19 mars 2010

Les hommes (et femmes) de l'ombre

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Tout a déjà été dit, écrit et très bien dit/écrit sur The Ghost Writer et je crois avoir lu et entendu tant de dithyrambes (et de réserves... polies ou plus dégoutantes) que je suis vaguement à sec...
Je vais donc essayer de faire court:
C'est vrai que le film est formellement brillant, parfait et que du strict point de vue de la mise en scène, Polanski est cette fois au sommet de son art.

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C'est vrai aussi que les acteurs y sont vraiment étonnants, autant Brosnan que McGregor et que les actrices ne sont pas en reste.
C'est vrai que ces jeux permanents de chausse-trappes paranoïaques où l'on ne sait plus qui fait quoi, qui manipule qui, qui est le diable et qui est la caniche sont très réussis et assez réjouissants. L'emploi très malin de Kim Cattrall dans un personnage qui aurait pu ne faire que tapisserie - tant son incidence dans le récit est faible - mais qui apparait presque comme un personnage clef tout au long du récit démontre qu'il ne s'agit pas que de la malignité du scénario, mais bel et bien de l'intelligence des choix de casting, de direction d'acteurs et de mise en scène.

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La belle photographie anthracite, bleu pétrole et bitume mouillé de Pawel Edelman dans laquelle s'insère ces éléments récurrents qui vienne quasiment faire basculer le récit au bord du fantastique (les deux domestiques, leurs regards et actions étranges, le vieil homme joué par Eli Wallach, Kim Cattrall ambigüe et Olivia Williams pathétique et émouvante... ou réciproquement) achèvent de faire de ce film une œuvre d'exception.
Si l'on ajoute à cela deux ou trois moments de pure bravoure et de vraie jouissance cinéphilique hitchcokienne (les deux scènes du ferry, le GPS, le passage du message, à la fin...etc...) on devrait absolument tout avoir réuni pour que je saute au plafond...

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Alors qu'est-ce qui fait que, bien que je sois conscient de ses innombrables qualités, le film de Polanski ne m'ait pas transporté plus que cela...
Je l'ignore...

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Il en va des films comme des gens, ce sont souvent leurs défauts qui les rendent touchants et aimables. The Ghost Writer est sans doute un film trop parfait pour me faire bander franchement.
Et pourtant, je le vois bien qu'il est bandant...
Mais comme disait le poéte: "La bandaison, Papa, ça ne se commande pas"...


THE GHOST-WRITER - BANDE-ANNONCE VOST FR
envoyé par baryla. - Regardez des web séries et des films.

6 commentaires:

Phil Siné a dit…

si tu restes finalement moins enthousiaste que prévu, c'est peut-être à cause des moeurs douteuses de son réalisateur... héhé... (désolé, c'était trop tentant)

Foxart a dit…

Si tu fais allusion à ses origines juives, je trouve vraiment ce sous-entendu très déplacé... lol

Sans rire, j'ai lu hier dans Transfuge un article très intéressant sur le bouquin de Yann Moix, que je songe à scanner et à mettre en lecture ici.
Ça m'a vraiment donné envie de le lire... je l'ai commandé, du coup, on verra bien.
mais Yann Moix a trouvé une belle formule pour qualifier l'immonde cabale qui s'est propagée (et qui se poursuit, comme tu as pu le constater...) sur le Net: "L'e-meute", pas mal, non ?!

Phil Siné a dit…

mouais... en fait j'ai découvert dans sa fiche wikipédia (super référence !) que le réalisateur de "cineman" avait aussi soutenu une thèse sous la direction de JN Jeannenay ? étonnant...

Foxart a dit…

Euhhh je suis sensé savoir qui c'est ?
Tu sais Yann Moix est un personnage médiatique qui, la plupart du temps m'horripile.
Je l'ai aimé furtivement lorsqu'il a mis le nez d'Eric Zemmour dans son caca avec un grand aplomb qui m'a réjoui.
J'ai absolument détesté Podium et je ne suis pas assez maso pour m'être tapé Cinéman...
Je n'ai lu, jusqu'à présent aucun de ses livres...
Je vais inaugurer avec La Meute car le sujet m'intéresse, que la cause me passionne et que j'en ai plus que marre (tu l'avais sans doute flairé) de lire et d'entendre tout et n'importe quoi sur le sujet.
On verra bien ce que ça donne...
Je me fais opérer de ma hernie discale le 1er avril (pas une blague...lol) et je suis hospitalisé 4 jours j'emmène 4 livres: Claude de Nathalie Rheims que je n'ai toujours pas trouvé le temps de lire. Franny & Zooey + Nouvelles de Salinger et La Meute de Moix...
plus plein de DVD et mon ipod.. je pense que je devrais m'éclater !

Et puis après j'ai un mois de convalescence + un mois de réeducation, je vais avoir le temps d'en lire des livres, d'en voir des DVD et d'en écouter de la zik...
Par contre ceinture sur le ciné...

Faut que je me magne d'aller voir L'arbre et la forêt, Bus Palladium, La révélation, Shutter Island, Une éducation, L'arnacoeur , Mother, Gainsbourg vie héroïque et La reine des pommes, tout ça en dix jours, je sens que ça va être marathon à Lille ! lol

Knorc a dit…

Espèce de cinéphile frigide :)
Peut-être que tu es resté sur ta faim parce que le film se déroule très lentement, et qu'il n'y a donc pas 1000 péripéties ?
Enfin il faut le dire, les films qui nous font vraiment bander sont rares.

Foxart a dit…

Non, rien à voir avec le rythme...
Je pense que c'est le traitement assez cérébral et distancié que Polanski réserve à ses personnages qui m'a un peu tenu à distance.

Par exemple, la fin réservée à Mc Gregor ne fait ni chaud ni froid... juste un vague plaisir cynique, un truc de petit malin.

Je reconnais que la mise en scène est brillante et que j'aime beaucoup le film, mais peut-être est-il un peu surestimé à mon gout... Trop de dithyrambes ont peut-être faussé mon plaisir, va savoir...