24 février 2009

Pain de campagne

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D'emblée on se coltine un pauvre cochon assommé à la masse, hurlant et convulsant avant d'être pendu par les pattes arrières et vidé de son sang dans un baquet boueux. Outre le fait que ces images soient extrêmement déplaisantes, on a d'office l'impression d'une scène obligée, un classique - voir un cliché - du film réaliste campagnard, vu mille fois.
Des clichés, Samuel Collardey va d'ailleurs en aligner tout au long du film en lorgnant de manière ostentatoire du coté du Pialat de L'enfance nue et davantage encore du Ken Loach de Kes, le tout doublé d'un gout prononcé pour le misérabilisme qui pourrait le rapprocher du Bruno Dumont de La vie de Jesus...
Mais Collardey n'a ni le génie artistique de l'un, ni la puissance émotionnelle et la poésie de l'autre et encore moins le sens du cadrage et la force esthétique du troisième...

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On se retrouve face à une ouvre quasi-documentaire d'un ennui mortel (pas éprouvé à ce point depuis très longtemps) traversée ça et là de quelques jolis moment de cinéma, notamment grâce au jeune Matthieu Bulle, très convaincant et souvent touchant dans ce personnage.
Pour le reste, on a souvent l'impression de regarder un film suédois sans sous-titres tant les dialogues sont absolument inaudibles et l'on regrette constamment aussi l'absence d'ampleur de la mise en scène et notamment son absence quasi-totale d'implantation dans le paysage pourtant sublime du Haut Doubs.

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Quand au propos... il est assez simpliste:
A travers la métaphore de l'apprentissage professionnel, un adolescent en rupture paternelle et scolaire, trouvera la clef vers un monde adulte par la rencontre avec un père de substitution plus spirituel que génétique: son patron !
On nagerait presque dans le "Lacanisme": "Pater", patron, père, mère... et terre nourricière...
L'ensemble est indigeste et repose sur une seule merveilleuse trouvaille de mise en scène et de casting: la voix en pleine mue de l'adolescent constamment sur le fil entre l'homme et l'enfant. C'est bien peu...

2 commentaires:

Benoît a dit…

pas du tout d'accord ! J'ai beaucoup aimé et trouve que le film est un parfait contre-point à La Vie moderne de Depardon.

Foxart a dit…

Pas vu le Depardon masi celui là m'est sorti par les trous de nez... suis même parti 1à mn avant la fin ce qui ne m'étais pas arrivé depuis une éternité !