27 avril 2009

Je suis mort deux fois, déjà.

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J'ai revu ce soir Georgia (Four friends), d'Arthur Penn, sur Arte...
J'avais découvert ce film, à 15 ans, dans le cinoche d'Art & essai de mon petit bled de province, puis par la suite au vidéo-club de mon quartier, je l'avais loué en VHS et dans une version française imposée par l'époque. Je lui avais immédiatement voué un véritable culte. J'ai loué la cassette tant de fois que j'en ai usé la bande.
Je pense qu'à l'époque je devais y projeter tous mes rêves d'adolescent fantasque et être simplement bouleversé par le récit, la merveilleuse histoire de ces loosers magnifiques.
Et puis, quand le vidéo-club a vendu une partie de son stock, j'ai racheté pour trois sous la K7 et je ne l'ai plus visionné pendant près de 25 ans.

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Jusqu'à ce soir et, le moins qu'on puisse dire est que cet immense film m'a bouleversé comme au premier jour.
Il s'était étrangement effacé de ma mémoire avec toutes ces années et j'ai eu le sentiment de le redécouvrir comme vierge.
Et il m'a remué autant qu'il l'avait fait autrefois.

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Évidemment j'ai aujourd'hui plus de 40 balais, à peu près l'age qu'ont les personnages à la fin du film et ma lecture n'en est forcément plus la même qu'alors...
J'ai pourtant senti, comme je n'avais plus senti depuis longtemps, l'adolescent qui vivait encore en moi - pas complètement mort, en tous cas - et j'ai senti l'adulte, aussi, avec la moitié de sa vie derrière lui et le regard ému et bienveillant porté sur cet adolescent que j'étais, que je suis sans doute toujours et que serais peut-être encore un peu dans 20 ans, qui sait... quand le vieil homme que je deviendrais y verra l'adolescent et l'homme qu'il fut et qu'il est sans doute encore... au moins un peu...
Peut-être faudrait il d'ailleurs que, quand je serais devenu un vieillard, pour boucler la boucle, on me projette ce film une dernière fois sur mon lit de mort...

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Enfin... trêve de considération métaphysicomachin de mes couilles !
Ce que j'ai surtout vu ce soir et que je n'avais sans doute pas repéré à l'époque (tout au mieux l'avais-je intuitivement ressenti) c'est du très très grand cinéma.
J'ai vu la manière dont Arthur Penn dépeint si subtilement la vie de ces quatre amis (cinq en réalité...) avec en filigrane le portrait lucide et émouvant d'une Amérique qui se cherche, de son Histoire, de ses richesses et de sa culpabilité, de ses guerres, ses immigrants, ses évolutions et révolutions, des failles de son (ses) système(s), des espoirs déçus de ses peuples,etc...

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Mais Georgia n'est pas Forest Gump, c'est même exactement le contraire - Dieu merci - et Arthur Penn ne filme jamais ses protagonistes comme des "guest stars" de l'histoire, il ne les invite jamais à des caméos de luxe avec de quelconques figures où évènements emblématiques de l'Amérique. Non, Penn filme avec empathie de vrais personnages, à hauteur d'homme, avec juste ce qu'il faut de romanesque et de lyrisme pour nous emporter dans cette tournoyante saga mais en avortant systématiquement toute tentative de mélodrame (exception faite de la scène finale des adieux aux parents, libératrice et bouleversante) de manière souvent brutale, parfois comique, en coupant chaque fois l'herbe sous le pied de l'émotion avec une vraie pudeur et une grande intelligence.

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Il montre surtout un talent inouï à raconter en quelques plans ou quelques minutes, ce qui prendrait un film entier à un autre cinéaste. Chaque scène devenant alors comme un film en lui même, indépendant et autonome, qui semble vouloir déborder du film lui même, où le récit s'enrichit de nouveaux personnages à chaque instant pour les faire disparaitre avec la même émotion que si l'on venait de suivre leur histoire pendant une heure.
La scène de la défonce de Georgia dans un loft style "Factory" warholienne, par exemple, raconte plus de choses en cinq plans que certains films entiers...
Un film bouillonnant semblant chaque fois vouloir sortir du cadre, en déborder, en dire plus et plus encore, pour en devenir comme illimité et au final véritablement inépuisable, la marque des grands films...


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Et puis j'ai redécouvert un acteur aujourd'hui totalement oublié, injustement sous employé, qui eut à l'époque sa petite heure de gloire (Body Double, Le Fantôme de Milburn, Freddy 3...) et qui montre ici l'étendue de son talent.
Cet acteur s'appelle Craig Wasson et il est absolument exceptionnel dans ce rôle de petit immigré yougoslave fils d'ouvrier, dévoré par son impossible histoire d'amour avec la fantasque Georgia et balloté par la vie comme une coquille de noix, se heurtant chaque fois à cette Georgia qui resurgit tel un fantôme, furtive, insaisissable... Mais si terriblement aimable !
Car Four friends n'est pas seulement un portrait de l'Amérique, ni uniquement une histoire d'amitié, c'est avant tout une bouleversante histoire d'amour.

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Et c'est aussi un peu l'histoire de ma vie...
Et je suis mort deux fois, ce soir...
Jusqu'à la prochaine fois...
Dans 20 ans ? 40 ans ?

Tu pues du cul !

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Alors... autant la chanson était jouissive dans son électro-rock entêtante et ses textes sentant joyeusement le sexe et les arrières salles des lieux les plus interlopes - berlinois ou pas.
autant le clip est mauvais, triste, idiot et laid...
Comme tous les précédents, ou presque...
Les clips ne sont décidément pas le fort de Willem...

Je vous laisse juge :

Rendez-vous avec la matière

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J'admets à regret avoir été un peu largué par la noirceur et une certaine prétention (exigeance ?) musicale des derniers albums de Dominique A...
J'étais un vrai fan, de la première heure et j'avais gardé en mémoire quelques concerts qui resteront parmi mes plus beaux souvenirs...
Notamment le premier, où il était seul sur scène avec un petit synthé/sampler et une pédale pour l'actionner...

Mais cette "bashunguisation" des derniers opus, m'avait un peu laissé sur le bord de la route, sceptique...

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Dominique A. renoue dans ce généreux double album (24 titres !) autant avec la grâce et le dénuement électro qui faisait la beauté et le prix de son tout premier album "La fossette" qu'avec les chansons rocks frontales qui m'emballaient dans "Si je connais Harry" ou "La mémoire neuve" et moi je dis OUF !

Dès le premier titre, "Le sens", je me suis senti en terre familière et j'ai été littéralement transporté par la beauté et la simplicité de la chanson. Et par le génie de ce grand artiste et sa capacité à créer l'émotion, à donner le frisson.
Ce sentiment s'est confirmé et amplifié au passage gracieux et envoutant de chaque titre, exigeant sans être jamais chiant.

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"La Musique/ La Matière"... la simplicité et la radicalité même du titre de l'album semble donner lui insuffler son essence, lui accorder à la fois un corps et une âme, dans son ensemble.

Il laisse l'impression que, enfin, à ne plus vouloir ressembler aux "grands", Dominique A. arrive à vraiment se grandir en ne ressemblant plus finalement qu'à lui-même et le résultat est... brillant... tout simplement.

Dominique A. EST grand !

Et court vite...

Calogero à poil et rhabillé

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Si l'on m'avait dit que je ferais ici, un jour, l'éloge d'un album de Calogero, je ne l'aurais sans doute pas cru...
En effet, à l'époque des Charts, je n'aurais pas parié un demi kopeck rouillé sur ce boys band à minette chevelu et maniéré...
A la naissance de sa carrière solo, j'ai vite constaté qu'il possédait un vrai talent de mélodiste et une belle voix mais hélas, les textes assez con-cons gnan-gnans ne m'avaient guère convaincu...

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Je n'ai commencé à prêter une oreille un peu plus attentive à sa musique que lors de sa collaboration avec Zazie, sur le précédent album Pomme C.
Mais l'album était trop inégal pour me conquérir vraiment.

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Cette fois avec "l'embellie", je l'avoue, c'est mon coté "snob" qui m'a piégé... le prestige des collaborations (Dominique A, Dick Annegarn, Pierre Lapointe...) m'a en effet incité à jeter une oreille curieuse sur ce disque.(gloire au piratage !)
Et j'aurais vraiment eu tort de m'en priver...
Puisque depuis, je l'ai acheté... en dur et en toute légalité.

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L'incontestable talent mélodique reste ici tout aussi frappant qu'auparavant et cet artiste a même le culot rare en France - dans cet album - d'oser un vrai lyrisme, sans jamais tomber bassement dans la mièvrerie ni la putasserie courante dans la "variété française" d'aujourd'hui et d'hier et ce disque contient même de véritables bijous !

Les collaborations avec Dominique A et Pierre Lapointe s'avérant les plus fructueuses et opérant de véritables miracles...

"La bourgeoisie des sensations" est - notamment - une chanson absolument merveilleuse qui a de quoi rendre jaloux bien des artistes français y compris parmi les chouchous de la presse intello...

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Et plusieurs chansons sur cet album donnent autant "les poils" que les larmes aux yeux...
car, malgré son titre trompeur, l'album est globalement d'une tonalité assez sombre, voir tragique et plusieurs titres sont réellement déchirants ("J'attends"), bouleversants ("la fin de la fin du monde") enthousiasmants ("le passage des cyclones"), gracieux ("Tu es fait pour voler"), brillants ("La bourgeoisie...") et ils captent avec un grand talent cet troublant état mélangé de douleur, d'espoir, de précarité et de désespérance qui entoure les ruptures amoureuses, les réconciliations, etc... Avec la magie des chansons populaires qui ont l'élégance et l'intelligence de savoir être tristes sans être pour autant plombantes.
Alors, certes, cet éloge n'est pas sans bémols... certains titres sont un peu moins convaincants ("Nathan" de Marc Lavoine), plus faibles (le - cependant - joli single "C'est dit" de JJ Goldman) ou carrément inécoutables (L'ombre et la lumière complètement pourrie par l'insupportable voix de Grand Corps malade), mais les chansons qui suivent (Celles de Lapointe et Annegarn) sont si incroyablement sublimes qu'on oublie vite ces fautes de gouts.

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Alors, ne soyez pas snobs et faites preuve de curiosité en écoutant ce formidable album d'un "jeune" artiste peut-être finalement seulement en éclosion... à 40 balais, le plus bel age...
Qui n'a jamais - en tous cas - été aussi bon que lorsqu'il est un peu à poil, comme ici...

En tous cas, un conseil pour Calogero: continue de bosser avec des mecs comme Dominique A, Annegarn et Lapointe, ça te réussit vachement bien et moi je suis totalement conquis !

Contre toute attente !

Je parierais bien au passage que je ne serais pas le seul converti et je prédis même une belle carrière à cet album: il le mérite en tous cas !!!

Très joli clip, en prime...

11 avril 2009

Un jour sans fin

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ça commence comme un film d'horreur lambda, plutôt accrocheur et bien foutu, et puis ça bifurque soudainement dans la science-fiction la plus capilotractée avant d'échouer dans un réjouissant et salutaire second degré qui vient enfin affirmer franchement un humour qu'on croyait au départ plutôt involontaire.
L'histoire est celle d'un homme ordinaire qui, poursuivi par un serial killer au look de momie rose, va se retrouver à voyager dans le temps et à se retrouver face à lui-même, une heure avant... son double du passé en quelque sorte.

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A lire, comme ça, cela parait totalement ridicule... limite con, et ça l'est, en effet, bien souvent... et pourtant, ça mérite un vrai coup d'oeil !
Le scénario est en effet plutôt malin et l'on reste captivé malgré l'absurdité apparente d'un récit qui heureusement réservera plus d'une surprise et notamment celle de tourner dans sa dernière partie en une délirante comédie noire.


L'empathie que l'on a pour ce pauvre bougre y joue pour beaucoup, dès les premiers plans on comprends ses motivations et l'excellent acteur Karra Elejalde réussit tour à tour à être grotesque, pathétique, hilarant, émouvant ou terrifiant et à nous passionner pour cette histoire tarabiscotée.
Un film à moitié raté certes mais infiniment sympathique et rigolo qui en tous cas montre une fois de plus l'originalité sinon le génie, du cinéma fantastique espagnol.
Ici, un drole de film bizarre visiblement fan d'harold Ramis puisqu'il reprend à son compte deux des pitchs de l'amélorck "Un jour sans fin" et "Mes doubles, ma femme et moi" et nous hybride ça à la sauce sérial killer et retour vers le futur... fallait oser quand même... et le résultat n'est vraiment pas si mal, au bout du compte !

10 avril 2009

Morphine

Je sors de l'hopital où je me suis fait opérer mercredi (ablation de la vésicule biliaire). La douleur fut tellement insupportable au réveil que j'ai eu droit à 15 mg de Morphine... je me réjouissais d'avance des délires psychotropes que cela allait peut-être provoquer mais hélas, la douleur était telle que je n'ai guère pu en jouir...
Rien à part un court délire (rève?) de robots en mouvements fluides plus jolis que flippant un peu entre ça :




et ça :



toujours mieux que rien...lol

07 avril 2009

Pipi sous moi