21 août 2009

Eat the meat, Get the Milk !

[Photo harvey_milk_] - cliquez pour l'avoir en haute résolution


Au risque d'enfoncer pour la énième fois une porte déjà grande ouverte, je parlerais du caractère schizophrène du cinéma de Gus Van Sant, partagé entre recherches très personnelles, jusqu'à l'expérimental, parfois, et cinéma hollywoodien plus mainstream, tout au moins en apparence.
Quelques chef d'œuvres dans la première catégorie (Elephant, My own private Idaho...) et quelques purges, aussi (Last Days, notamment).
Que des réussites, à mon avis, dans l'autre catégorie (Psycho & Prête à tout, notamment !).


Au premier abord, Harvey Milk semble s'inscrire dans la deuxième catégorie: Biopic, mise en scène classique, stars hollywoodiennes en tête d'affiche....
Et pourtant, il me paraitrait totalement abusif de le considérer comme un film de commande tant il m'apparait au contraire comme un film d'auteur extrêmement sincère et personnel et surtout beaucoup plus subversif qu'on aurait pu le penser au premier abord.


En effet en ces temps où l'homophobie semble avoir trouvé son bon terreau républicain pendant des années aux USA où plusieurs lois discriminatoires ont été votées, la situation ne semble plus si loin de celle décrite par le film, dans lequel le candidat Milk s'oppose avec brio, humour et hargne à l'extrémisme d'Anita Bryant, icone homophobe US par excellence.

Il est rare qu'un film qui épouse autant les codes du cinéma classique hollywoodien s'avère être un brulot politique aussi puissant que subversif.
On aurait pourtant pu craindre le pire : un biopic dégoulinant de bons sentiments, avec Sean Penn en mode folle cabotinant à outrance façon "Sam I'm Sam"...
Et bien on avait tout faux...


Sean Penn est magistral, attachant, bouleversant et suffisamment folle pour rendre un hommage réaliste et vibrant au personnage qu'il incarne sans jamais tomber dans la caricature.
James Franco (dont la carrière prend des tournures inattendues et passionnantes) est magnifique et absolument bandant.
Josh Brolin compose un personnage totalement opaque, digne du cinéma le plus "austère" de Van Sant.
Le biopic attendu n'est pas au rendez-vous et c'est un film passionnément politique et polémique qui explose à l'écran.
Et qui nous laisse pantois, bouleversé et reconnaissant. Et un peu desespérés... c'est vrai, mais toujours debouts...
Un très grand film !





4 commentaires:

greg...(the glut) a dit…

ba jai laissé un message hier...... bref! juste un passage pour dire que ce nouveau lieu est dans mes favoris; il me donne des idées... au lieu de lire et relire le tété 7 jours, ya tj un bon truc à découvrir! merci pour ça! je viens, je regarde, j'aime ou je ne le sens pas , mais j'aime ça .... merci & un bisous en passant
g

Foxart a dit…

Tu es bien le dernier des Mohicans !
Merci pour ta gentillesse, pour ta constance et pour ta fidélité !

chrys' a dit…

Je l'ai vu au ciné celui là.... j'ai éalement trouvé Sean Penn magistral et James.... comme tu dis ;-) Cela dit j'ai trouvé le film un peu longuet...

Foxart a dit…

Je n'ai pas du tout senti de longueurs... passées les cinq premières minutes d'observation suspicieuse de Penn, j'ai été littéralement happé par le récit et la mise en scène.