14 février 2010

The Hunger

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Vraiment quel drôle de film que ce Mr Brooks !!

A première vue on sent bien qu'on risque de se farcir un énième chat Vs Souris entre un serial killer pervers et une fliquette qu'elle a plein de soucis perso mais qu'elle est plus maligne que les zôtres et qu'elle va bien lui niquer sa mère à la fin... Et puis... bah, on se trompe et, sans être un grand film, il est assez malin pour déjouer tous nos plans du mec qui croit avoir tout vu et réserve quelques très bonnes surprises...

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la première est dans la direction d'acteur: Kevin Costner, en vieillissant perd franchement de sa superbe et il est physiquement d'une fadeur incroyable, presque translucide... Lui confier le rôle est une bien meilleure idée que ce qu'il a pu prévoir. Il pensait probablement casser son image dans ce rôle de very bad, bad guy, mais c'est le metteur en scène (et co-scénariste) Bruce Evans, qui utilise cette fadeur avec beaucoup d'intelligence: le personnage est si terne qu'il en devient génial !
Ce qui est totalement inédit dans ce genre de rôle, que l'on confie souvent à des acteurs dotés d'un certain charisme ou d'un aspect plus repoussant... Ici, Costner, c'est totalement le "boring guy next door" et il ne brille par son charisme que pendant 10 secondes montre en main, lorsqu'il jouit de son premier meurtre. Pendant ces quelques instants, il sort de sa mono-expression monolithique et la métamorphose est d'autant plus impressionnante qu'elle est brève.
William Hurt, lui aussi, s'est mangé un méchant coup de vieux et, honnêtement, il est encore moins appétissant que son alter égo... ce qui convient tout aussi parfaitement à un rôle assez répugnant et casse gueule, puisque Mr Brooks est méchamment schizo et que William Hurt incarne le mauvais génie qui lui donne faim de meurtre ("the hunger", comme il dit) et l'abreuve d'excellents conseils stratégiques.
il cabotine juste ce qu'il faut pour faire contraste avec son autre "Moi" et ce parti pris très original et vraiment risqué - qui aurait pu être totalement ridicule et transformer le film en une absurde pièce de boulevard - finit par remporter l'adhésion: bien que bancale, cette drôle d'idée fonctionne vraiment bien à l'écran.

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Parlons deux minutes de Mrs Kutcher, Demi Moore, jolie femme au demeurant mais pas toujours très bonne actrice, pour rester poli...
Et bien encore une bonne surprise, Bruce Evans semble accorder beaucoup d'attention à diriger fermement ses acteurs et elle parvient du coup à être plus convaincante (et plus bandante !) que jamais dans un personnage qui se révèlera également plus complexe qu'il n'y parait au premier abord.

Vient se greffer sur cette histoire pas si classique de serial killer, un 4ème personnage (Dane Cook, excellent !), vraiment inattendu, de témoin gênant du premier meurtre mais qui (pour ne pas trop révéler le déroulement du récit) aspire à "changer de statut"...

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Le scénario est vraiment très bien écrit et réserve vraiment constamment de très bonnes surprises, les dialogues sont ad hoc, les acteurs formidables et malgré deux ou trois scènes ratées (Mr Brooks en larme... Costner pleure pas terrible... le "vrai/faux" rêve, procédé vraiment éculé et quelques maladresses dans les scènes avec Hurt...), il se révèle une très bonne surprise, un excellente série B assez originale et qui ne méritait ni le four historique dont elle fut victime et qui semble avoir mis un terme définitif (?) à la carrière de Costner, ni l'acharnement critique de l'époque.
Un petit film, certes, mais un très bon petit film qui mérite bien une seconde chance !




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