine à Steven Soderbergh


-Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?

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La maison des damnés de John Hough adapté du génial Matheson et que j'avais regardé en cachette dans la minuscule fente de la porte du couloir. J'avais essentiellement entendu le film puisque je ne voyais vraiment rien. Mais le fantasme que mon imagination en a eu était bien pire que le film que j'ai découvert quelques années plus tard. Comme quoi il ont eu tort de me l'interdire.


Une scène fétiche ou qui vous hante ?

http://media.paperblog.fr/i/202/2027543/chaos-regne-L-3.jpeg

  • Les trois mendiants à la fin d'Antichrist.
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  • La mort de Bogarde à la fin de Mort à Venise fardé avec la teinture qui coule sur le front.
http://3.bp.blogspot.com/_ZflGNUz4NaM/Sl7lA7eX63I/AAAAAAAADa0/W2jDeBj8SBY/s200/image%2520ch.chaplin%5B1%5D.gif
  • Le Discours du faux Hinckel à la fin du Dictateur de Chaplin.
http://11.media.tumblr.com/2nDw092J6nvvekmybv0cG6Cro1_500.png
  • Le visage de Chiara Mastroianni dans le Parc de la Pépinière des les Chansons d'amour d'Honoré (pas la bonne photo, mais bon...)

  • Vous dirigez un remake : lequel ?

Je suis une légende de Matheson, enfin une adaptation à la hauteur de cet immense roman.

http://hhaka.files.wordpress.com/2009/05/i_am_legend_ver41.jpghttp://www.horreur.net/img/affiche-Le-Survivant-The-Omega-Man.jpghttp://lh4.ggpht.com/_Q9_MOdrSZ6U/SqCuiYCmqKI/AAAAAAAAEtU/_TP9h5kOxJ0/s800/lege0.jpg

  • Le film que vous avez le plus vu ?

http://img.ozap.com/00795950-photo-affiche-les-predateurs.jpghttp://userpages.umbc.edu/~landon/13_Images_Movie/Psycho1.jpghttp://www.krinein.com/img_oc/big/4948.jpg

Les prédateurs de Tony Scott, Psychose d'Hitchcock et Les 400 coups de Truffaut.

  • Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?


Les films d'Apatow, Chaplin, Jerry Lewis, Friends, Absolutly Fabulous, père Noël est une ordure...

  • Votre vie devient un biopic…

Monsieur Bovary

  • Le cinéaste absolu ?
http://users.skynet.be/fralica/explicat/peda/cadre/truffaut.jpghttp://cribbster.files.wordpress.com/2009/10/stanley-kubrick.jpg

Truffaut, Kubrick

  • Le film que vous êtes le seul à connaître ?
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  • Le chant des sirènes de Patricia Rozema
http://www.eddistribution.com/affiches/bubbles.jpg
  • Bubbles Galore de Cynthia Roberts
http://www.spout.com/ProductImages/v59609izurh.jpg
  • Oeuf de Danniel Danniel
http://www.cinestatic.com/infinitethought/uploaded_images/LiquidSkyPoster3-786161.jpg
  • Liquid Sky de Slava Tsukerman
http://www.scifi-universe.com/upload/medias/films/dernier-survivant-jj.jpg
  • Le dernier survivant de Geoff Murphy...
enfin j'aimerais bien qu'on me dise le contraire pour pouvoir ENFIN partager avec un autre humain mon enthousiasme sur ces film

  • Une citation de dialogue que vous connaissez par cœur ?
Aucun vraiment par coeur mais j'ai une ou deux phrases de Truffaur qui me reviennent : "Est-ce que les femmes sont magiques ?" qui revient dans plusieurs films (L'homme qui aimait les femmes, La nuit américaine, Baisers volés)
"Est-ce que l'amour fait mal - C'est une joie, et une souffrance" (La femme d'à coté, Le dernier métro, La sirène du Mississippi)
Et la majorité des chansons de Peau d'ane, Les demoiselles de Rochefort, Les Parapluies de Cherbourg et Chantons sous la pluie !!!

  • L’acteur que vous auriez aimé être ?
http://www.owensvalleyhistory.com/father_crowley/cary_grant.jpghttp://www.math.rutgers.edu/~clong/Cooper.jpg

Hummmm Cary Grant, ou Gary Cooper

  • Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?

The fall de Tarsem avec mon mari et c'était une merveille !
Et puis The Box, formidable, et puis Ne te retourne pas, extra !
Et puis Mamma mia, atroce !!!lol

  • Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?

Les chiens de Hervé Guibert, vraiment inadaptable, même par Bruce La Bruce lol

  • Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?

Le populisme méprisant façon Camping ou Podium et les donneurs de leçons de morale à la mord moi le noeud façon Haneke

  • Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?

"Depuis le temps qu'on le disait mort... cette fois on l'a eu !"


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30 septembre 2009

Bzzzzzz Bzzzzzzzz

Wasp Woman

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Cette série Z des 50's a tous les défauts et les qualités des productions et réalisations Corman de l'époque: budget famélique, trucages grossiers et scénario minimal dont le récit est étiré jusqu'à l'ennui sur 73 minutes alors que le film aurait fait un honorable épisode de La Quatrième Dimension s'il avait été résumé en 35 minutes.
Mais la kitscherie de l'ensemble, d'excellents acteurs (Susan cabot en tête !) et des dialogues à l'humour assez décapant emportent tout de même l'adhésion et l'on peut s'accorder à penser que cette femme guêpe n'est finalement pas si mal roulée.
Une curiosité, en tous cas, indéniablement...

wasp woman

Attention le film est ici présenté dans cette édition Bach Film en version restaurée 5.1 simplement dans sa version française et le son de la VOSTF aurait vraiment mérité une bonne cure de rajeunissement car on peut malheureusement pas attribuer tous ces bourdonnements à une seule femme guêpe... seul bémol de cette très honorable édition.

femmeGuepe

Relevé des compteurs

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Et une compil de plus pour engraisser Warner qui usent ses dernières cartouches sur la poule aux œufs d'or.
Les visuels de Mr Brainwash sont superbes et l'on peut regretter, de ce point de vue, qu'une plus luxueuse édition collector n'ait pas été envisagée, ou en tous cas qu'elle ne soit réservée qu'à quelques privilégiés...

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Pour le reste c'est un best of de plus, rien de bien palpitant, des titres horripilants (La isla bonita, material girl...) que l'on retrouve pour la énième fois et beaucoup d'oublis regrettables: Human nature notamment et entre autres... Et l'occultation totale d'un des meilleurs albums de Madonna: I'm Breathless à l'exception de Vogue mais qui ne fait pas vraiment partie du concept de l'album.
Bref idéal pour le baladeur MP3 pour ceux qui aiment mollement Madonna et les "vrais" fans achèteront l'album sous toutes ses formes pour la collec'. Mais les fans qui rêvaient d'une compil' idéale et plus exhaustive pour clore les années Warner resteront sur leur faim, comme moi.
But business is business et Warner vient relever une nouvelle fois les compteurs.

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Le pire restant à venir car la frustration risque d'être bien pire encore concernant le DVD des clips... même pas l'intégrale et la rumeur le disant de piètre qualité... Shame on you Warner !
Sans parler des 3 inédits, Celebration offert ici dans l'atroce version euro-dance de Paul Oakenfold, Revolver que l'on jurerait issue d'un nouvel album de Britney Spears tant la voix de Madonna y est trafiquée et It's so cool où Oakenfold massacre joyeusement le travail de Mirwais: inécoutable!
Bref, un CD tout à fait dispensable si vous souhaitez économiser une vingtaine d'euros...
D'autant que dans les prochains mois, Warner devrait multiplier les diverses sorties d'autres compils, accompagnées sans doute, cette fois de toute une avalanche d'outtakes, alternate versions et autres inédits de tous poils et toutes époques qui devrait autrement nous mettre en érection.

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En attendant on peut se rattraper sur les deux excellents clips qui ont, d'une part, la grande intelligence d'utiliser le remix de Benny Benassi (y a pas photo !) et qui offre, pour le premier un véritable festival de chorégraphie plus ou moins improvisées mais toutes géniales et filmées avec une grande modernité, bourré d'energie.
Le deuxième lui, est encore plus réjouissant avec ces défilés de fans folles furieuses qui s'éclatent visiblement devant les caméras et réalisent un rêve inimaginable jusqu'alors: figurer dans un clip officiel de Madonna... La grand classe, n'en déplaise aux jalouses !
Une bise à toi mon Kikidou, t'es beau comme un camion là dedans !!!



25 août 2009

Un suppo et au lit !

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Le nom de Stuart Gordon à la production de ce "lit mortel" aurait pu être un gage de qualité... il n'en est rien: Ce film est un naufrage absolu.
Partant déjà d'une idée ridicule: faire peur avec un lit en fer forgé "temoin" de meurtres par strangulation dans les années 30... Le résultat est absolument soporifique et constamment débilitant. Les acteurs sont consternants, le scénario est idiot et la mise en scène... absente.
Tout cela ressemble à un mauvais téléfilm, jusqu'aux scènes supposément érotiques qui feraient passer les séries roses du câble pour du porno hardcore... Bref une purge totale à fuir à toutes jambes ou à réserver aux insomniaques car il est un puissant somnifère !

22 août 2009

Sus aux voisines !

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Difficile de parler de Next door sans en dévoiler les tenants et les aboutissants et sans en déflorer l'intrigue et le suspense.


Ce très grand film danois est à rapprocher des plongées Polanskienne dans la folie telles que Repulsion, Le Locataire ou Rosemary's Baby dans lesquels le surgissement de l'incongruité dans le quotidien créait une tension dramatique troublante.



Suspense teinté ici d'un atmosphère érotique perverse des plus dérangeantes.
Next door est un film intelligent jusque dans sa durée (1h15)car il évite d'étirer le récit dans des digressions inutiles ou artificielles et se concentre sur l'essentiel: la limite très ténue entre le fantasme sexuel sadique et la pulsion de mort.
L'ensemble baignant dans une étrange et inquiétante atmosphère surréaliste autant que masochiste de plus en plus glauque au fur et à mesure de l'avancée du récit.


Kristoffer Joner, l'acteur principal, au physique un peu étrange, entre Matthieu Amalric et Thom Yorke (Radiohead) est impressionnant de fragilité et la mise en scène est sobre et brillante, sans jamais une once d'esbrouffe pour tirer le film vers le sensationnel ou le racolage.
Le fantastique semblant émerger de la réalité elle même alors que ses frontières avec le fantasme et la folie s'estompent peu à peu.


La sortie de ce film en Direct To DVD est absolument injuste et incompréhensible, mais vous offre au moins la possibilité de vous l'offrir illico...

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Alors qu'attendez vous ?!

21 août 2009

Eat the meat, Get the Milk !

[Photo harvey_milk_] - cliquez pour l'avoir en haute résolution


Au risque d'enfoncer pour la énième fois une porte déjà grande ouverte, je parlerais du caractère schizophrène du cinéma de Gus Van Sant, partagé entre recherches très personnelles, jusqu'à l'expérimental, parfois, et cinéma hollywoodien plus mainstream, tout au moins en apparence.
Quelques chef d'œuvres dans la première catégorie (Elephant, My own private Idaho...) et quelques purges, aussi (Last Days, notamment).
Que des réussites, à mon avis, dans l'autre catégorie (Psycho & Prête à tout, notamment !).


Au premier abord, Harvey Milk semble s'inscrire dans la deuxième catégorie: Biopic, mise en scène classique, stars hollywoodiennes en tête d'affiche....
Et pourtant, il me paraitrait totalement abusif de le considérer comme un film de commande tant il m'apparait au contraire comme un film d'auteur extrêmement sincère et personnel et surtout beaucoup plus subversif qu'on aurait pu le penser au premier abord.


En effet en ces temps où l'homophobie semble avoir trouvé son bon terreau républicain pendant des années aux USA où plusieurs lois discriminatoires ont été votées, la situation ne semble plus si loin de celle décrite par le film, dans lequel le candidat Milk s'oppose avec brio, humour et hargne à l'extrémisme d'Anita Bryant, icone homophobe US par excellence.

Il est rare qu'un film qui épouse autant les codes du cinéma classique hollywoodien s'avère être un brulot politique aussi puissant que subversif.
On aurait pourtant pu craindre le pire : un biopic dégoulinant de bons sentiments, avec Sean Penn en mode folle cabotinant à outrance façon "Sam I'm Sam"...
Et bien on avait tout faux...


Sean Penn est magistral, attachant, bouleversant et suffisamment folle pour rendre un hommage réaliste et vibrant au personnage qu'il incarne sans jamais tomber dans la caricature.
James Franco (dont la carrière prend des tournures inattendues et passionnantes) est magnifique et absolument bandant.
Josh Brolin compose un personnage totalement opaque, digne du cinéma le plus "austère" de Van Sant.
Le biopic attendu n'est pas au rendez-vous et c'est un film passionnément politique et polémique qui explose à l'écran.
Et qui nous laisse pantois, bouleversé et reconnaissant. Et un peu desespérés... c'est vrai, mais toujours debouts...
Un très grand film !