26 février 2010

Je déteste Serge Gainsbourg !!!

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Grande partouze de bootlegs géniaux faisant copuler les plus grands classiques de Serge Gainsbourg et les plus grands tubes de la scène funk, rap, R'n'B, rock, pop, soul, etc... de Michael Jackson à Snoop Dogg en passant par Albin de La Simone, Fatboy Slim, Eminem, Kelis, Offsprings ou The Gossip... Éclectique s'il en est !!

Une petite merveille qui réveille les oreilles !!

Merci à Fox pour la trouvaille !!!

Cliquez sur l'image pour downloader (don't forget the bonus en bas de page !!!)


SOURCE: http://www.bootlegsfr.com/blog/

21 février 2010

La mère Casse-Pieds

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Au premier abord, Ensemble c'est trop ne brille ni par son originalité, ni par sa mise en scène, mais, les acteurs (cabotinant, certes, mais avec modération) et les dialogues étant savoureux, on se laisse gentiment amuser par cette comédie de boulevard franchement assez marrante.
C'est déjà rare qu'une comédie fasse rire, alors on ne va quand même pas pisser froid, d'autant que celle ci fait beaucoup ET souvent rire... que demande le peuple ?!

On se dit cependant que, si cela n'est vraiment pas déplaisant, le film risque de ne jamais décoller au delà d'un amusant vaudeville...

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Et bien on aurait tort de sous-estimer cette hilarante comédie et de bouder son plaisir car, passée un poilante et très étonnante scène de défonce cannabique familiale, le film décolle au contraire vers de nouveaux horizons et dépasse sans mal le gros de la comédie chorale française.

En effet, Lea Fazer ne s'interdit rien, ni le burlesque (très réussi !), ni la caricature (sans excès...) ni l'acide (parfois plus corrosif qu'il n'y parait...) et encore moins d'aller à fond dans la comédie populaire sans n'être jamais, ni débilitante, ni mièvre, ni moche, ni dégoulinante de bons sentiments.

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Une infirmière, lors d'une des scènes les plus marrantes, déclare du tac au tac que TOUTES les familles sont tarées, ce qui n'est pas faux et qui devrait d'emblée concerner à peu près tout le monde !
En effet, au travers de ce modeste film chorale repose un des fondements dramatique de la comédie comme du drame: comment la famille est à la fois le terreau sur lequel on se construit mais qui parallèlement nous pourrit la vie jusqu'à la dévoration.
Lea Fazer ne lâche jamais de l'œil ce sujet universel et elle s'attache au contraire à écrire de vrais personnages, de chair et d'os, qui ne sont ni de simples silhouettes, ni de pauvres stéréotypes (à part peut-être le couple homo, et encore...) et à qui on peut très facilement, tour à tour, s'identifier.

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Voila une comédie qui, à défaut de briller par l'inventivité de sa mise en scène, est vraiment formidablement bien écrite et qui mériterait un joli succès public à la hauteur de celui péniblement usurpé depuis des années par l'horripilant "choralisme" bête, moche et chiant de Danielle Thompson, entre autres...
Les acteurs sont tous vraiment formidables, mais il faut dire que le texte qu'ils servent est si savoureux que leur plaisir est visible et communicatif d'autant plus que le scénario est moins attendu et plus inventif que ne le laisserait penser ce sujet quelque peu rebattu...

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Léa Fazer réussit à donner à son film le souffle comique qui semblait tant manquer aux comédies françaises de ces dernières années et elle se rapproche en cela des meilleures comédies US récentes.
Elle est, il est vrai, aidée par un casting formidable dans son ensemble et à l'abattage éclatant !

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Nathalie Baye, en tête de gondole, forcément, toujours parfaite, qui prouve encore une fois qu'elle est une actrice comique absolument géniale.
Jocelyn Quivrin est ici vraiment merveilleux et démontre encore une fois l'acteur "in progress" qu'il était et son indéniable talent pour la comédie. C'est réellement très émouvant de le revoir post-mortem, surtout dans ce rôle si touchant mais aussi car une phrase du dialogue fait tristement écho à son funeste destin. Le film lui est forcément dédié... avec une sincérité évidente. Il le mérite amplement, il y crève l'écran !
Aïssa Maïga, outre qu'elle soit la plus grande bombe atomique du cinéma français actuel révèle, elle aussi, un tempérament comique inouï et tout le reste du casting est au diapason avec l'envie de braquer les projos sur une petite nouvelle quasi-inconnue (plus pour longtemps...) au tempérament de feu qui explose littéralement dans un second rôle décapant: Olivia Cote.

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On peut regretter le sous-emploi de Laurent Lafitte qui est aussi terne ici qu'il brille sur scène, déplorer le manque d'audace du casting pour l'emploi d'Arditi (très bien mais... bon, déjà beaucoup vu dans cet emploi...) car on pourrait imaginer le chef d'œuvre que le film aurait pu être en employant des acteurs moins habitué à ce genre de boulevard. (Jean-Pierre Léaud aurait pu être extraordinaire dans le rôle... par exemple).
On peut trouver que la réalisation est un peu plate... Mais l'est-elle vraiment tant que ça ?
Mais tous ces bémols seraient anecdotiques et plutôt injustifiés car il est déjà assez rare de se marrer non stop au cinéma pendant une heure et demi et d'autant plus avec un film qui se révèle, en prime, ne pas être la molle comédie familiale qu'on aurait pu craindre et qui s'avère être, au contraire, un joli pied de nez à la comédie chorale façon Thompson ou à l'univers des trentenaires bobo-gavaldiens en vogue.

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C'est dit, Ensemble c'est trop n'est ni Le Code a changé, ni Ensemble c'est tout et, dans un cas comme dans l'autre, c'est franchement une bonne nouvelle? Non ?!
Et il est vraiment hilarant, je ne le répèterais jamais assez !

20 février 2010

Ma coulpe...

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Houla, je retire illico toutes les vilaines choses que j'ai pu dire sur 30 jours de nuit au moment de sa sortie. Je viens de revoir le film en DVD et il s'avère qu'il vaut bien mieux que la piètre opinion que j'en avais eu à l'époque.
Il est, en fait, plutôt très bon, très flippant et efficace, finalement très réussi esthétiquement et il s'avère même bien supérieur à la bédé dont il est adapté et qui valait surtout par la qualité de son graphisme (pour les 3 premiers tomes, en tous cas, parce que le N°4... aïe aïe aïe)

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Seule la numérisation des visages vampires laisse au final un gout de peu mieux faire... Mais au fond, on s'en fout très vite...

Voila une injustice qui méritait d'être réparée et qui démontre comment l'on peut parfois passer à coté d'un film parce qu'on est fatigué, de mauvais poil, pas dispo, que le siège est dur comme du bois et que notre fessier crie pitié, que l'on crève la dalle ou que la clim' nous glace les sangs.
Et même parfois tous ces facteurs réunis !

Ce qui en dit long au passage sur la vanité de ce genre de blogs qui prétend détenir un avis éclairé qui vaudrait d'être lu et considéré...

Bullshit ouais !

Je m'en bats donc frénétiquement la coulpe !

19 février 2010

Comédie peu pigmentée

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J'ai toujours aimé les films de Chatilliez et je l'ai, jusqu'ici, toujours défendu contre les assauts virulents et injustes de la critique. Même La Confiance règne qui avait pourtant fait l'unanimité contre lui m'avait beaucoup plus. Mais, là... Aïe, comment défendre l'indéfendable.

On ne peut pas attaquer Chatilliez sur sa mise en scène, elle a en effet toujours été assez médiocre et il me semble qu'il n'ait d'ailleurs jamais vraiment eu l'ambition d'être cinéaste.
Juste un efficace scénariste, un excellent directeur d'acteur et un faiseur honnête ne visant que le divertissement. Sa modestie alliée à son acidité de ton m'avait jusqu'ici toujours séduit.

Mais avec Agathe Cléry, Chatilliez abandonne ce ton et ambitionne à réaliser une comédie musicale à visée sociale des plus débridées et, malgré le talent immense et l'abattage de Lemercier, il ne parvient qu'à se vautrer lamentablement sur toute la ligne en alignant les pires clichés avec une absence si flagrante de talent que cela en devient gênant...
La comédie musicale ne souffrant guère de platitude dans la mise en scène et le fond demandant un minimum de finesse pour traiter d'un sujet aussi délicat que le racisme dans la société et le monde du travail.
Or, cette foi, comme toujours, Chatilliez chausse ses plus gros sabots et film tout au bulldozer, aplatissant tout avec un systématisme des plus consternants.

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La vision lourdingue et archi-caricaturale du racisme finit même par se mordre la queue et par livrer un film qui l'est tout autant que son héroïne: un comble !

En effet, en devenant noire, Agathe Clery acquière un potentiel sexuel insoupçonné ("En black elle me file le gourdin" pour donner un exemple des dialogues pourris...) , elle a désormais "Le rythme dans la peau"(je cite, encore, texto), elle portera la poitrine en avant dans des tenues bariolées, la fière coup afro et se fera siffler par tous les négres-balayeurs de Paris. Bref, un festival de bêtise, de vulgarité et de clichés racistes les plus déplaisants.

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Mais le pire n'est encore pas là: non le pire est un crime de lèse majesté envers le genre dans lequel il ambitionne à s'inscrire...
Cette "comédie musicale" est si atrocement filmée qu'elle ferait passer un épisode de Palace pour du Stanley Donen, le comble étant que Chatilliez se paye même le luxe de se masturber l'égo en s'autocitant, plusieurs fois et notamment dans un auto-hommage aux pubs Eram des années 80. La musique est si insoutenable (je ne vois pas d'autre mot...) qu'elle vous donne envie de vous crever les tympans à coups de tournevis façon Zombie de Romero et les acteurs sont tous nuls, exceptées Lemercier (qui fait vraiment tout ce qu'elle peut pour sauver le Titanic) et Isabelle Nanty dans un rôle médiocre, convenu et presque insultant de "bonne copine" de service.

A part ça, au final, rien à sauver de ce fiasco intégral et un doute qui s'installe: et si la critique avait raison depuis tant d'année en prétendant que Chatilliez méprisait autant son public que ses personnages ?
Je crains un effet boomerang sur ma vision de l'ensemble de ses films, désormais.
Il est ici tombé si bas qu'il en arrive même à égaler sa comparse Florence Quentin en terme de comédie de caniveau, ce qui n'est pas peu dire !

Zappons...

18 février 2010

Éole ou Le Cercle vicieux


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Amateurs de Fantastique pur, ce Triangle, inédit - à ce jour - de Christopher Smith est pour vous !

Le pitch étant pour le moins complexe, même pour le point de départ, je m'en remets donc à l'excellent Cédric Delelée de Mad Movies qui l'a déjà rédigé mieux que je n'aurais pu le faire:

"Après s'être mangé des tartes par les vampires de 30 jours de nuit, Melissa George voit une mouette s'emplafonner sur le pare-brise de sa voiture : c'est sur ce funeste présage que s'ouvre Triangle, le thriller maritime et surnaturel de Christopher Smith (Creep, Severance) produit par Icon, la boîte de Mel Gibson. Et qui dit triangle dit Bermudes : c'est donc dans cette zone maudite que la jolie Jess et ses amis (dont Liam Prédictions Hemsworth) partent en croisière. Après avoir essuyé une terrible tempête qui fait chavirer leur yacht, ils parviennent à se hisser à bord d'un paquebot surgi de nulle part. Ils en explorent les couloirs, en vain : le navire, dont toutes les horloges se sont arrêtées, semble avoir été brusquement abandonné par son équipage et ses passagers. C'est alors que Jess commence à avoir l'étrange impression d'être déjà venue sur les lieux, et qu'un inconnu cagoulé armé d'un shotgun entreprend de supprimer les naufragés..." (Source Mad Movies.com)

Aller plus avant dans le pitch reviendrait à en dévoiler de nombreuses surprises et donc à nuire à la jouissance pure qu'il procure. Je n'irais donc pas jouer les vilains spoilers et je vous encourage à voir le film aussi vierge que moi de son sujet, vous n'en serez que davantage emballé.
Si c'est le cas, n'allez pas plus loin dans la lecture et faites moi simplement confiance...

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Après le métro londonien de l'excellent survival Creep, le bus de l'hilarant autant que terrifiant Severance, voici donc les bateaux de Triangle qui semblent confirmer l'attirance de Christopher Smith pour la terreur dans les moyens de transport !

Le film démarre sur un mode surnaturel plutôt soft, qui évoquerait un peu Le Poids de l'eau de Katryn Bigelow (sans la tension sexuelle) naviguant dans une zone de turbulences aussi soudaine que violente et brève. On se dit que l'on vient d'embarquer à destination du triangle des Bermudes et que la survie passera par le gilet de sauvetage...

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Puis arrive l'inquiétant paquebot : L'Aeolus. Nom grec du Dieu des vents Éole...
Les survivants du naufrage montent à bord de ce palace flottant et fantôme évoquant rapidement un autre classique: Shining. Au lieu d'être bloqués par les neiges, les protagonistes sont coincés au large, dans ce paquebot de luxe des années 30, sans âme qui vive - au premier abord, en tous cas - dans son dédale labyrinthique de couloir.

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Puis, changement de cap dans le récit: un tueur apparait et dégomme rapidement tout ce qui bouge, les héros meurent les uns après les autres. Mais qui est ce mystérieux tueur ?
Ne sont-ils pas tout simplement en train de s'entretuer ?
Et quelle malédiction impose au temps de s'arrêter puis de se réactiver comme un disque rayé ?

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Le film est d'une complexité rare dans le genre et ne craint pas de perdre en route son spectateur pour mieux lu redonner les clefs plus tard.
On retrouve la même mise en abyme du récit que dans Time Crimes, film très malin sorti il y peu en DVD (Cf ici) mais sans l'humour noir et la fantaisie ludique du film espagnol.
ici l'atmosphère est nettement plus sombre et semble aller de plus en plus vers un noir crescendo.

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La mise en scène éclatée (mais si le récit est linéaire) est répétitive mais fait preuve d'un véritable savoir faire et d'une admirable efficacité et elle parvient à évoluer d'une surprise à l'autre en nous perdant suffisamment pour que le mystère s'épaississe et en nous réservant les surprises les plus inattendues et les plus macabres jusqu'à un dénouement totalement noir et désespéré.

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Dans ce personnage à facette multiple, Melissa George convainc de bout en bout et elle porte le film entier sur des épaules aussi solides que sexy, à l'instar de grandes héroïnes combattives mais solitaire façon Ripley dans Alien (une constante chez ce cinéaste)

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Et à mesure que le récit s'éclate tel un miroir brisé on comprend que cette héroïne tourne en un cercle terriblement vicieux dont il lui sera difficile de sortir car les vagues la ramèneront chaque fois à son destin funeste.

Comme poussée par le Dieu Éole auquel le film se réfère très directement...

"Nous gagnons Éolie, où le fils d'Hippotès, cher aux dieux immortels, Éole, a sa demeure. C'est une ile qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l'encercle tout entière ; une roche polie en pointe vers le ciel. Dans une vaste caverne, Éole tient enchainés et emprisonnés les vents, qui s'efforcent de fuir, ainsi que les tempêtes bruyantes."
Homère - L'Odyssée -

Quand Ulysse revint de Troie, son bateau fut secoué par une violente tempête. Mais Éole lui donna un sac où étaient enfermés les vents contraires. Comme Éole le lui avait recommandé, Ulysse ordonna à ses compagnons de ne pas ouvrir ce sac. Malheureusement, ses compagnons voulurent voir ce qu'il renfermait et l'ouvrirent ; les vents contraires s'échappèrent alors précipitamment et se déchainèrent en tout sens. Ils perdirent le contrôle du bateau et revinrent à l'ile d'Éole, m ais cette fois le Dieu du vent les chassa vertement pour lui avoir désobéi et refusa la demande d'Ulysse de le faire repartir à Ithaque.

Jess trouvera-t'elle les bons vents pour revenir à terre et retrouver son jeune fils autiste ou des vents contraire la ramèneront elle chaque sur Aeolus affronter un si terrible destin ?

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Un film captivant, brillant, profond, terrifiant, maitrisé et d'une belle originalité qui confirme et dépasse tout les espoirs placé dans ce jeune réalisateur anglais, décidément très prometteur.
A découvrir...

Jaune pipi

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Un tueur en série kidnappe de jeunes et jolies étrangères dans les rues de Rome avec son taxi. On retrouve leurs cadavres torturés aux visages mutilés. Un jeune Top Model (Elsa Pataky, très décorative et plutôt convaincante) est enlevée à son tour. Sa sœur ainée (Emmanuelle Seigner, belle, belle, belle et plutôt bien dans le film) se tape l'incruste auprès du détective new-yorkais (Adrian Brody, mauvais comme un cochon !!) chargé de l'enquête afin de la retrouver.

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Tout le scénario tient dans ces cinq lignes mais l'on sait déjà que les scénarios n'ont jamais été le fort de Dario Argento, ce qui ne l'a autrefois pas empêché de broder quelques immenses chef d'œuvre sur des canevas plutôt faiblards... Autant le dire tout de suite, cela n'est vraiment pas le cas ici et le film dépasse même d'assez loin sa pourtant généreuse mauvaise réputation... hélas.

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Après quelques "passages à vide" dans les années 90/2000, qui avaient vu éclore quelques uns de ses pires navets, Argento s'était offert un retour en grâce avec les deux épisodes mémorables des Masters of Horror : Jenifer & Pelts. C'était finalement la télévision qui avait permis une résurrection en grandes pompes du maitre italien, aux États Unis... Bénie soit la sainte TV & God bless the USA !!!

Tous les espoirs étaient alors de nouveau permis pour le fan de base que je suis (et que je reste malgré tout, en souvenir d'un passé plus glorieux) mais malheureusement Argento ne semble plus depuis vouloir cesser de décevoir.

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Et puis il y eu le pire coup qu'Argento pouvait nous faire: rater le dernier volet de sa trilogie des 3 mères (Suspiria & Inferno) après presque 30 ans d'attente, le film, totalement indigent et franchement raté, semblait cette sonner le glas de l'amour immodéré que je portais à Argento depuis plus de 30 ans...
Il y avait beau y avoir ici et là dans le film quelques séquences réussies, quelques jolies trouvailles, ou quelques plans originaux, on ne pouvait guère plus se voiler la face:
Argento n'en a tellement plus rien à foutre qu'il se fait hara-kiri sur grand écran et trahit toute l'admiration et les espoirs porté en lui.

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En effet, Mother of tears faisait preuve d'un tel manque de respect envers son sujet, ses acteurs, son script et ses spectateurs que cela ressemblait fort à un coup de grâce, à l'ultime trahison, impardonnable, peut-être...
L'annonce d'un retour aux sources du giallo, avec un budget plus confortable, doté d'un casting international et alléchant, avait pourtant, une fois encore, fait renaitre l'espoir.
En vain: Giallo est probablement un des plus mauvais films d'Argento, l'un de ceux dont on parvient même pas à sauver un plan, une scène, une idée... un naufrage artistique total doublé d'une véritable tromperie sur la marchandise.

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Car ici, point de giallo en réalité. le film est un simple thriller à l'américaine (au rythme et au relief de série télévisée allemande...) mais n'use d'aucun des codes de mise en image, en musique, en couleur, du giallo, genre très daté, aux style très marqué et répondant à des codes très précis, notamment esthétiques.
Ici, en guise de giallo... c'est le tueur qui a la jaunisse !
Ça ressemble à une blague ?
Ça n'en est pourtant pas une... c'est la plus élémentaire vérité: le tueur a le teint jaune car sa maman était héroïnomane et qu'il est né avec une grave maladie de foie détériorant son teint...
Je vous jure qu'il ne s'agit nullement d'une plaisanterie. D'ou le Giallo (jaune, en italien) du titre...
Cela vous donne t'il une vague idée de l'étendue du désastre ?
Si j'ajoute que ce détail nous est révélé en japonais par un des "cadavres" qui retrouve son souffle l'espace d'un instant pour murmurer cette révélation dans le petit magnéto d'Adrian Brody, je vous fait un dessin ?

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Tout le reste est à l'avenant:
La mise en scène - en admettant qu'on puisse employer ce terme - est plate voir inexistante et ferait passer Olivier Marshall pour Jean-Pierre Melville...
La direction d'acteur... bah nan... tout le monde semble livré à lui même et fait ce qu'il peut avec ce qu'il a... Les filles s'en sortent à peu près... Brody est ridicule du début à la fin et a l'air de lire son texte en s'en foutant royalement ou en se disant "Mais qu'est-ce qu'il m'a pris de produire cette bousasse ???, Rendez-moi mon pognon !!!".
Et je ne vous parle même pas du tueur, parce que là, je risque de me remettre à pleurer... et pas de rire... Vous voyez Quasimodo... peint en jaune ? Casimir, quoi...
Parce que ça n'est même pas drôle... il n'y a même pas la démesure du nanar, à laquelle on pourrait se raccrocher, et compenser le reste par de la pizza et des bières.
Non, là c'est juste un triste gâchis, un film vide, sans regard, sans vie, sans âme ni frissons et qui - après Mother of tears, The Card Player ou Do you like Hitchcock - n'augure vraiment rien de bon pour l'avenir...
D'autant qu'il n'y aura pas de 3ème saison des Masters of horror pour lui sauver la mise.
Reste la solution nostalgique de se replonger dans la DVDthèque idéale et de noyer son chagrin dans le talent, voir le génie de sa filmographie.
Et d'admirer la sublime affiche de Giallo, non plus comme la promesse d'un chef d'œuvre, mais comme un hommage au genre qu'Argento avait jadis autrement honoré...
Avec Seigner, la seule chose à sauver de l'oubli... c'est bien peu.


Dario Argento - Filmographie sélective et cotation personnelle

http://img203.imageshack.us/img203/3043/lesfrissonsdelangoisse0.jpghttp://img519.imageshack.us/img519/7199/tenebre.jpghttp://img695.imageshack.us/img695/6452/infernos.jpghttp://img294.imageshack.us/img294/952/suspiriafrench1.jpghttp://img27.imageshack.us/img27/7726/traumaargento.jpg
  • 1970 : L'Oiseau au plumage de cristal (L'uccello dalle piume di cristallo) ****
  • 1971 : Le Chat à neuf queues (Il gatto a nove code) ***
  • 1971 : Quatre mouches de velours gris (4 mosche di velluto grigio)**
  • 1975 : Les Frissons de l'angoisse (Profondo rosso)*****
  • 1977 : Suspiria *****
  • 1980 : Inferno ****
  • 1982 : Ténèbres (Tenebre)****
  • 1985 : Phenomena ****
  • 1987 : Opéra (Opera)**
  • 1990 : Deux yeux maléfiques (Due occhi diabolici) Sketch Le Chat noir ***
  • 1993 : Trauma****
  • 1996 : Le syndrome de Stendhal (La sindrome di Stendhal)****
  • 1998 : Le fantôme de l'Opéra (Il fantasma dell'opera
  • 2001 : Le Sang des innocents (Non ho sonno)***
  • 2004 : Card Player (Il Cartaio) °°°
  • 2005 : Aimez-vous Hitchcock ? (Ti Piace Hitchcock ?), film TV °°°
  • 2005 : Jenifer (épisode 4 de la 1re saison de la série Masters of horror)****
  • 2006 : J'aurai leur peau (Pelts - épisode 2 de la 2e saison de la série Masters of horror)*****
  • 2007 : La Troisième mère (La Terza madre)*
  • 2009 : Giallo°°°
http://img194.imageshack.us/img194/5807/jenifermovieposter.jpghttp://img98.imageshack.us/img98/1556/peltsmovieposter.jpghttp://img130.imageshack.us/img130/5392/loiseauauplumagedecrist.jpghttp://img63.imageshack.us/img63/6481/phenomena.jpghttp://img504.imageshack.us/img504/4323/syndromedestendhal.jpg