30 novembre 2010

Six feet under



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Buried n'est pas un film totalement dénué de qualités, notamment dans le fond et son discours assez intéressant sur la valeur de la vie humaine (irakienne autant qu'américaine) face à des enjeux économiques, diplomatiques, politiques, juridiques, médiatiques, etc...

Mais le procédé ne tient hélas pas sur la longueur notamment à cause d'un très mauvais scénario entre 24 heures chrono pour le meilleur et Phone game pour le pire... beaucoup de scènes sont absolument ridicules et suscitent le rire de manière visiblement involontaires d'autres tentent de relancer l'action (faible dans un espace aussi réduit) par des "évènements" extérieurs... ou intérieurs souvent totalement bidons et qui cassent le concept comme si le réal avait eu peur du VRAI film claustro et lent qu'on aurait pu attendre..
Sans trop en dire, une scène d'action pure est tentée avec un serpent qui est vraiment nullissime et ce genre de fausses bonnes idées de scénario pullulent... pour ceux qui l'ont vu... le coup du doigt, notamment atteint un tel degré de bidonnage !


Ryan Reynolds est par contre très bon(dans tous les sens du terme)... et le dernier quart d'heure est en revanche plus réussi...
Mais le ratage est quasi total... pas au point de Phone game, n'exagérons rien, mais c'est tout de même très dispensable et peut-être même plus intéressant en télé sur un format plus réduit, l'effet claustro sera peut-être supérieur que sur grand écran.

07 novembre 2010

Baissez vos frocs, c'est un hold up !!!


Voila une nouvelle preuve flagrante des petits arrangements de nos chers dirigeant avec le système et ses lois.
Les maires de nos villes, nos députés, nos ministres et nos chef d'état seraient-ils des gangsters modernes, une belle association de malfaiteurs en col blancs ?
Un véritable hold up légal...

C'est tout de suite et c'est dans ton cul !

Penchez vous !

01 novembre 2010

L'un reste, l'autre part




J'avais lu à la sortie du dernier film de Christophe Honoré, une critique de Jean-Marc Lalanne dans Les Inrocks que j'avais trouvé très belle et inspirée. De ces critiques qu'il devient de plus en plus rare d'avoir le plaisir de lire dans la presse écrite.
Je viens de voir le film, que j'ai également beaucoup aimé et je me souviens encore de cette critique à laquelle j'adhère désormais totalement.


Comme il s'agit d'un film assez complexe sur lequel j'ai un peu de mal à exprimer un avis intelligent et construit (en admettant que je sache le faire dans l'absolu...), je vais faire une chose pas bien du tout, mais, bon... Une fois n'est pas coutume...
je vais vous offrir en lecture la belle critique de Jean-Marc Lalanne, en espérant qu'il ne m'en voudra pas de le pomper ainsi et que vous aurez autant de plaisir que moi à la lire.

Et en espérant que ce film saura ou aura su vous toucher de cette belle manière.


Homme au bain est le journal d’une rupture. Omar et Emmanuel vivent ensemble, dans une cité de Gennevilliers. Leur histoire d’amour tire la langue. Omar doit partir huit jours à New York en reportage sur la tournée promo d’une actrice française (Chiara Mastroianni dans son propre rôle). Il enjoint Emmanuel de mettre ce temps à profit pour quitter les lieux.

Amorcé par une séparation, le récit se poursuit en montage alterné, à la fois ici et là-bas, où les blessures ne cicatrisent pas à la même vitesse. A Gennevilliers, Emmanuel est vide. C’est un boxeur sonné par la menace d’abandon, une masse lourde emmurée dans le chagrin. Mais ce trou noir de tristesse amène à lui d’autres planètes, toute une constellation de garçons de passage et d’occasionnels copains de baise.

A New York, Omar est plein. Il travaille, copine avec une vedette, a un coup de foudre pour un jeune Américain. Si l’énergie d’Emmanuel est centripète (il attire les autres à lui par aimantation), la force d’Omar est centrifuge. A New York, le film passe en effet en mode Cloverfield ; tout est vu désormais à travers la petite caméra tressautante d’Omar qui, tout à l’ivresse de la réussite, du travail et du coup de foudre, disparaît dans ses images, fusionne avec tout ce qu’il regarde.

L’un souffre, l’autre pas. L’un baise par désarroi avec beaucoup de monde, l’autre avec exaltation d’avoir fait la bonne rencontre. Sauf que, bien sûr, rien n’est si simple. La mécanique sourde du récit consiste à déplacer cette ligne de partage. Plus Emmanuel baise sans élan et plus il se reconstruit, là où Omar, dans son tourbillon de paillettes, n’a peut-être étreint que des images. Quelque chose se brouille alors dans la chaîne des responsabilités. Qui quitte qui ? Et qui aime encore ? Qui se sauve et qui s’étourdit ?

Pour l’un, la rémission est très lente. Pour l’autre, la conscience de la perte est tardive et très brutale. Cette instabilité de l’attachement amoureux, Christophe Honoré en est l’un des plus fins analystes. Mais le film opère aussi une avancée sur un territoire que le cinéaste avait un peu déserté depuis Ma mère : celui de la représentation des rapports sexuels. On baise beaucoup dans Homme au bain : de façon tendre mais aussi violente, très joyeuse mais aussi très mélancolique. Et, du désir au désespoir, le film propose un tour étonnamment exhaustif de tous les états (sensibles) dans lesquels nous plongent des ébats (sexuels). Avec, à chaque fois, une acuité stupéfiante pour capter les gestes par lesquels se manifestent les sentiments. Un dos de main qui frôle un torse pour signifier une séparation, un slip jeté vers l’amant avant l’étreinte, une fessée ludique qui dégénère en affrontement, un garçon qui rase l’anus de celui qu’il veut pénétrer : le film est d’une justesse inouïe sur l’intimité sexuelle, cet endroit où le moindre geste est chargé de la plus grande plénitude émotionnelle.

Le film bénéficie bien sûr de l’aisance de la star du X gay François Sagat à jouer nu, à jongler avec toutes les positions sexuelles, mais il le projette aussi dans des représentations du sexe que le porno n’autorise pas, plus troublantes, plus ambivalentes – comme dans cette très tendre scène de bondage avec des bandes Velcro. Homme au bain est aussi un beau portrait de la personne François Sagat, filmé comme une icône et au-delà de l’icône, révélant, à côté de ses compétences de hardeur, son aptitude au dessin, ses talents de danseur, comme dans une scène hommage à la chorégraphie devant miroir de Leslie Cheung dans Nos années sauvages.

Mais surtout, le film transperce la cuirasse de muscles pour isoler chez son modèle une fragilité de petit garçon, quelque chose d’opaque et de rentré, d’infiniment émouvant. Il campe alors, avec une infinie délicatesse, comme dans la chanson de Kate Bush interprétée a capella dans le film, la figure d’un Man With a Child in His Eyes.


Jean-Marc Lalanne in Les Inrockuptibles - Septembre 2010 - Source Les Inrocks.com