30 novembre 2010

Six feet under



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Buried n'est pas un film totalement dénué de qualités, notamment dans le fond et son discours assez intéressant sur la valeur de la vie humaine (irakienne autant qu'américaine) face à des enjeux économiques, diplomatiques, politiques, juridiques, médiatiques, etc...

Mais le procédé ne tient hélas pas sur la longueur notamment à cause d'un très mauvais scénario entre 24 heures chrono pour le meilleur et Phone game pour le pire... beaucoup de scènes sont absolument ridicules et suscitent le rire de manière visiblement involontaires d'autres tentent de relancer l'action (faible dans un espace aussi réduit) par des "évènements" extérieurs... ou intérieurs souvent totalement bidons et qui cassent le concept comme si le réal avait eu peur du VRAI film claustro et lent qu'on aurait pu attendre..
Sans trop en dire, une scène d'action pure est tentée avec un serpent qui est vraiment nullissime et ce genre de fausses bonnes idées de scénario pullulent... pour ceux qui l'ont vu... le coup du doigt, notamment atteint un tel degré de bidonnage !


Ryan Reynolds est par contre très bon(dans tous les sens du terme)... et le dernier quart d'heure est en revanche plus réussi...
Mais le ratage est quasi total... pas au point de Phone game, n'exagérons rien, mais c'est tout de même très dispensable et peut-être même plus intéressant en télé sur un format plus réduit, l'effet claustro sera peut-être supérieur que sur grand écran.

07 novembre 2010

Baissez vos frocs, c'est un hold up !!!


Voila une nouvelle preuve flagrante des petits arrangements de nos chers dirigeant avec le système et ses lois.
Les maires de nos villes, nos députés, nos ministres et nos chef d'état seraient-ils des gangsters modernes, une belle association de malfaiteurs en col blancs ?
Un véritable hold up légal...

C'est tout de suite et c'est dans ton cul !

Penchez vous !

01 novembre 2010

L'un reste, l'autre part




J'avais lu à la sortie du dernier film de Christophe Honoré, une critique de Jean-Marc Lalanne dans Les Inrocks que j'avais trouvé très belle et inspirée. De ces critiques qu'il devient de plus en plus rare d'avoir le plaisir de lire dans la presse écrite.
Je viens de voir le film, que j'ai également beaucoup aimé et je me souviens encore de cette critique à laquelle j'adhère désormais totalement.


Comme il s'agit d'un film assez complexe sur lequel j'ai un peu de mal à exprimer un avis intelligent et construit (en admettant que je sache le faire dans l'absolu...), je vais faire une chose pas bien du tout, mais, bon... Une fois n'est pas coutume...
je vais vous offrir en lecture la belle critique de Jean-Marc Lalanne, en espérant qu'il ne m'en voudra pas de le pomper ainsi et que vous aurez autant de plaisir que moi à la lire.

Et en espérant que ce film saura ou aura su vous toucher de cette belle manière.


Homme au bain est le journal d’une rupture. Omar et Emmanuel vivent ensemble, dans une cité de Gennevilliers. Leur histoire d’amour tire la langue. Omar doit partir huit jours à New York en reportage sur la tournée promo d’une actrice française (Chiara Mastroianni dans son propre rôle). Il enjoint Emmanuel de mettre ce temps à profit pour quitter les lieux.

Amorcé par une séparation, le récit se poursuit en montage alterné, à la fois ici et là-bas, où les blessures ne cicatrisent pas à la même vitesse. A Gennevilliers, Emmanuel est vide. C’est un boxeur sonné par la menace d’abandon, une masse lourde emmurée dans le chagrin. Mais ce trou noir de tristesse amène à lui d’autres planètes, toute une constellation de garçons de passage et d’occasionnels copains de baise.

A New York, Omar est plein. Il travaille, copine avec une vedette, a un coup de foudre pour un jeune Américain. Si l’énergie d’Emmanuel est centripète (il attire les autres à lui par aimantation), la force d’Omar est centrifuge. A New York, le film passe en effet en mode Cloverfield ; tout est vu désormais à travers la petite caméra tressautante d’Omar qui, tout à l’ivresse de la réussite, du travail et du coup de foudre, disparaît dans ses images, fusionne avec tout ce qu’il regarde.

L’un souffre, l’autre pas. L’un baise par désarroi avec beaucoup de monde, l’autre avec exaltation d’avoir fait la bonne rencontre. Sauf que, bien sûr, rien n’est si simple. La mécanique sourde du récit consiste à déplacer cette ligne de partage. Plus Emmanuel baise sans élan et plus il se reconstruit, là où Omar, dans son tourbillon de paillettes, n’a peut-être étreint que des images. Quelque chose se brouille alors dans la chaîne des responsabilités. Qui quitte qui ? Et qui aime encore ? Qui se sauve et qui s’étourdit ?

Pour l’un, la rémission est très lente. Pour l’autre, la conscience de la perte est tardive et très brutale. Cette instabilité de l’attachement amoureux, Christophe Honoré en est l’un des plus fins analystes. Mais le film opère aussi une avancée sur un territoire que le cinéaste avait un peu déserté depuis Ma mère : celui de la représentation des rapports sexuels. On baise beaucoup dans Homme au bain : de façon tendre mais aussi violente, très joyeuse mais aussi très mélancolique. Et, du désir au désespoir, le film propose un tour étonnamment exhaustif de tous les états (sensibles) dans lesquels nous plongent des ébats (sexuels). Avec, à chaque fois, une acuité stupéfiante pour capter les gestes par lesquels se manifestent les sentiments. Un dos de main qui frôle un torse pour signifier une séparation, un slip jeté vers l’amant avant l’étreinte, une fessée ludique qui dégénère en affrontement, un garçon qui rase l’anus de celui qu’il veut pénétrer : le film est d’une justesse inouïe sur l’intimité sexuelle, cet endroit où le moindre geste est chargé de la plus grande plénitude émotionnelle.

Le film bénéficie bien sûr de l’aisance de la star du X gay François Sagat à jouer nu, à jongler avec toutes les positions sexuelles, mais il le projette aussi dans des représentations du sexe que le porno n’autorise pas, plus troublantes, plus ambivalentes – comme dans cette très tendre scène de bondage avec des bandes Velcro. Homme au bain est aussi un beau portrait de la personne François Sagat, filmé comme une icône et au-delà de l’icône, révélant, à côté de ses compétences de hardeur, son aptitude au dessin, ses talents de danseur, comme dans une scène hommage à la chorégraphie devant miroir de Leslie Cheung dans Nos années sauvages.

Mais surtout, le film transperce la cuirasse de muscles pour isoler chez son modèle une fragilité de petit garçon, quelque chose d’opaque et de rentré, d’infiniment émouvant. Il campe alors, avec une infinie délicatesse, comme dans la chanson de Kate Bush interprétée a capella dans le film, la figure d’un Man With a Child in His Eyes.


Jean-Marc Lalanne in Les Inrockuptibles - Septembre 2010 - Source Les Inrocks.com


31 octobre 2010

Mid-Life Crisis




Sorti en 2007 en DVD aux USA et toujours inédit chez nous Sublime, de Tony Krantz est un véritable chef d'œuvre uniquement disponible en DVD Zone 1 et sans sous- titres français.

Dieu merci, certains Ali Baba du Net ont des sésames vers des cavernes aux trésors insoupçonnées et m'ont permis ce matin de prendre une très très grosse claque devant ce film choc qui hisse pour moi directement son auteur au rang des cinéastes à suivre à la trace.



Difficile d'évoquer l'histoire sans en déflorer les multiples tiroirs...
Disont qu'il s'agit d'un homme qui - au lendemain de ses 40 ans - va subir une simple coloscopie de routine et pour qui les choses vont... mal tourner...


La mise en scène - absolument brillante - a l'incroyable intelligence d'opérer une oscillation permanente entre une réalité troublée par la fièvre, des délires morphiniques, le fantastique pur et le cauchemar gore, tout en restant d'une sobriété et d'un réalisme étonnant - créant ainsi un véritable trouble et un immense malaise chez le spectateur - tout en maintenant un rythme d'une extrême lenteur, quasi contemplative mais sans jamais générer le moindre ennui.


Pourtant, là où le film dépasse de loin le simple film de genre et parvient à toucher véritablement au "sublime", c'est dans son sous-texte psycho-social tout à fait pertinent dans lequel il parvient à la fois à faire le portrait d'un homme (magnifiquement interprété par Thomas Cavanagh) et à toucher à l'universel en parlant tout simplement de la vie, de la mort, de la douleur, de la famille et de la condition humaine en général.
Et surtout c'est une réflexion profonde et sensible sur ce que c'est d'être père, un mari, un mâle, blanc, libéral, chrétien dans l'Amérique de George Bush Jr...

Une vraie leçon de cinéma !


Le film est cependant à déconseiller vivement aux hypocondriaques de tous poils et aux personnes s'apprêtant à faire un séjour à l'hôpital, ils risquerait fort d'avoir le sommeil perturbé par cette expérience totalement hypnotique, réellement cauchemardesque et profondément angoissante.

Les autres... à vos "Google searches" !!!


L'esprit de la forêt




Ours d'or grandement mérité à Berlin cette année, Miel est le troisième volet (après Oeuf et Milk) d'une trilogie consacré au personnage du poéte Yusuf et qui en raconte ici l'enfance.



Comme le dit Semih Kaplanoglu, le metteur en scène, le miel est à prendre ici comme une métaphore de l'esprit de la forêt, à la fois sucré et amer et qui constitue également - je cite - "l'essence du héros".


Le film évoque l'opposition de l'éducation au sens scolaire du terme et de l'apprentissage par l'expérience transmise à l'enfant par son père (par la mère aussi, même si elle reste un personnage un peu en retrait) qui s'adresse directement à ses cinq sens, à l'observation de son environnement et de ses proches, à l'apprentissage de gestes techniques de l'apiculture ou de la récolte du thé, ou à une connaissance encyclopédique des fleurs et des plantes environnantes.



Il est surtout un magnifique portrait d'enfant, joué par un jeune comédien absolument extraordinaire de naturel, de sobriété et au regard d'une profondeur inouïe et ce très beau film dépeint comme jamais une belle relation père/fils véritablement touchante et d'une grâce bouleversante à chaque instant.


Mais il est aussi dans sa seconde partie le récit de l'apprentissage de la vie et de la mort, de l'expérience de l'absence, de l'inquiétude, du manque et du deuil avec pour toile de fond ces paysages sublimes et cette forêt mystérieuse, vibrante et insondable, à la fois nourricière, protectrice et menaçante.


Un film visuellement sublime, à,la mise en scène d'une beauté et d'une sensibilité rare, qui s'adresse directement aux sens du spectateur, autant qu'à son âme et à son cœur.

A voir absolument.

« Limpide, élégiaque, radieux dans sa manière d’évoquer les épreuves de Yusuf, le cinéma de Kaplanoglu apaise, fascine, grandit. »
Le Monde


« C’est un regard de gosse sur le monde. Un regard intense, émerveillé, parfois désespéré. (…) Hymne à la beauté de la nature et de la création, film sur l’enfance et la douleur de l’absence du père, Miel avait toutes les qualités pour remporter l’ours d’or en février à Berlin. »
Libération


« Un film plein de secrets, un pur trésor d’enfance. »
Le Figaro


« Une lueur rare, éblouissante, qui grave dans nos cœurs une émotion originelle. »
La Croix


30 octobre 2010

The Bitter end




Lors de sa sortie cet objet cinématographique inclassable a tellement déconcerté et divisé la critique que certains ont volontiers déclaré que ce film "expérimental" avait davantage sa place dans les musées que sur les écrans de nos salles de cinéma. Une façon de l'ostraciser parce que l'on arrive pas à s'en saisir. Gus Van Sant avait, dans une démarche certes bien différente, déjà fait les frais de ce type de traitement avec son pourtant superbe Psycho il y a quelques années.


D'autres avaient réduit cette œuvre majeure a un simple hommage séduisant et appliqué à un genre lui même ultra codé et bien défini qu'est le Giallo italien des années 60 à 80. Ne voyant pas au delà de leur museau qu'Amer dépassait largement le simple hommage citationnel à un genre.

Évidemment tout cela n'est pas faux, mais Amer se situe bien au dessus d'un simple exercice de style un peu vain ou de l'œuvre de deux fans nostalgiques. Il est même d'une originalité et d'une modernité qui le placent d'emblée parmi les plus grands films vus cette année !


Et si, pour commencer, Amer était déjà tout simplement un film d'horreur, un film de genre, au sens le plus noble du terme. Du niveau de ceux qu'Argento ou Bava avaient pu produire au temps de leur splendeur. Suspiria ou La Baie sanglante sont aujourd'hui enfin reconnus à leurs justes valeurs, en tant qu'œuvres cinématographiques majeures, mais personne ne penserait qu'ils ne sont pas - avant tout - de remarquables et terrifiants films d'horreur. L'art, le cinéma d'auteur et l'horreur seraient-ils donc si antinomiques... Je n'arrive pas à croire qu'on en soit resté à des considérations aussi académiques du cinéma...

Le problème est sans doute que dans Amer comme dans Suspiria, la peur ne vient pas d'un quelconque processus narratif, d'enjeux psychologiques ou d'une identification à tel ou tel personnage, mais bel et bien du cœur même de la mise en scène.
Si l'on prend en exemple la magistrale scène d'ouverture de Suspiria, on en a là une illustration flagrante.
Comment faire naitre la terreur d'un plan sur des portes automatiques qui s'ouvrent, du vent qui s'engouffre sous une robe, d'ombres dans les arbres, de la pluie battante, alors qu'on ne sait rien des enjeux narratifs du film, de ses personnages, etc...
La première partie époustouflante d'Amer est du même tonneau, on ne sait rien de cette fillette et de sa famille et la trame narrative est réduite à son strict nécessaire, toute l'angoisse naissant absolument et strictement de la simple (?) mise en scène, du mouvement, de la composition des plans, de l'utilisation admirable du son, de la couleur, de la musique (Stelvio Cipriani, Ennio Morricone, Bruno Nicolai...) et évidemment du travail de montage qui est véritablement impressionnant tout au long du film.


L'angoisse est pourtant bien présente, et profonde, un peu comme si l'on pénétrait le cauchemar d'une personne inconnue et en ce sens, le film est tout autant dans une filiation avec Cronenberg ou avec un surréalisme à la Buñuel qu'avec le Giallo. Cet aspect onirique est d'ailleurs une part très importante du film puisqu'au fil du récit la mise en scène se sert de cette confusion entre le rêve et la réalité comme d'une invraisemblable passerelle entre les différents âges de cette fillette/adolescente/femme sans qu'aucune rupture ne se fasse sentir pour le spectateur malgré l'opposition chaque fois radicale des codes visuels utilisés. On passe sans problème, alors de la complexité d'une architecture hantée et labyrinthique (évoquant de grands chefs d'œuvres tels que 6 femmes pour l'assassin, Suspiria, Inferno et surtout Profondo Rosso) à la surexposition solaire écrasante et à un érotisme torride évoquant d'autres pans du genre autant qu'il convoque le polar, le cinéma érotique ou le film de Bikers, puis à une nature crépusculaire faite de ronces agressives, de lumière de lune et de paysages impériaux.


Le tout semblant uniquement et aléatoirement guidé par la psyché de cette femme, son univers mélé de peurs, de désirs, de fantasmes de viol ou de meurtre qui compose alors une lecture de l'oeuvre à un tout autre niveau:
Et si le film traitait alors clairement de la Féminité, des obsessions les plus obscures et refoulées, des peurs primales, de l'ambivalence du sang, des désirs secrets, des fantasmes extrèmes, du pouvoir d'attraction sexuelle, du rapport difficile à la mère et à la mort... ?

En cela Amer dépasse de loin le simple film d'horreur et propose un champ de lecture multiple propice à la réflexion et à l'interprétation comme seuls ont pu le faire par le passé des artistes comme David Lynch, notamment dans des oeuvres telles qu'Eraserhead, Lost Highway ou Inland Empire.


Quand au final, éblouissant, que je ne dévoilerais pas ici, il m'évoque bien plus The Devil in Miss Jones que le Giallo à proprement parler. À la différence qu'au lieu de s'enfiler des gorges profondes au kilomètre, Ana rêve de fuite interminables dans des espaces clos, de poursuites freinées par des ronces, d'une humidité inondante au point qu'elle s'y noie, du regard de désir des hommes et de meurtres, de sang... La petite mort copulant volontiers avec la grande mort.

Et, au risque d'en froisser certains, pour moi Amer est un film de cette ampleur là, un véritable chef d'œuvre, déjà sur la voie du film culte et que l'on reconsidérera autrement dans quelques années, quelque soit la suite de la carrière de ces deux cinéastes, Hélène Cattet et Bruno Forzani, le film a déjà sa vie propre, qui échappe à ses auteurs.
Cet incroyable premier film (!!!) s'affranchit déjà avec arrogance et classe de ces encombrantes références pour marcher de ses propres pas et se présenter fièrement au public comme la naissance en grande pompe d'un univers artistique novateur, brillant et totalement unique.

La grande classe à l'italienne, mieux branlé que la moyenne et sans Aldo Maccione, quoi...



L'édition en DVD proposé par Wild Side est - comme à leur habitude - absolument irréprochable, on regrettera simplement que la galette ne soit pas plus copieuse en bonus (une bande-annonce et un court La Fin de notre amour), en effet, d'autres courts existent et surtout, j'aurais adoré pouvoir avoir un aperçu du travail préparatoire concernant le film, d'une interview ou d'un doc sur les différents participants au projet, production, casting, photo, montage, réalisation, son, musique, etc... Le film s'y prêtait vraiment...
Peut-être dans 10 ou 20 ans, quand le film ressortira archi culte et dans une édition ultime hyper collector... Avec un tee shirt pour garçons, cette fois, bandes de rats !!! lol

29 octobre 2010

Super-Croquenot


Le film de crocodile est aujourd'hui presque devenu un genre en soi au sein des films à bébêtes.
Le passé lui a d'ailleurs offert de beau morceaux.
Sans remonter jusqu'aux combats à mains nues de Johnny Weissmuller dans les vieux Tarzan, je pense notamment au Crocodile de la mort de Tobe Hooper (1977), asssez marquant pour l'époque, mais qui a pris un méchant coup de vieux (sans parler de l'atroce VF que nous a infligé Wild Side pour la sortie DVD).


Mais la palme revient à l'excellent L'Incroyable alligator de Lewis Teague (1980) , totalement méconnu et sous estimé chez nous alors qu'il s'avère un très efficace thriller impeccablement mis en scène et au suspense redoutable, sur un scénario de John Sayles, excusez du peu... Le film aura d'ailleurs à lui seul créé une légende urbaine: celle du petit croco jeté dans les toilettes et qui devient gigantesque faisant des égouts son terrain de chasse.



Immédiatement, les nanardeux ritals s'empareront du Saurien en l'accommodant à la sauce bolognaise... Plus gores, plus sexys, plus rigolos, plus amateurs mais dégageant un tel parfum de Z qu'ils en devenaient de vrais régals.


Je pense particulièrement aux deux crocos-écolos des Killer Crocodile 1 (1989) & 2 (1990) de Fabrizio De Angelis et Giannetto De Rossi - pour le plus sympathique - et à Le Grand Alligator (1979) de Sergio Martino pour le sex appeal de Barbara Bach et pour beaucoup plus d'ennui, malgré un travail remarquable sur la très belle maquette de l'alligator...





Et puis après des années de désuétude... Le croco revient à la mode avec l'excellent et hilarant Lake Placid de Steve Miner (1999) qui assume parfaitement son statut de série B, offre des effets spéciaux tout à fait parfaits et pimente la sauce d'une bonne dose d'humour et de second degré dans les dialogues comme dans son surprenant scénario qui en font un spectacle très réussi et parfaitement fréquentable.


Depuis le reptile géant semble avoir repris du poil de la bête et fait un retour en force dans le cinéma de genre. Deux exemples fameux en sont l'illustration flamboyante, la très bonne série B de greg McLean Rogue (AKA Solitaire et sorti en DVD sous l'idiot titre de Eaux Troubles) dont la mise en scène est assez ambitieuse et intègre magnifiquement l'ampleur des paysages australiens, dont les effets spéciaux numériques sont assez réussis et qui - surtout - ne pétant jamais plus haut que son cul, s'avère une excellente série B.


Mais surtout, l'Australie nous aura offert ce qui restera sans doute comme la plus belle bande horrifique du genre avec le furieusement flippant et formidable Black Water qui s'impose sans conteste comme LE chef d'oeuvre du genre. Un film simple mais parfaitement maitrisé et jouant à merveille sur les peurs les plus primales et ayant surtout le culot et l'intelligence d'utiliser de vrais sauriens qui - si l'on s'en réfère aux théories, vieilles comme le monde, d'André Bazin - auront toujours plusieurs longueurs d'avance, car cette fois le cinéma montre mais ne triche pas, en tous cas il en donne l'illusion.


Et puis on pourrait également citer à ce titre le très bon Primeval (2007), reposant lui aussi sur ce principe de l'utilisation alternée de vrais animaux (souvent) et d'effets numérique (rares) est se montre une série B tout à fait estimable.


Le succès relatif de ces trois films semble d'emblée avoir relancé la machine mais cette fois, ce n'est pas le cinéma de genre italien (tristement moribond...) qui récupère le bébé avec l'eau du bain, mais bel et bien le marché américain du DTV.

Ces dernières années, fleurissent donc des téléfilms à budget réduits, parfaitement calibrés pour un public large (violence modérée, scénarios simplistes...) et destinés à la vente directe en DVD avant une diffusion en petites pompes et en VF sur les chaines de la TNT (TF6, NRJ12...).


Dans cette catégorie, en 2006, Dinocroc (production Roger Corman...) avait plutôt été une agréable surprise, parvenant aisément grâce à de bons acteurs, à une mise en scène médiocre mais dynamique et des effets spéciaux étonnamment réussis vu le budget, à se hisser au potentiel de sympathie des nanards italiens des années 80. Rien d'inoubliable, certes, mais, du chewing gum pour le cerveau de l'amateur de Z que je suis.



Malheureusement, ces "qualités" font cruellement défaut à SuperCroc (2007) et ce dernier souffre vraiment ici de la comparaison avec tous les films précédemment cités, y compris Dinocroc...


Son scénario, d'abord, tellement banal et balisé qu'il suscite d'emblée l'ennui le plus profond.
On se retrouve dans une espèce de remix de Predator et du Monde Perdu de Steven Spielberg (dont le film est parfois à la limite du plat-giat) à la sauce croco, qui nous refait pour la énième fois le coup de l'opposition Militaires/Scientifiques, les uns se battant pour détruire la bête, les autres complotant pour en sauver les œufs afin de les étudier.


Le film est constamment coupé en deux: les scènes "Predator" où les militaires servent d'apéritif au croco et les interminables et affreusement bavardes scènes de la base militaire ou des officiers et scientifiques passent leur temps à débiter des âneries au kilomètre en fixant d'un air soucieux un écran radar infesté des loupiotes clignotantes.
Le film s'avère dès lors d'un tel systématisme dans cette alternance et d'une telle lenteur qu'il en devient un vrai calvaire, d'autant qu'il sonne constamment de manière très sentencieuse et qu'il est absolument dénué de tout second degré et de tout humour, hélas.

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Les effets spéciaux ne relèvent malheureusement pas le niveau et malgré la simplicité du rendu de la minéralité de la peau des reptiles, il ne parviennent souvent qu'à donner un effet animation 2D qui prouve que le numérique n'est pas forcément un progrès dans la mesure ou l'utilisation des maquettes (façon Sergio Martino), d'animations (Façon Ray Harryhausen) ou de l'incrustation d'animaux réels à l'ancienne, même si elles apparaissent aujourd'hui totalement surannées, gardent en tout cas une vraie force poétique et même esthétique qui fait cruellement défaut à Supercroc.
Ce qui est d'autant plus navrant que Scott Harper a été depuis plus de 15 ans en charge des effets spéciaux d'une trentaine de long métrages dont le nul mais rigolo Des serpents dans l'avion et même sur quelques super productions hollywoodiennes telles que Zathura.


Pour couronner le tout, l'éditeur ne propose le film que dans une VF proprement calamiteuse avec un effet "Télé novela" garanti...

Le film, totalement calibré pour le DTV, à la mise en scène d'une platitude navrante, sans la créativité parfois présente dans ce genre de petites productions indépendantes fait vraiment regretter le bon vieux temps où des Larry Cohen, des Antonio Margheriti, des Ed Wood, des Sergio Martino,des Roger Corman, des Jean Rollin et autres, parvenaient, avec des budgets sans doute bien plus ridicules encore, à offrir au moins des divertissement bourrés de charme, parfois même de vraie œuvres et qu'ils compensaient toujours leur manque d'argent par un vrai sens de la mise en scène, une débrouillardise à user de tous leurs faibles moyens au maximum pour servir au public du vrai spectacle...

Ce qui fut possible autrefois est-il devenu impossible aujourd'hui...?
Sans doute pas, il suffit de regarder des films comme The Roost ou Jack Brooks tueur de monstres pour voir que l'enthousiasme d'un cinéaste peut encore parfois faire des miracles, quelque soit la maigreur du budget...

Films d'éco-horreur sur Cinétrafic


Sorti depuis le 5 octobre 2010

Réalisateur
Scott Harper
Editeur Zylo
Langue 1 français
Qualité Pal
Durée
85 Minutes