21 septembre 2010

Contre toute attente




Je n'étais pas un grand fan de Bienvenue chez les Ch'tis que je trouvais mièvre et qui ne décollait jamais vraiment. Le deuxième film de Dany Boon n'était certes pas une bouse à la Oteniente, mais sa banalité était telle que j'ai encore du mal à comprendre le succès phénoménal qu'il a remporté.
Bonne nouvelle, son prochain film, Rien à déclarer, (pas encore de date fixée pour la sortie, mais présenté lors de projections test par Pathé) est une comédie d'un tout autre niveau !

Ça démarre pourtant assez mal avec des numéros répétitifs d'un Poelevoorde en roue libre dans le rôle d'un douanier belge xénophobe, totalement hystérique et violemment anti-français.
Le premier quart d'heure laisse craindre le pire et n'est jamais drôle... Et puis, lorsque se met en place une sorte de buddy movie "forcé" à la française, l'alchimie entre les deux acteurs rappelle un autre fameux tandem, celui de Bourvil et De Funes chez Oury. Il faut bien dire que le Boon s'avère ici vraiment formidable et qu'il compense le surjeu de son compère par une sobriété vraiment bienvenue.
Et, même si ce type de cinéma n'est vraiment pas ma came, à priori, je serais bien mal venu de jouer les pisse-froid car j'y ai franchement ri à gorge déployée...
Toutes les scènes de Bruno Lochet, notamment sont absolument tordante et La Karin Viard s'avère vraiment savoureuse dans ce rôle décapant.
La mièvrerie des Ch'tis a ici laissé plus de place à une certaine acidité et le film a l'intelligence de ne jamais s'en départir, y compris lors d'un final surprenant tant on attendait la sempiternelle rédemption du con... Ici, le connard fini joué par Poellevoorde, restera au final un fieffé trou du cul, ce qui est plutôt réjouissant.
La mise en scène, plus soignée que pour les Ch'tis ne touche pas au génie mais le film parait nettement moins baclé, l'image est assez belle, et les décor du "no man's land" semblant figé dans les 60's est drôlement joli. Même la musique est savoureuse...
Voila donc un très aimable spectacle familial, qui ne confond jamais populaire avec populisme, ce qui, au vu de l'immense médiocrité globale de la comédie française, est plutôt rare et réjouissant. Je lui souhaite le même succès qu'aux Ch'tis, il le mérite bien davantage, c'est sur !!!
Comme quoi, quand on attend vraiment rien d'un film, on a parfois de bonnes surprises...







L'attente, en revanche, concernant Romain Gavras, était autrement plus grande (Cf, ici...)
Et la déception n'en est que plus grande...
Il faut bien dire que si le film lorgne du coté décalé du Blier des Valseuses tout en gardant le style un peu plus martial qui faisait la marque des clips de Gavras, il n'en a malheureusement pas le talent ni de dialoguiste, ni de scénariste...
On pourrait aussi penser à un Baise moi au masculin mais auquel il manquerait l'énergie atomique et ce sentiment de fuite en avant et son émotion explosive.
On ne peut nier la force visuelle de certaines séquences, et notamment de la fin, mais il se dégage très vite un sentiment de vide abyssal, comme si, derrière la façade, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la queue, sous le poing, sous la dent ni dans la cervelle... Juste un peu dans les oreilles, car il conviendra tout de même, au passage, de saluer la musique du film, très réussie, de SebastiAn
Mais cette espèce de parabole de la différence, évoquant de manière récurrente l'exclusion, les discriminations, les communautarisme (gay, islamique, juif, arabe, etc...) au travers d'une communauté "sans patrie, sans langue et sans armée" fini par se mordre la queue, tourner à vide et s'avère d'un ennui mortel.
Gavras avait déjà montré des limites à étendre ses formats courts sur la durée d'un long métrage avec l'exécrable doc A cross the universe sur la tournée de Justice qui enfilait de manière incohérente et vaguement nihiliste des séquences dont le seul intérêt semblait être de réduire la vie d'une tournée au vieux mythes rances du "Sex, drugs & Electro".
Notre jour viendra est, hélas, encore un éclatant aveu d'impuissance et il faut bien reconnaitre que, si le numéro de Vincent Cassel amuse, la seule chose que l'on ait envie de défendre dans le film est qu'il montre, après Sheitan, l'éclosion d'un immense comédien, qui ici encore crève l'écran: Olivier Barthelemy, et qui évoque des corps tels que ceux de Dewaere ou Depardieu, justement, à l'époque des valseuses. Un peu comme une synthèse des deux, entre fragilité quasi féminine et virilité massive.
Une vraie révélation et un acteur à suivre... de très près...


12 septembre 2010

Cher ChaCha,



Je vous ai beaucoup aimé pour votre humour ravageur et votre gout très prononcé pour l'ironie et la bonne vanne... Votre dernière n'est pas vraiment à la hauteur de votre réputation. Elle est même pour le coup assez mauvaise.
Je ne crois pas avoir connu un cinéaste plus sympathique que vous, goguenard, poilant mais surtout très talentueux... Des navets, de votre propre aveu, vous en avez réalisé une flopée... Mais l'essentiel de votre œuvre reste très fréquentable et elle fut éclairée régulièrement de très grands films et même parfois de quelques fulgurances touchant au chef d'œuvre.



Une œuvre aussi copieuse et généreuse ne pouvait certes être sans échecs, mais vous avez indéniablement marqué cette génération de la Nouvelle Vague et le cinéma français de vos satires féroces de la bourgeoisie, de vos études de mœurs au vitriol et de quelques drames magnifiques, polar vinaigrette ou comédies acides, devenus depuis de véritables classiques (Que la bête meure, Le Boucher, Une affaire de femmes, Madame Bovary, Docteur Popaul, Violette Nozières, La cérémonie, Merci pour le chocolat, Landru...j'en passe et des meilleurs !).
La dernière fois que je vous avais vu et ADORÉ, c'était dans votre hilarante et inattendue apparition dans le merveilleux Gainsbourg, vie héroïque, de Joan Sfarr, reprenant à la volée et avec délice un rôle initialement prévu pour... Catherine Deneuve...
Votre bonhommie, votre réputation de gourmet, de jouisseur, votre érudition, aussi et notamment en matière de cinoche, faisaient de chacune de vos interventions des moments délicieux, riches, précieux autant que drôles...



Vous avez contribué à faire émerger des acteurs inoubliables, tels que Jean-Claude Brialy, Stéphane Audran, Bernadette Lafont... Et vous avez offert à la grande Huppert quelques uns de ses plus beaux rôles...

Je n'ai toujours pas vu (honte sur moi !) ce qui restera désormais votre dernier film au cinéma, Bellamy, mais je vais me faire ça rapido...



Truffaut, Demy, Louis Malle & Eustache disparus prématurément... Rouch, Rohmer et Claude Berri dernièrement... La Nouvelle Vague se vieillit et s'éteint doucement... Rivette, Rozier, Resnais, Godard et Varda doivent désormais se sentir bien seuls et un peu serrer les fesses...
Huppert doit se sentir orpheline... Et j'avoue partager amèrement ce sentiment...
J'aurais bien aimé finir sur une boutade pour vous revoir vous marrer dans vos moustaches... Mais je n'y arrive guère... désolé... Car votre mort me fait vraiment trop chier et je lui dis bien des choses !!!


03 septembre 2010

Marché aux poissons et foire aux nichons

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C'est donc plié : grosse sortie commerciale survendue (et bénéficiant d'un stupéfiant soutien critique...) de la rentrée Piranhas 3D n'est rien d'autre qu'un gros thon et ne va me réconcilier ni avec Alexandre Aja, ni avec les frères Weinstein, ni avec une 3D une fois de plus absolument fatigante, totalement moche et complétement inutile.

Véritable festival d'effets gores bâclés, humour hétéro beauf des plus bourrins, gags systématiquement téléphonés (Un seul éclat de rire sur 90 mn, c'est peu pour un film se revendiquant "fun, fun, fun !!!"), scénario inexistant, vague resucée de Jaws 2 (déjà pas fameux...) et de toutes les nanards ritals qui ont suivi...



Et qu'on ne vienne pas me parler d'hommage joyeux au cinéma de genre car les caméos sympathiques des Dreyfus ou Eli Roth ne parviennent à masquer ni la putasserie du projet, ni son incroyable platitude inversement proportionnelle à la taille des bonnets des innombrables pétasses qui s'y trémoussent...




A réserver, donc, aux ados boutonneux hétéro beaufs amateurs de gros nichons... A qui je conseillerais cependant de se pencher davantage sur la filmo de Russ Meyer autrement plus marrante et inspirée... Quand aux autres, à moins d'être un amateur pervers de ce genre de série Z au budget de méga-blockbuster, vous pouvez facilement passer votre chemin: vous avez déjà vu ça mille fois, mieux filmé (Spielberg...et Russ Meyer), plus marrant (Joe Dante... et Russ Meyer), plus sympatoche (les dits nanards ritals et Russ Meyer) et plus bandant (Bah... Russ Meyer !)


Le mauvais placement de la semaine !!!

Et dire que pour voir cette bouse humide, j'ai écarté Oncle Boonmee, Le bruit des glaçons, American trip et Be Bad ! de mes choix du jour... Ce que je peux être con, parfois...