19 février 2010

Comédie peu pigmentée

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J'ai toujours aimé les films de Chatilliez et je l'ai, jusqu'ici, toujours défendu contre les assauts virulents et injustes de la critique. Même La Confiance règne qui avait pourtant fait l'unanimité contre lui m'avait beaucoup plus. Mais, là... Aïe, comment défendre l'indéfendable.

On ne peut pas attaquer Chatilliez sur sa mise en scène, elle a en effet toujours été assez médiocre et il me semble qu'il n'ait d'ailleurs jamais vraiment eu l'ambition d'être cinéaste.
Juste un efficace scénariste, un excellent directeur d'acteur et un faiseur honnête ne visant que le divertissement. Sa modestie alliée à son acidité de ton m'avait jusqu'ici toujours séduit.

Mais avec Agathe Cléry, Chatilliez abandonne ce ton et ambitionne à réaliser une comédie musicale à visée sociale des plus débridées et, malgré le talent immense et l'abattage de Lemercier, il ne parvient qu'à se vautrer lamentablement sur toute la ligne en alignant les pires clichés avec une absence si flagrante de talent que cela en devient gênant...
La comédie musicale ne souffrant guère de platitude dans la mise en scène et le fond demandant un minimum de finesse pour traiter d'un sujet aussi délicat que le racisme dans la société et le monde du travail.
Or, cette foi, comme toujours, Chatilliez chausse ses plus gros sabots et film tout au bulldozer, aplatissant tout avec un systématisme des plus consternants.

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La vision lourdingue et archi-caricaturale du racisme finit même par se mordre la queue et par livrer un film qui l'est tout autant que son héroïne: un comble !

En effet, en devenant noire, Agathe Clery acquière un potentiel sexuel insoupçonné ("En black elle me file le gourdin" pour donner un exemple des dialogues pourris...) , elle a désormais "Le rythme dans la peau"(je cite, encore, texto), elle portera la poitrine en avant dans des tenues bariolées, la fière coup afro et se fera siffler par tous les négres-balayeurs de Paris. Bref, un festival de bêtise, de vulgarité et de clichés racistes les plus déplaisants.

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Mais le pire n'est encore pas là: non le pire est un crime de lèse majesté envers le genre dans lequel il ambitionne à s'inscrire...
Cette "comédie musicale" est si atrocement filmée qu'elle ferait passer un épisode de Palace pour du Stanley Donen, le comble étant que Chatilliez se paye même le luxe de se masturber l'égo en s'autocitant, plusieurs fois et notamment dans un auto-hommage aux pubs Eram des années 80. La musique est si insoutenable (je ne vois pas d'autre mot...) qu'elle vous donne envie de vous crever les tympans à coups de tournevis façon Zombie de Romero et les acteurs sont tous nuls, exceptées Lemercier (qui fait vraiment tout ce qu'elle peut pour sauver le Titanic) et Isabelle Nanty dans un rôle médiocre, convenu et presque insultant de "bonne copine" de service.

A part ça, au final, rien à sauver de ce fiasco intégral et un doute qui s'installe: et si la critique avait raison depuis tant d'année en prétendant que Chatilliez méprisait autant son public que ses personnages ?
Je crains un effet boomerang sur ma vision de l'ensemble de ses films, désormais.
Il est ici tombé si bas qu'il en arrive même à égaler sa comparse Florence Quentin en terme de comédie de caniveau, ce qui n'est pas peu dire !

Zappons...

4 commentaires:

Phil Siné a dit…

c'est vrai que c'était assez raté... mais je crois me souvenir que j'avais été plus indulgent que toi... je ne sais plus exactement pourquoi...

Foxart a dit…

Bah, Lemercier, sans doute...
C'est vrai qu'on l'aime tellement en général que ça inspire une certaine indulgence...
Je vais me faire Le Petit Nicolas ce week end... on verra si je suis plus indulgent...

Eelsoliver a dit…

Une comédie musicale nullarde servie par un Chatilliez qui semble avoir perdu son froc en cours de route. Affligeant...

Foxart a dit…

Pas QUE son froc...
Affligeant est vraiment le mot !