10 mai 2010

La grenouille et le boeuf



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Un étrrrrrrange guerrier mutique (mais pas muet par ce qu'il devient télépathe dans la deuxième partie du film) et borgne, après s'être échappé de l'esclavage auquel il était soumis pour servir de pitbull dans des combats sanglants (???), se joint à une bande d'allumés de Dieu, venus prêcher la bonne parole chrétienne à ces barbares primitifs de vikings.
Ils les entrainera dans les terrrrrrritoires inconnus zet sauvageuuus du trou du cul du Danemark afin de leur faire vivre un enfer, les emmenant activement ou passivement à la mort, un à un, jusqu'au dernier...

Voila, voila... tout est dit, la totalité du scénario est résumée ici en cinq lignes et le film ne développe rien d'autre que cela sur les interminables 90 minutes (qui en paraissent facilement le triple...) que dure cette invraisemblable purge.

Pour le reste, ça lorgne évidemment du coté du Herzog d'Aguirre, La colère de Dieu pour le récit et les vélleités contemplatives et sans doute également vers le cinéma de Bergman, tendance Le 7ème sceau. Peut-être même faut il y voir un hommage au cinéma panthéiste de Terrence Malick ? Rien que ça...

Nicolas Winding Refn ne doutant absolument de rien et visiblement pas de son génie...



Alors il nous abreuve de cadrage trop léchés, totalement dénués de vie, d'âme et de chair.
Il nous inonde de ces artificiels plans de visages en très gros plan, bord cadre, se détachant "esthétiquement" sur des fonds de paysages brumeux des montagnes, des forêts et des fjords danois.
Il nous englue de ces silhouettes hiératiques, des airs ténébreux et inspirés de ses comédiens (tous mauvais et qui ont surtout l'air de se faire chier autant que nous) et il nous assène avec la régularité d'un métronome des plans cut fulgurants de bastons sauvages ou de ces furtives et rougeoyantes images flash "oniriques" qui font sursauter à chaque fois.

Car, le très talentueux réalisateur et conteur de la trilogie Pusher, d'habitude si électrique et violent, nous avait habitué à une mise en scène frénétique mais qui ne négligeait ni les acteurs, ni les personnages, ni - encore moins - son récit, principal atout de ces trois films.

Ici, tout indique que le bonhomme a d'autres prétentions et d'autres velléités (je n'irais pas jusqu'à parler d'ambition) et que Valhalla Rising souhaiterait s'imposer comme un Aguirre version scandinave, se préoccupant davantage de la forme que du fond et étalant une esthétique pour le moins surannée, poseuse et discutable.

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Sauf que, visiblement, il n'a absolument rien compris à ce qui fait le génie et la force du film d'Herzog ou de ceux de Bergman et qu'il semble avoir incroyablement peur du vide...
Quand on s'ennuie à ce point pendant une projection, on a du temps à perdre à décortiquer la mise en scène et on peut même compter les secondes qui s'écoulent.
Or, après quelques minutes c'est ce que j'ai fait: j'ai compté...
et j'ai constaté qu'il n'y a pas un seul plan dans le film qui dure plus de 10 secondes...
Comment installer une vraie lenteur et une vrai contemplation sans oser poser son plan dans la durée ?
Là où, Herzog, justement, ne craignait pas les interminables plans séquences qui faisaient la force et le génie même d'Aguirre
Le cadrage de chacun des plans est ici tellement précieux qu'il en devient ostentatoire, dans un premier temps, et rapidement, l'effet devient risible...
Les visages semblent totalement désincarnés et les plans archi-serrés sont trop furtifs pour qu'on puisse en explorer vraiment l'intériorité. Cela prend même assez vite les airs d'une hilarante parodie bergmanienne...(j'ai eu un vrai fou rire nerveux de dix minutes pendant la projection !)

Quand aux scènes de combats, d'une violence inouïe, qui ponctuent le film et les inserts rouges oniriques ridicules, s'il parviennent vaguement à nous faire sursauter et à nous sortir de notre torpeur, ils semblent tellement hors sujet que l'impression qui s'en dégage et celle d'un grand n'importe quoi.

Le tout est assaisonné d'une musique ambient sourde et atmosphérique agrémentée du souffle permanent du vent qui devient assez vite horripilante et qui, en prime, va crescendo tout au long du film jusqu'au climax final, pour notre plus grand malheur, évoquant les bandes sonores des plus mauvais nanards d'horreur (surtout dans les gros plans du borgne avec son maquillage digne d'une vieux Fulci fauché...) et mystérieusement tourné en langue anglaise...



Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu un film aussi prétentieux, long, con, chiant et raté que celui là, auquel je n'ai trouvé (et j'ai pourtant eu le temps de chercher...) vraiment aucune qualité, ni aucune circonstance atténuante.

Un conseil: épargnez vous cette purge !

16 commentaires:

eelsoliver a dit…

Pas vu mais je n'ai entendu que du bien (et vraiment que du bien) sur le guerrier silencieux. Pour ça que je suis surpris de lire une chronique aussi négative.

Foxart a dit…

Oh que non, les mauvaises critiques de ce film sont légion sur le net autant que dans la presse mais étant fan je n'ai pas voulu les croire et je me suis dit: "c'est tous des cons, ce film EST pour moi et je vais adorer ça..."

et bien si je m'était attendu à un tel nanard... je me serais vraiment épargné ça... Maintenant, si le coeur t'en dit...
Mais ne vient pas te plaindre, tu as été prévenu ! lol

Foxart a dit…

En voila une autre, estimable et qui dit globalement la même chose que moi:

http://www.toujoursraison.com/2010/03/le-guerrier-silencieux-valhalla-rising.html

Foxart a dit…

Autre mauvaise critique ici:

http://www.surlarouteducinema.com/archive/2010/03/25/le-guerrier-silencieux-valhalla-rising-de-nicolas-winding-re.html

Foxart a dit…

Quelques autres:

http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/43156/article/le-guerrier-silencieux-valhalla-rising/

http://www.humanite.fr/2010-03-10_Cultures_Par-ici-les-sorties

http://www.chronicart.com/cinema/chronique.php?id=11671

un phrase très juste sorti de celle ci: "Ne produit pas de l'image mais de l'imagérie"

eelsoliver a dit…

Bah justement, j'ai lu d'autres critiques sur le net, notamment la blogosphère qui étaient vraiment élogieuses.
Après, je ne sais pas, je ne l'ai pas vu mais j'aime bcp ce réalisateur pour Bronson et la trilogie Pusher. Donc oui j'ai envie de voir son dernier film.

eelsoliver a dit…

sinon, merci pr les autres liens que je vais aller explorer...

Foxart a dit…

Moi aussi, j'adore la trilogie Pusher et les critiques lues chez Phil Siné et Laterna Magica m'avait conforté dans mon envie...
Aujourd'hui, quand je relis leur critique, je les trouve très naïfs, car j'ai désormais la certitude que Nicholas Winding Refn est un prétentiard et un imposteur.
Mais tu te feras ton opinion toi même.
Je te souhaite en tous cas bien du courage, parce que dans le genre chiant, ça se pose là !

eelsoliver a dit…

je te trouve tout de même un peu sévère enves ce réal: en admettant que son dernier film soit mauvais, je crois que n'importe qui peut se trouer...
Aprè, bah faut que j'arrive à le voir, ta critique m'a un peu refroidi, je dois l'avouer...
Sinon, rien à voir, mais tu m'as souvent parlé de A serbian film, achète le dernier numéro de Mad Movies si tu veux avoir plus de précisions sur ce film.

Foxart a dit…

Je ne m'estime pas sévère du tout... ce film est vraiment ce que j'ai vu de pire depuis des années... Je te jure que je n'en croyais pas mes yeux !
On était en couple et on a tous les deux ressenti exactement la même chose... et vu la tronche des gens qui sortaient de la salle, je pense qu'on était pas les seuls !
Certes, aucun cinéaste même parmi les plus grands n'est à l'abri d'un ratage, d'un mauvais film...

Mais celui ci, en plus d'être atrocement mauvais, est absolument antipathique, d'où l'absence de circonstance atténuantes...
Détestable !

J'achète mad Movies chaque mois depuis le N°1 ! ;-)
Je ne savais pas que le nouveau numéro était sorti... c'est quoi le DVD du mois ?

Phil Siné a dit…

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

eelsoliver a dit…

le dvd du mois de Mad Movies se nomme the mother, connu aussi sous le nom de baby blues. Je l'ai déjà regardé et j'ai bien aimé.

Foxart a dit…

Oui, je viens de l'acheter...

Par contre les critiques que j'ai glané par ci par là sur le net sont très mauvaises.
A toi désormais, donc, d'inverser la tendance.

pinksataniste (c) a dit…

On ne lit que des avis radicaux sur ce film ; pour autant, jamais -ou rarement- expéditifs, tant chacun semble avoir son mot -et même davantage- à dire. Je reconnais que malgré tout ce "valhalla rising" m'attire encore. Et puis s'il est suffisamment grotesque pour susciter un fou rire nerveux d'une dizaine de minutes (tout de même, c'est exceptionnel), je crois que de toutes les façons possibles il en vaut la peine !

pinksataniste (c) a dit…

On ne lit que des avis radicaux sur ce film ; pour autant, jamais -ou rarement- expéditifs, tant chacun semble avoir son mot -et même davantage- à dire. Je reconnais que malgré tout ce "valhalla rising" m'attire encore. Et puis s'il est suffisamment grotesque pour susciter un fou rire nerveux d'une dizaine de minutes (tout de même, c'est exceptionnel), je crois que de toutes les façons possibles il en vaut la peine !

Foxart a dit…

Bah, dix minutes dans le temps étiré du film, très très long (malgré sa courte durée), j'ai peut-être un peu exagéré lol

5 minutes tops !
Et mon copain, qui m'accompagnait n'a pas ri du tout, lui...
Mais il m'en a carrément voulu de l'avoir trainé dans cette galère...

mais bon, si le cœur t'en dit, go ahead !

Mais ne viens pas te plaindre après lol

tu auras été prévenu...
pour moi c'est vraiment un affreux navet, creux, prétentieux, moche, con et chiant.
CQFD...