29 mars 2009

Prise d'otage !

Reconnaissez-vous ce jeune délinquant sur la photo ?

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Il serait amusant de retrouver le contexte de cette image, non ?

Special Operations Executives

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On peut dire ce que l'on veut, mais moi j'adore les films consacrés à la Résistance française durant la seconde guerre mondiale.
Ils me semblent chaque fois interroger des questions tellement fondamentales qui trouvent en moi l'écho et ils dégagent à la fois un suspense si éminemment cinématographique que je pourrais en bouffer à la chaine.
Ces Femmes de l'ombre ne font pas exception.

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Alors évidemment, ces actrices sont bien trop jolies et glamour pour être totalement crédibles, et sur ce thème le souvenir d'un film comme Blanche et Marie apparait forcément plus juste.
Mais le spectacle est tellement réussi qu'il m'est difficile de faire la fine bouche.
Je vois bien que le scénario enquille tous les poncifs du genre: héroïsme des petites gens, sens du sacrifice, patriotisme et rédemption.

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Mais le film ne pète jamais plus haut que son (joli) cul et se contente d'offrir un épatant suspense historique doublé d'un émouvant mélo, du vrai gran cinéma populaire sans jamais aucune prétention auteuriste et qui rempli parfaitement son contrat.

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La reconstitution de la France de l'occupation est très réussie, la mise en scène classique, Sophie Marceau est juste sublimement belle et elle réussît l'exploit de faire oublier son statut de "star" et de beauté fatale pour être toujours crédible dans ce beau rôle d'héroïne.
Julie Depardieu est formidable, comme toujours, et le personnage de pute à grosses couilles qu'elle habite est sans doute le plus attachant du film.
Déborah François est très bien ainsi que les hommes Julien Boisselier et Moritz Bleibtreu.
Seule Marie Gillain peine à convaincre, hélas... Erreur de casting, sans doute...

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Le film est une série A pleine de pognon qui ressemble à une très bonne série B et c'est un vrai plaisir de spectateur doublé d'un bel hommage aux vraies femmes de l'ombre qui ont inspiré tous ces beaux personnages de cinéma depuis 60 ans, de la Signoret de L'armée des ombres, à Miou Miou et Bonnaire dans Blanche et Marie en passant par Bouquet en Lucie Aubrac et dont l'importance historique autant qu'humaine est trop souvent négligée dans l'Histoire de France comme dans celle du cinéma.
Alors, certes, on s'accordera tous sur le fait que Jean-Paul Salomé n'est pas un grand cinéaste mais il est cette fois un honnête artisan et il a le mérite de s'atteler à un beau sujet trop rarement évoqué au cinéma: le rôle des femmes, éternelles oubliées de l'Histoire, dans la Résistance française à l'occupant Nazi.
D'où ce très beau titre: Les Femmes de l'ombre... Salomé aura au moins eu le mérite de les mettre, le temps d'un film, dans la lumière.

https://www.labanquepostale.fr/fr/index/communication/la_banque_postale_au_cinema/tous_les_films/les_femmes_de_l_ombre.MainCol.0016.ImageRef.jpeg

Torture business

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Le premier volet d'Hostel d'Eli Roth ouvrait la vanne des Tortures flicks US (dont la série des Saw...) en lorgnant du coté des nanars zone Z italiens des années 70/80...
Le résultat était aussi nul que déplaisant, atteignant des degrés de dégueulasserie morale innimaginables par une évidente propension à jouir de ce qu'il prétendait dénoncer...
On pouvait, dans les bonus du DVD, se délecter des justifications foireuses du réalisateur concernant la torture aux USA, Guantanamo et les sinistres exactions d'Abou Ghraïb, cherchant ainsi à dissimuler sa propre fascination pour la torture, les snuff movies, etc...
Le film n'en restait pas moins nul, ni moins répugnant idéologiquement et mal foutu, mal écrit et mal joué, par dessus le marché.

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La seule chose à sauver étant l'hommage sincère et assez joyeux au ciné bis italien et à ses idoles, Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust), Joe d'Amato (Anthropophagous) et autres conneries du même acabit, toutefois en bien moins réussi que le Planète Terreur de Rodriguez... Donc pas grand chose ne pourrait sauver ce Hostel de la nullité absolue et il est évident, que, du coup, je n'attendais vraiment rien de sa fameuse sequelle Hostel 2... et j'avais bien tort !!!

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En effet, Hostel 2 est un des rares exemples de sequelle supérieure à l'originale et même, ici, aussi épatante que le premier volet était à chier...

L'hommage aux maitres du bis est ici beaucoup plus appuyé notamment avec la présence remarqué dans des caméos de luxe d'actrices comme Edwige Fenech (Actrice Z française totalement idolatrée en Italie et ayant notamment tourné avec Lucio Fulci ou Mario Bava), Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust, film préféré d'Eli Roth) en tortionnaire cannibale ou des scènes totalement baroques qui semblent fortement inspirées des films de Dario Argento, Jean Rollin ou Mario Bava.
La scène du "bain de sang" avec cette femme à la faux semble carrement issue d'un film des années 70 et pas des moins bons, on pense notamment à la trilogie des sorcières de Dario Argento ou surtout à Brigitte Lahaie dans Fascination de jean Rollin.

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Le gore est ici plus ludique et second degré (mais pas moins gore lol) que dans le premier volet et du coup il apparait moins répugnant de sadisme.
Ce joyeux second degré baigne d'ailleurs en effet tout le film et l'on a le plaisir de se laisser prendre à son récit plein de chausse-trappes, bourré d'humour, constamment surprenant, et surtout, mis en scène avec un talent et un sincérité tout à fait jouissive.
Hostel 2 apparait dès les premières séquences comme l'anti-Hostel, c'est assez étonnant comme tout y semble inversé...
L'utilisation d'héroïnes au lieu de jeunes mâles renverse déjà étrangement la vapeur et évoque les gialli..

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L'excellente idée de se placer cette fois ci autant du coté des tortionnaires (Dont Roger Bart extraordinaire !) que de celui des victimes apporte un point de vue à la fois nouveau et franchement hilarant sur le récit et permet d'incroyables retournements de situations.

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Et puis, il y a du pognon, cette fois, et pas qu'un peu, ça se sent !
Cette abondance permet à Roth de donner de l'ampleur à son décor autant qu'à sa mise en scène , les deux étant cette fois complètement hallucinants notamment dans toutes les scènes qui se déroulent dans le village slovaque (l'incroyable fête des moissons) mais surtout dans l'immense décor infernal de "l'usine à tortures".

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Le cinéaste se paie même le luxe, l'air de rien, d'un discours (cette fois) pertinent et décapant sur le capitalisme lors de deux scènes mémorables, très drôles, méchamment cyniques, brillamment scénarisées et filmée montrant dans un premier temps l'enchère sur les jeunes femmes, et par la suite, les soldes offertes sur l'une d'entre elles, un peu abimée mais encore exploitable... Une des idées géniales du film, et il y en a plein de ce genre...

Toute personne qui aime le cinéma d'horreur ne peut ici que jubiler du début à la fin de ce film bourré de talent et de trouvailles.

Hostel 2 est donc une excellente surprise et mieux encore: un excellent film, tout simplement !

Et merci à Ben, pour le tuyau, sans toi j'aurais sans doute manqué ce grand grand plaisir ;-)

28 mars 2009

Double peine

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Difficile d'évoquer le magnifique Boy A sans en dévoiler l'intrigue...

Je me contenterais donc de dire quel point ce film puissant et tragique est un choc émotionnel rare, parfaitement maitrisé et surtout extraordinairement interprété par son jeune acteur, Andrew Garfield, bouleversant de fragilité et de sensibilité, une grande révélation dont on a pas fini de reparler.

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Un film à voir absolument, séance tenante !

Et pour ceux qui l'aurait déjà vu, voila un petit cadeau qui devrait vous faire remonter les larmes aux yeux :

ici

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La vie des autres

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Quel beau film que ce Paris de Klapisch.
Je n'arriverais jamais à comprendre pourquoi ce cinéaste est globalement tant méprisé par la critique.

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Derrière l'apparente simplicité, presque modeste de son regard de Paris par le petit bout de la lorgnette anecdotique de ces habitants, se cache pourtant un grand film populaire kaléidoscopique et profondément émouvant sur la vie, la mort et surtout sur la façon dont le monde semble tourner autour de nos nombrils respectifs tandis que les autres nous échappent parfois.
et sur cette idée, si belle, que chacun de nos actes ou de nos mots même les plus anodins peut avoir des répercussions sur la vie des autres, tant nos destins se croisent et se regardent ou s'ignorent. Un peu comme on le voit dans le cinéma de Demy ou de Ducastel & Martineau.
Certains parlent de naïveté, voir même de nunucherie... je trouve pourtant le film assez lucide, poignant et même parfois cruel. Un beau mélo !

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Avec en toile de fond cette belle évocation de Paris, jamais carte postale et toujours saisissante pour qui connais et aime cette ville.
Et quels comédiens : Duris et Binoche bouleversants, Julie Ferrier est à chaque film une révélation, Cluzet toujours magnifique, Maurice Bénichou est un régal d'acteur, même Luchini est bien, ce qui se fait rare ces dernières années...

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Décidément, plus les années passent et plus j'aime le cinéma de Klapisch...

25 mars 2009

Jeu magique

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Après les singles Wake up et les Démos (dont Womanizer) téléchargeables un temps sur itunes ou désormais seulement piratables sur Myspace ou sur la toile, voila que filtre un nouveau titre de l'excellent Sliimy...
En attendant l'album Paint your face le 6 avril.

Voici donc le merveilleux Magic game, offert avec Les Inrocks de cette semaine:

Magic Game

24 mars 2009

L'enfer c'est l'autre

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Des les premières minutes, le film de Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard nous immerge dans une atmosphère lente hypnotique absolument envoutante. Les phares de voitures sur l'autoroute, les péages, les parkings, les centres commerciaux, les villes nouvelles et leurs zones industrielles apparaissent presque comme étrangers et l'on pense particulièrement à un film comme Blade Runner, à la différence qu'ici, nous ne sommes ni dans le futur, ni dans un film de science-fiction, mais plutôt dans une espèce d'inquiétante poésie urbaine...

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Le fantastique, ici, nait du banal, du quotidien du décor autant que de ce lent glissement d'une femme de 47 ans (Dominique Blanc, prix d'interprétation à Venise amplement mérité: géniale !) vers la schizophrénie à la suite d'une rupture qu'elle a pourtant souhaité et provoqué.
Comme dans leur précédent film, Dancing, le duo de réalisateurs fait survenir la bizarrerie d'abord de manière furtive, presque imperceptible. Puis, en maintenant tout de long ce rythme d'une extrême lenteur, ils parviennent à créer une véritable tension, un suspense, qui ira jusqu'à la terreur d'une scène climax pourtant dévoilée dès le début du film, puis répétée à la fin, après de longs flashbacks.


L'autre est un film difficile, qui exige beaucoup de son spectateur, autant par ce rythme décceleré peu habituel au cinéma, mais aussi par une structure narrative assez éclatée et parcellaire qui en rend ma lecture d'autant moins aisée.
L'autre est donc un film qui se mérite, d'abord, mais qui, lorsqu'il s'offre plus pleinement, révèle des splendeurs inédites et d'immenses plaisirs de cinéma.

[Photo l_autre_] - cliquez pour l'avoir en haute résolution




22 mars 2009

La peur de l'O

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Les hasards des soldes dans les grandes surfaces offrent parfois des opportunités fabuleuses de découvrir de nouveaux artistes.
C'est le cas pour moi cette semaine avec le magnifique album de Mouzanar - Les champs arides.

Ce jeune auteur compositeur français d'origine libanaise a acquis dans le milieu du cinéma une petite réputation pour avoir composé les BO de deux films, Caramel et Une chanson dans la tête mais il reste jusqu'à présent inconnu du grand public...
A l'écoute de son premier album perso on se dit que cela ne devrait plus être longtemps le cas.

Sous l'influence sous jacente des plus grands Manset, Gainsbourg, Bashung et en parenté familière évidente avec des artistes tels que Daho, Biolay ou Jean-François Coen. Cet artiste pourtant singulier écrit des textes subtilement ciselés, brillants, superbes et les habille sobrement des sonorités les plus émouvantes et accrocheuses.

Cet album est déjà devenu un de mes musts et a d'emblée balayé les 3 ou 4 albums achetés la même semaine...
Je vous conseille en particulier l'écoute de "La peur de l'O", de "Alcools" (avec la grande Barbara Carlotti) et de "Tactile" qui sont trois purs chef d'oeuvres

à écouter sur Mouzanar Myspace

Mémoire de nos pairs

21 mars 2009

Un état proche de l'Ohio

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Il en va des films comme des hommes: ce sont souvent ceux qui sont le plus criblés de défauts qui s'avèrent les plus attachants.

Des défauts, La journée de la jupe n'en manque pas...
Mise en scène souvent plate, un poil baclée et visiblement fauché, personnages caricaturaux notamment tous les profs, acteurs pas tous convaincants, scénario parfois bancal et propos multiple créant parfois une confusion et une ambigüité gênante.

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Et pourtant la magie opère et le film est vraiment aussi percutant que jouissif.
Une grande partie du mérite en revenant évidemment à l'époustouflante performance d'Isabelle Adjani qui opère là un retour en force. Beaucoup d'actrices doivent aujourd'hui être bien jalouse de ce rôle magnifique de prof borderline... Elle peuvent l'être d'autant plus que, si on arrive aisément à envisager d'autres grandes actrices qui auraient été parfaites dans ce rôle (Béart, Marceau, Viard, Ardant, Binoche, Huppert, etc...) il est inimaginable qu'aucune d'entre elles n'ait pu l'incarner avec autant de génie; le mot n'est ici, ni trop faible ni galvaudé. Adjani y est GENIALE !
Elle est constamment étonnante, tantot hilarante, bouleversante, inquiétante, pathétique, héroïque, déconcertante, inventive... toujours extraordinaire !

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Et le film lui aussi s'avère surprenant, occillant entre comédie satirique, mélo, pamphlet politique, fable surréaliste, drame social, reflexion philosophique...
Le scénario est très singulier et les dialogues sont particulièrement savoureux et mémorables.
Et malgré certains défauts et quelques maladresses, il offre un spectacle souvent déconcertant et politiquement incorrect mais passionnant de bout en bout et toujours jubilatoire...

Il parait que le film ne sort que sur un nombre très limité de copies et que sa carrière pourrait être plus que furtive... A moins d'un succès populaire surprise...
Personnellement, je vous invite à y courir, vous aimerez ou pas mais je vous garantie que cette journée de la jupe ne laissera personne indifférent !

Impair et fils

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A la mort de son père qu'il n'avait pas vu depuis des années, nourri d'une rancune infondée mais tenace, un homme revient sur les lieux de son enfance et se souvient.
De ce retour sur le passé naitra un sentiment neuf pour ce père méconnu.

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Une oeuvre fortement empreinte de nostalgie, de mélancolie qui ne sombre pourtant jamais dans le pathos car le dessin autant que le récit sont subtils, délicats et l'émotion affleure souvent au détour des pages et des flashbacks.

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Ce livre, originalement édité en trois tomes est aujourd'hui quasi introuvable dans cette édition.
Il a par contre été réédité par Casterman en un seul volume intitulé Le Journal de mon père

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Attention : CHEF D'OEUVRE !

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20 mars 2009

La Vie rêvée de Séraphine de Senlis

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Déjà auteur d'une thèse en psychologie clinique intitulée "Séraphine de Senlis: un cas de peinture spontanée" et elle même peintre ET psychanalyste, Françoise Cloarec compose ici une biographie assez passionnante de l'artiste que Yolande Moreau avait incarné avec génie au cinéma.
Le livre est extrêmement bien écrit et l'on sent dès les premières pages de vraies velléités stylistiques qui en font autant l'intérêt que les limites.
Car, si le style apparait parfois un peu ampoulé, la majeure partie de temps il colle parfaitement à la belle poésie de son sujet.

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Le principal bémol concernant livre tient essentiellement au caractère psychanalytique un peu agaçant qui transpire parfois, sans doute un brin de déformation professionnelle ou le fait que le majeure partie des (rares) documents d'époque sont sans doute des rapports médicaux datant d'après l'internement de Séraphine...

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Il semble en effet que le livre repose sur finalement bien peu de choses concrètes, les écrits de Wilhem Ude, quelques rapports médicaux, de rares témoignages des documents municipaux ou régionaux... L'ensemble, comme l'indique son titre, semble davantage fantasmé par l'auteure, au fil de ses errances dans les rues de Senlis, aux heures passées à contempler les peintures de l'artiste, aux années de compagnonage avec Séraphine durant ces années de recherche... et c'est justement ce qui fait le prix et l'intérêt du livre, dans cette biographie qui flirte avec la matière romanesque, jusqu'à en rendre floues les limites et à nous entrainer plus loin qu'aucune biographie n'aurait pu le faire, dans "La vie rêvée" de Séraphine.
Admirable.

19 mars 2009

Wanda compte pas pour du caca !



Typiquement le genre de littérature qui n'interessera qu'un public conquis d'avance: celui des fans.
Peut-on d'ailleurs parler de littérature ?
Lio n'a nullement cette prétention et annonce d'emblée la couleur... nègre !
Le livre est joliment écrit par Gilles Verlant, sans plus, mais son intérêt n'est pas là, il est dans le destin étonnant et agité de cette petite Lolita belge au caractère bien trempé et à l'esprit aussi vif que sensible et à tous les coups de gueule et de foudre qui traverse cette jeune vie et qu'elle raconte ici avec autant de malice que de coeur.

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Les meilleurs moments en étant d'ailleurs toujours les déclaration d'amour, à Helena Noguerra, sa soeur, particulièrement, mais aussi à sa mère, à Jacques Duvall, etc...
Et la terrible description méthodique de son long calvaire de femme harcelée, battue, violée et de son combat quotidien pour survivre.
Le livre force l'intérêt par l'absence totale de concession de l'artiste, ni à la diplomatie (Chamfort et Gainsbourg en prennent pour leur grade...) ni aux convenance sociales, à la "bien-pensance" ambiante.
Le livre d'une féministe moderne, sans aucune prétention et souvent avec beaucoup d'intelligence (notamment le passage concernant Marie Trintignant et Bertrand Cantat étonnamment apaisé).
Avis aux fans, donc, dont je suis, vous l'aurez compris...

Lio

Qu'est-ce que c'est "dégueulasse" ?

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Encore un projet littéraire fait de fragments épars qui mis bout à bout forment le portrait en creux d'une des belles et talentueuses actrices américaines du 20ème siècle. Une de celles qui, à l'instar d'une Marilyn Monroe auront sans doute été trop fragiles pour affronter notre monde et celui des médias.
Une vedette aujourd'hui injustement quelque peu oubliée par les français, qui l'avaient pourtant adoptée, excepté pour le rôle mythique de Patricia Franchini dans le A bout de souffle de Godard et qui disparaitra tragiquement, suicidée à 40 ans.

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Simon Guibert n'a certes pas le talent d'Edouard Levé et l'on met longtemps à voir ou nous mène cette étrange démarche consistant à enquiller articles de presse, interviews d'époque, témoignages, lettres,etc...
Et puis, au fur et à mesure que le portrait de cette femme émouvante se tisse, le livre prend son envol et se lit avec un vrai plaisir et une réelle émotion, parfois.

http://mikedempsey.typepad.com/.a/6a00e5532538c488330111688ed921970c-320wi