13 avril 2010

Honey the cat is missing

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Avis à la population : Voici venir, from Canada, le film fantastique le plus déroutant et génial depuis les films de Richard Kelly (Donnie Darko, Southland Tales, The Box).

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Je serais très discret sur le pitch car il vaut, à mon avis, bien mieux être totalement vierge, comme je l'étais.
Le film étant vendu comme un film de zombies, je peux au moins vous dire que c'est une publicité assez mensongère car il s'agit bien plutôt là, d'un exercice de style plutôt intello et décalé que d'un pur film de zombie.

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Dès les premiers plans, on sent déjà une forte présence derrière la caméra, la mise en scène est d'une belle assurance, d'une maitrise étonnante et d'une efficacité redoutable.
Ce huis-clos hautement anxiogène de ces trois personnages (animateur, productrice et standardiste) enfermés dans une station de radio isolée par la neige brille par de nombreuses qualités: son originalité d'abord, pour ne pas spoiler, je n'en dirais pas plus mais, faites moi confiance, c'est du jamais vu. Certes au croisement de plusieurs films et l'on peut sans doute y voir un hommage très appuyé à John Carpenter dont il évoque autant, Assaut, The Fog que Prince des Ténèbres et dont le style brut de décoffrage est assez proche.
On peut aussi penser au premiers films de Cronenberg (Frissons, Rage, Chromosome 3, Scanners...)

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L'utilisation quasi permanente du hors champ est une idée géniale, en effet on ne verra au final que très peu de choses et tout passera par la bande sonore ou par le récit. C'est un film sur le langage qui utilise le plus souvent les mots pour créer la peur.

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Et c'est un beau film très théorique sur les mots, les malentendus et l'incompréhension qu'ils peuvent créer et sur les guerres provoquées par les humains. Si je vends un peu la mèche, je peux vous dire que seule la langue anglaise est nocive et que l'Afghanistan, Le Moyen-Orient, le terrorisme ou Ben Laden sont souvent directement évoqués dans le film.

De là à penser que ce cinéaste canadien aurait des comptes à régler avec les États Unis d'Amérique, il n'y a qu'un que je serais bien tenté de franchir.

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Le film est proprement captivant et même souvent terrifiant sans jamais user d'effets faciles et il opère dans sa dernière partie un virage très inattendu et déconcertant dans un humour très pince sans rire (L'arrivée du Dr Mendez, les scènes en français...) et dans un surgissement plus ostentatoire d'un arrière plan politique et surtout philosophique sur le langage qui en laissera sans doute certains comme deux ronds de flan.
Il serait même étonnant que ce film fasse l'unanimité, notamment parmi les fans du genre.

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Il est pour moi ce que j'ai vu de plus original et singulier depuis bien longtemps dans le genre et un des films "d'horreur" les plus flippant et enthousiasmant des années 2000.
Rien de moins !


1 commentaire:

Phil Siné a dit…

dis donc tu l'avais vu bien en amont celui là... ;)
alors moi je "spoile" un peu plus dans ma chronique, c'est vrai que c'est sans doute mieux de ne pas trop en savoir avant de voir le film... en tout cas tout à fait d'accord pour les perspectives philosophiques... ce film pourrait etre montrer en classe ! ;)