04 mars 2009

Violent femmes



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Hostel, Saw & A l'intérieur... autant de "torture movies" qui, par leur insupportable sadisme et leur constante utilisation du second degré finissaient par agacer plus qu'ils ne terrorisaient.
Fontrière(s), pour les mêmes raisons, à laquelle s'ajoute une description aussi imbécile que dérangeante du nazisme, était un film parfaitement dégueulasse... Aussi bête que moche, mal joué et répugnant.

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Martyrs réussit en tous points ce que tous ses illustres prédécesseurs avaient raté lamentablement.
Une chose frappe d'abord, c'est l'incontestable talent de mise en scène Pascal Laugier.
Le film est brutal, ultra violent même, d'une violence qui repousse même les limites de ce qui peut être décrit au cinéma. Mais le film n'épouse jamais cette violence, même dans les pires scènes on ne peut pas taxer son auteur de complaisance ou le soupçonner d'une quelconque jouissance sadique.

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Dans sa description minutieuse et méthodique d'une utilisation idéologique, politique ou religieuse de la torture qui évoque les pires heures de l'Histoire, et notamment le nazisme, il parvient même à décrire la barbarie humaine sans jamais l'épouser (contrairement à Frontière(s) ou Hostel qui finissaient par ressembler à ce qu'il prétendaient dénoncer) et provoque ainsi un malaise constant.

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Car ce film brillant est d'un inconfort total.
D'abord parce il change constamment d'angle et nous impose un nouveau film aussitôt que l'on se croit installé dans une chose plus étiquetée, reconnue, balisée.
Et puis il y a ce déchainement permanent de violence. Point de gore ici, ça n'est ni Braindead, ni Vendredi 13, la violence ne prête jamais à rire. Il s'agit d'ailleurs d'une violence qui risque de faire reculer les plus hardis d'entre vous mais qui n'est jamais gratuite et, au contraire, nourrit le film.

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Un film qui imprime durablement le cerveau à ce point, c'est rare. Du début à la fin grandit le sentiment d'assister à quelque chose d'aussi unique qu'exceptionnel, d'un film enragé qui ne se laisse enfermer dans aucune case et ébranle beaucoup de limites et notamment celles du spectateur.
Un film d'un mystère et d'une profondeur vertigineuse tant dans son (ses) propos que dans sa forme.
Un film remuant tant il soulève des questionnements divers et souvent complexes et tant il s'épanouit dans une ambigüité maitrisée.
On pense alors à d'autres expériences traumatiques similaires au cinéma, Salo de Pasolini, Orange Mécanique de Kubrick, Irreversible de Gaspar Noé, Nuit et Brouillard de Resnais, Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper sans jamais y voir ni d'influence notable ni de points réels de comparaison tant Martyrs semble être une oeuvre aussi inédite qu' unique.
Plus qu'un simple film, Martyrs est une expérience.
Mais une expérience qui se mérite : le film est extrême, radical et insoutenable, vous êtes prévenus.



Un mot sur Morjana Alaoui et Mylène Jampanoi, les deux comédiennes du film tout simplement hallucinantes, à entendre ici:


5 commentaires:

xpn. a dit…

Tout à fait d'accord. Ce film est une pure réussite.

Avec A l'Intérieur, sans doute un des meilleurs films de genre de ces dernières années.

Foxart a dit…

Ah.... personnellement je déteste "A l'intérieur" lol
Sauf Béatrice Dalle qui y est impériale...

Benoît a dit…

absolument pas d'accord, et absolument pas d'accord avec ton commentaire sur mon blog (forcément du coup lol).

Ce que tu dis sur le contenu me consterne tant ca me semble vide, superficiel et con.

Après, il y a une qualité sur laquelle je suis d'accord : le sens de la mise en scène de Laugier est assez incroyable. Les 20 premières minutes m'ont cloué au fauteuil.

Après la seconde partie, complèment conceptuel, autant ca fait froid dans le dos pour ce qui est horreur et là pour un fois j'ai grincé des dents (ce qui marrive jamais habituellement a quelques très rares bonnes exception) autant c'est donc aussi tellement con a mes yeux que mon agacement face à ce gâchis dépasse la jouissance ressentie par ailleurs.

Quand à l'intérieur, et bien c'est quasimemnt kif kif. Esthétiquement c'est pas trop mal, mais le scénario et les dialogues sont d'une telle bêtise que ca gache tout


Et pour Frontière(s) c'est juste le niveau zero du cinéma...

gluttboy...grecyr.......bref! greg quoi!!! a dit…

j'ai maté ce film hier soir ; mon homme a eu chaud aux pieds ( c'est son effet "films qui fait peur ou qui fait bizarre dans le ventre" ) bref......
ce fut intense, lourd, pesant, mais si bon! j'ai aimé! et j'ai humainement détesté ... merci pour cette découverte !
bizzzzz
g

Foxart a dit…

Hé hé ravi Greg !
Et content de te revoir par ici !

Ben,
Je savais déjà...
Et je t'avoue que j'était persuadé de pas aimer ça... j'ai donc piraté sur le net...et, contre toute attente, j'ai adoré !
Si je réecrivais cette critique aujourd'hui, elle serait encore plus élogieuse... plus le temps passe plus le souvenir de ce film s'incruste en moi et montre qu'il a laissé de vraies traces.

J'ai d'ailleurs acheté depuis le DVD et j'ai hate de le recevoir pour le revoir et me farcir tous les bonus...

C'est marrant par contre de voir à quel point ce film divise...
De la détestation la plus dure à l'adoration absolue.

Et comment ceux qui le détestent parle de sa bêtise et ceux qui l'adorent de sa profondeur et de son intelligence lol
C'est rare, ça, tout de même