31 janvier 2011

Le Criquet : le ciné des tout petits


Après les quatre DVD de La Petite taupe de Zdeněk Miler ayant permis de redécouvrir une cinquantaine de court métrages consacrés à ce désormais célèbre personnage, Arte continue d'exhumer l'œuvre mineure quoique charmante de ce petit maitre tchèque avec ces 7 courts métrages nous contant les aventures d'un personnage assez similaire: Le Criquet violoniste.


Ce petit personnage facétieux s'adresse évidemment à un très jeune public et il faut saluer pour cela Arte vidéo qui se montre un éditeur doublement audacieux dans la démarche qui consiste à la fois à éditer des films venant du monde entier (Iran, Corée...) et notamment de pays dont on ne fréquente généralement pas la cinématographie d'animation et qui propose en prime des films destiné spécifiquement aux tout petits, dès 2 ans.


En effet, les films d'animation sont extrêmement nombreux et variés (Animation classique, 3D, 3D relief, Stop motion, Clay motion...) et il en existe une offre considérable, notamment venue des Etats Unis et du Japon mais bien peu de ces films s'adressent spécifiquement aux très jeunes enfants.


Les films de Miler ont le mérite d'être d'une grande simplicité narrative, d'être totalement sans dialogues, uniquement ponctués d'onomatopées et représentent un monde très doux, rassurant et apaisant. Il conviendra donc parfaitement à de très jeunes spectateurs et offre une avantageuse alternative à ce que la télévision française peut projeter de bien médiocre avec ses Télétubbies & consorts.


Ce Criquet (1979) est très semblable en bien des points à la Petite Taupe. Les décors très picturaux et joliment surannés - à la limite du kitsch - évoquant une certaine tradition de l'animation soviétique mais la simplicité extrème et les coloris très tranchés des personnages semble en opposition totale avec cette tradition.


C'est d'ailleurs là le principal bémol du film car celui ci souffre évidemment de la comparaison avec un des grands maitres de l'animation russe de l'époque: Youri Norstein et son merveilleux Le Conte des contes (1979) auquel malheureusement le cinéma de Miler n'arrive pas à la cheville.

Il reste néanmoins une vraie proposition d'animation des pays de l'Est de ces années là, dont la simplicité extrême est finalement assez reposante et même rafraichissante en ces temps où l'animation semble vouloir conquérir le jeune public à coup de sensationnalisme tout en racolant les parents avec un humour décalé.


Ici, les parents s'ennuieront peut-être ferme mais leur rejetons devrait se régaler des mignonnes aventures du petit Criquet, gentiment pédagogiques et totalement légères... (à réserver aux moins de 6/7 ans, par contre...)


En guise de bonus une série d'extraits de films nous donne un aperçu de l'ambition et de l'audace de la collection Enfants des Editions Arte qui avec des titres comme le sublime Pierre & le loup, Petit à petit, La planète sauvage, Desmond et bien d'autres donneraient presque envie de faire des petits ou plus simplement de retomber en enfance pour se faire toute la série.



Durée environ 40 minutes
Sortie en DVD le 02 février 2011
Edité et distribué par Arte vidéo
Prix conseillé 9,90€


21 janvier 2011

Césars 2011 - Toutes les nominations

Un point sur les nominations pour les Césars 2011

L'absence incroyable de Vénus Noire, de Liberté, d'Amer, Enter the void, La comtesse, La reine des pommes & de White Material choque et surprend... Et l'omniprésence de L'Arnacoeur ne fait qu'en rajouter une couche...
Amalric, Beauvois & Polanski se partage l'essentiel du gâteau et devrait tous gagner quelques trophées, mais ils sont talonnés par quelques beaux outsiders, dont le merveilleux Le Nom des gens
& Gainsbourg, vie héroïque... Suspense...

Meilleur film:

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"L'ARNACOEUR" produit par Nicolas Duval Adassovsky, Yann Zenou, Laurent Zeitoun, réalisé par Pascal Chaumeil
"DES HOMMES ET DES DIEUX" produit par Pascal Caucheteux, Grégoire Sorlat, Etienne Comar, réalisé par Xavier
Beauvois
"GAINSBOURG (VIE HÉROÏQUE)" produit par Marc du Pontavice, Didier Lupfer, réalisé par Joann Sfar
"MAMMUTH" produit par Jean-Pierre Guérin, Benoît Delépine, Gustave Kervern, réalisé par Benoît Delépine,
Gustave Kervern
"LE NOM DES GENS" produit par Caroline Adrian, Antoine Rein, Fabrice Goldstein, réalisé par Michel Leclerc
"THE GHOST WRITER" produit par Robert Benmussa, Alain Sarde, réalisé par Roman Polanski
"TOURNÉE" produit par Laetitia Gonzalez, Yaël Fogiel, réalisé par Mathieu Amalric

Mon coeur bat pour Tournée, Le Nom des gens et Gainsbourg, mais The Ghost writer devrait l'emporter...


Meilleur réalisateur:

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MATHIEU AMALRIC pour "Tournée"
OLIVIER ASSAYAS pour "Carlos, le film"
XAVIER BEAUVOIS pour "Des hommes et des dieux"
BERTRAND BLIER pour "Le bruit des glaçons"
ROMAN POLANSKI pour "The Ghost Writer"

Ici aussi Polanski devrait écraser la concurrence, et ce n'est que justice...


Meilleure actrice:


ISABELLE CARRÉ dans "Les Émotifs Anonymes"
CATHERINE DENEUVE dans "Potiche"
SARA FORESTIER dans "Le nom des gens"
CHARLOTTE GAINSBOURG dans "L'arbre"
KRISTIN SCOTT THOMAS dans "Elle s'appelait Sarah"

Ma préférence va sans réserve à l'extraordinaire Sara Forestier mais elle devrait se faire souffler la statuette par la géniale Catherine Deneuve, concurrente de poids cette année... 3 comédies nominées, belle surprise !

Meilleur acteur:

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http://img412.imageshack.us/img412/7049/sergegainsbourgvieheroi.jpg
GÉRARD DEPARDIEU dans "Mammuth"
ROMAIN DURIS dans "L'arnacoeur"
ERIC ELMOSNINO dans "Gainsbourg (vie héroïque)"
JACQUES GAMBLIN dans "Le nom des gens"
LAMBERT WILSON dans "Des hommes et des dieux"

Elmosnino est gigantesque... Et Gamblin n'a jamais été meilleur... Duris par contre aurait pu être nominé pour L'homme qui voulait vivre sa vie, c'eut été plus logique...

Meilleure actrice dans un second rôle:

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ANNE ALVARO dans "Le bruit des glaçons"
VALÉRIE BONNETON dans "Les petits mouchoirs"
LAETITIA CASTA dans "Gainsbourg (vie héroïque)"
JULIE FERRIER dans "L'arnacoeur"
KARIN VIARD dans "Potiche"

Anne Alvaro impériale eclipse toutes les autres, dommage pour Valérie Bonneton, que j'adore et qui mériterait enfin une vraie reconnaissance...
Et je regrette l'absence de Michèle Moretti dans Le Nom des gens...
Et de Myriam Boyer dans Le Bruit des glaçons...
Et de Kim Catrall dans The Ghost Writer...

Meilleur acteur dans un second rôle:

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NIELS ARESTRUP dans "L'homme qui voulait vivre sa vie"
FRANÇOIS DAMIENS dans "L'arnacoeur"
GILLES LELLOUCHE dans "Les petits mouchoirs"
MICHAEL LONSDALE dans "Des hommes et des dieux"
OLIVIER RABOURDIN dans "Des hommes et des dieux"

Michael Lonsdale devrait l'emporter et c'est franchement mérité. Gilles Lellouche aurait sans doute gagné à être nominé pour A bout portant, et Olivier Rabourdin, magnifique lui aussi n'a que peu de chances...

Meilleur espoir féminin:

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LEÏLA BEKHTI dans "Tout ce qui brille"
ANAÏS DEMOUSTIER dans "D'amour et d'eau fraîche"
AUDREY LAMY dans "Tout ce qui brille"
LÉA SEYDOUX dans "Belle épine"
YAHIMA TORRÈS dans "Vénus noire"

Léa Seydoux est vraiment excellente dans Belle épine et elle a des appuis dans le métier, mais Yahima Torres est LA SEULE NOMINATION de Vénus noire et sa performance y est absolument magistrale !

Meilleur espoir masculin:

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ARTHUR DUPONT dans "Bus Palladium"
GRÉGOIRE LEPRINCE-RINGUET dans "La princesse de Montpensier"
PIO MARMAÏ dans "D'amour et d'eau fraîche"
RAPHAËL PERSONNAZ dans "La princesse de Montpensier"
EDGAR RAMIREZ dans "Carlos, le film"

Grégoire Leprince-Ringuet a largement dépassé le stade de l'espoir et il serait injuste que le César lui échappe... Mais le buzz autour de Raphaël Personnaz est immense... en tous cas, les autres ont bien peu de chances...
Et James Thiérrée... bel oublié !

Meilleur scénario original:

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MATHIEU AMALRIC, PHILIPPE DI FOLCO, MARCELO NOVAIS TELES, RAPHAËLLE VALBRUNE pour "Tournée"
BERTRAND BLIER pour "Le bruit des glaçons"
ETIENNE COMAR, XAVIER BEAUVOIS pour "Des hommes et des dieux"
BENOÎT DELÉPINE, GUSTAVE KERVERN pour "Mammuth"
BAYA KASMI, MICHEL LECLERC pour "Le nom des gens"

Le nom des gens est un scénario dont la qualité du scénario saute au yeux et les dialogues y sont brillants... mon chouchou...
Mais Tournée est un bel outsider et certains pourraient être séduit par un certain retour en grâce de Blier...

Meilleure adaptation:

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JULIE BERTUCCELLI pour "L'arbre"
JEAN COSMOS, FRANÇOIS-OLIVIER ROUSSEAU, BERTRAND TAVERNIER pour "La princesse de Montpensier"
ROBERT HARRIS, ROMAN POLANSKI pour "The Ghost Writer"
ERIC LARTIGAU, LAURENT DE BARTILLAT pour "L'homme qui voulait vivre sa vie"
FRANÇOIS OZON pour "Potiche"

Le bulldozer Polanski écrasera les autres, je prends les paris...

Meilleure musique écrite pour un film:

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BRUNO COULAIS pour "Océans"
ALEXANDRE DESPLAT pour "The Ghost Writer"
GRÉGOIRE HETZEL pour "L'arbre"
DELPHINE MANTOULET, TONY GATLIF pour "Liberté"
YAROL POUPAUD pour "Bus Palladium"
PHILIPPE SARDE pour "La princesse de Montpensier"

L'absence des plus beau travaux de BO de l'année avec Gainsbourg, vie héroïque, Le Nom des gens et Simon Werner a disparu, montrent vraiment que les votants sont sourds...
Mon grand favori est Liberté, mais il a bien peu de chance étant donné le peu de votants qui auront vu ce film splendide.

Meilleur son:

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PHILIPPE BARBEAU, JÉRÔME WICIAK, FLORENT LAVALLÉE pour "Océans"
JEAN-MARIE BLONDEL, THOMAS DESJONQUÈRES, DEAN HUMPHREYS pour "The Ghost Writer"
JEAN-JACQUES FERRAN, VINCENT GUILLON, ERIC BONNARD pour "Des hommes et des dieux"
OLIVIER MAUVEZIN, SÉVERIN FAVRIAU, STÉPHANE THIÉBAUT pour "Tournée"
DANIEL SOBRINO, JEAN GOUDIER, CYRIL HOLTZ pour "Gainsbourg (vie héroïque)"

le travail sur Tournée & Gainsbourg est admirable... et sont mes favoris...
Mais Des hommes et des dieux, sa ventôse et ses chants d'oiseaux sont plus évidents...

Meilleure photo:

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CHRISTOPHE BEAUCARNE pour "Tournée"
CAROLINE CHAMPETIER pour "Des hommes et des dieux"
PAWEL EDELMAN pour "The Ghost Writer"
BRUNO DE KEYZER pour "La princesse de Montpensier"
GUILLAUME SCHIFFMAN pour "Gainsbourg (vie héroïque)"

L'absence de Vénus Noire, Liberté, L'arbre et surtout White Material sont bien tristes...
Et le travail sur la lumière de The Ghost Writer est si épatant qu'il est un vainqueur incontesté !

Meilleur montage:

LUC BARNIER pour "Carlos, le film"
ANNETTE DUTERTRE pour "Tournée"
HERVÉ DE LUZE pour "The Ghost Writer"
MARIE-JULIE MAILLE pour "Des hommes et des dieux"
MARILYNE MONTHIEUX pour "Gainsbourg (vie héroïque)"

Le travail de montage sur Gainsbourg et Tournée est admirable... Mais The Ghost Writer est si brillant...

Meilleurs costumes:

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OLIVIER BÉRIOT pour "Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec"
PASCALINE CHAVANNE pour "Potiche"
ALEXIA CRISP-JONES pour "Tournée"
MARIELLE ROBAUT pour "Des hommes et des dieux"
CAROLINE DE VIVAISE pour "La princesse de Montpensier"

Et Vénus Noire ??? Et Gainsbourg ???
La Princesse devrait l'emporter... forcément...
Mais mon chouchou est plus discret, c'est encore Tournée

Meilleurs décors:

MICHEL BARTHÉLÉMY pour "Des hommes et des dieux"
GUY-CLAUDE FRANÇOIS pour "La princesse de Montpensier"
ALBRECHT KONRAD pour "The Ghost Writer"
CHRISTIAN MARTI pour "Gainsbourg (vie héroïque)"
HUGUES TISSANDIER pour "Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec"

Gainsbourg & The Ghost writer sont épatants... au choix...


Meilleur film d'animation:

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"ARTHUR 3 LA GUERRE DES DEUX MONDES" réalisé par Luc Besson, produit par Luc Besson
"L'HOMME À LA GORDINI" réalisé par Jean-Christophe Lie, produit par Valérie Schermann, Christophe Jankovic
"L'ILLUSIONNISTE" réalisé par Sylvain Chomet, produit par Marc Lacan
"LOGORAMA" réalisé par H5 (François Alaux, Hervé de Crécy, Ludovic Houplain), produit par Nicolas Schmerkin
"UNE VIE DE CHAT" réalisé par Jean-Loup Felicioli, Alain Gagnol, produit par Jacques-Rémy Girerd

Une vie de chat est le seul que j'ai vu... Mais L'illusionniste fait figure de favori...

Meilleur film documentaire:

"BENDA BILILI !" réalisé par Florent de la Tullaye, Renaud Barret
"CLEVELAND CONTRE WALL STREET" réalisé par Jean-Stéphane Bron
"ENTRE NOS MAINS" réalisé par Mariana Otero
"OCÉANS" réalisé par Jacques Perrin, Jacques Cluzaud
"YVES SAINT LAURENT - PIERRE BERGÉ, L'AMOUR FOU" réalisé par Pierre Thoretton

Je n'ai vu qu'YSL-Pierre Bergé et je ne suis pas fan... J'ai raté Entre nos mains et Cleveland et je le regrette bien... Un César pourrait m'offrir une séance de rattrapage

Meilleur premier film:

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"L'ARNACOEUR" réalisé par Pascal Chaumeil, produit par Nicolas Duval Adassovsky, Yann Zenou, Laurent Zeitoun
"GAINSBOURG (VIE HÉROÏQUE)" réalisé par Joann Sfar, produit par Marc du Pontavice, Didier Lupfer
"SIMON WERNER A DISPARU..." réalisé par Fabrice Gobert, produit par Marc-Antoine Robert, Xavier Rigault
"TÊTE DE TURC" réalisé par Pascal Elbé, produit par Patrick Godeau
"TOUT CE QUI BRILLE" réalisé par Géraldine Nakache, Hervé Mimran, produit par Aïssa Djabri, Farid Lahouassa

Gainsbourg est magnifique, Simon Werner est un très bel outsider... Pourvu que ça ne soit pas ce navet d'Arnacoeur... pas vu les autres...

Meilleur film étranger:

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"LES AMOURS IMAGINAIRES" réalisé par Xavier Dolan
"BRIGHT STAR" réalisé par Jane Campion
"DANS SES YEUX" réalisé par Juan José Campanella
"ILLÉGAL" réalisé par Olivier Masset-Depasse
"INCEPTION" réalisé par Christopher Nolan
"INVICTUS" réalisé par Clint Eastwood
"THE SOCIAL NETWORK" réalisé par David Fincher

Sans vraiment d'opinion... je n'aime pas énormément Les amours imaginaires ni Inception, The Social Network est très bon mais n'est pas dans mes favoris de l'année, pareil pour Bright Star... pas vus les trois autres... je m'en fous donc...
Où sont passés Mother, Shutter Island, Le Quattro Volte, Copie Conforme, Miel, Lola, Le Braqueur, Kaboom...?

Meilleur film de court-métrage
"LOGORAMA" réalisé par H5 (François Alaux, Hervé de Crécy, Ludovic Houplain)
"MONSIEUR L'ABBÉ" réalisé par Blandine Lenoir
"PETIT TAILLEUR" réalisé par Louis Garrel
"UN TRANSPORT EN COMMUN" réalisé par Dyana Gaye
"UNE PUTE ET UN POUSSIN" réalisé par Clément Michel

Arrrgh j'ai raté Petit Tailleur... sa sortie au ciné le privilégie un peu...

14 janvier 2011

Jail Bait !!!



Le premier plan annonce la couleur...
Une goutte de sang tombe en gros plan dans la poussière, le deuxième plan nous montrant Dakota Fanning en mini jupe, le sang de ses premières règles coulant entre ses cuisses, courant vers les toilettes d'une station service pour y bourrer sa culotte de PQ avant de partir en virée... Le ton est donné !
The Runaways ne sera pas un biopic à la naphtaline comme savent si bien les faire les américains mais bel et bien un film qui sent la sueur et les hormones femelles.

Le film n'a hélas pas reçu l'accueil qu'il aurait mérité chez nous, sans doute parce que le groupe The Runaways est globalement inconnu au bataillon en France et que Joan Jett n'y fait quasiment figure que de "One-hit-wonder" avec son tube I Love Rock'n'roll.




C'est pourtant une œuvre qui mérite une vraie attention tant elle frappe de premier abord par une relative rugosité, assez étonnante dans le genre
On sent assez vite que, si la réalisatrice se plie évidemment aux règles hollywoodiennes du biopic, retracer la carrière du girls band ne l'intéresse pas tant que de traiter de l'adolescence, des ses révoltes et de ses errements, de la naissance et de l'affirmation de la féminité et de la sexualité, ainsi que de l'ambition artistique, de ses trahisons, ses écueils et ses échecs.



Là où le film s'enlise parfois, c'est justement dans ses aspects "biopic" les plus traditionnels, lorsqu'il retrace le début de la carrière et les premiers succès, notamment au Japon.
Mais il surprend chaque fois par une vivace capacité à restituer l'électricité de la scène, le trouble des expérimentations sexuelles (l'étonnante scène d'apprentissage de la masturbation) ou l'opposition entre le lent naufrage et les doutes de Cherry Currie (Dakota Fanning) et et l'ambition inébranlable de Joan Jett (Kirsten Stewart).
La description de cette forte amitié qui lie ses deux jeunes femmes ainsi leur batteuse Sandy West (Stella Maeve, excellente !) est sans doute une des choses les plus sensibles et réussi qu'il soit donné de voir concernant les amitiés féminines.
Jusqu'à la bisexualité sur laquelle le film ne l'alourdit pas, en la montrant frontalement mais avec un certain tact comme une simple expérience en ces temps de glam rock androgyne et de libération sexuelle et qui amplifie encore davantage la force de cette peinture d'une belle amitié adolescente.



Le film excelle également dans la description de tout ce qui constitue l'envers du décor, la création des chansons, les répétitions, les relations avec le producteur Kim - Hysteria King - Fowley et l'industrie du disque, les fans, les médias.
Mais aussi plus simplement dans la discrète description d'une jeunesse en quête de modèles forts: les figures "paternelles" de Bowie, les Sex Pistols & Iggy Pop et "maternelle" de Suzi Quatro ne sont pas que des posters sur les murs des chambres ou des Tee Shirt que l'on arbore, mais bel et bien des parents de substitution face aux difficultés rencontrées par ces jeunes femmes et surtout de puissants modèles artistiques. La figure grotesque du mentor Fowley s'opposant alors vulgairement aux figures mythiques des maitres artistiques. Fowley incarne la réalité impitoyable du marché de la musique et de ses plans marketing, de ses manipulations, ses compromissions et cette dure réalité se confronte alors cruellement aux mythes rock'n'roll fondateurs et aux rêves de jeunes filles qu'ils ont pu susciter.



Mais là où il s'avère chaque fois le plus touchant et même me plus émouvant c'est lorsqu'il s'attache au plus près des personnages et de leurs doutes, de leurs désirs et de leurs émotions.

L'incapacité de Cherrie Currie à tenir les liens qui l'unissent à sa famille autrement que par des "cadeaux", drogues, argent, sac... etc...
Son affirmation excessive d'une sexualité débridée et son usage abusif des drogues qui la détachent peu à peu de sa véritable identité pour l'abaisser au rôle imposé par le marketing.


L'ambition inaltérable de Joan Jett et les petites trahisons qu'elle implique. Montrant qu'on arrive pas au sommet sans laisser quelques cadavres dans le placard... Sans pour autant jamais en faire un personnage cynique ou déplaisant.

Le cynisme et le ridicule dandysme rock du producteur, caricature du mentor glam-rock, rendu parfaitement crédible par un Michael Shannon tellement coutumier des rôles borderline qu'il parvient à jouer les cabots en évitant de cabotiner lui même ce qui est ici un véritable exploit vu la teneur du personnage.
Sa performance vaudrait à elle seule de voir le film et on pourrait imaginer facilement comment la présence d'un vrai acteur cabot à l'écran aurait pu totalement saborder le film et en compromettre l'intégrité et cette belle honnêteté qui transpire à chaque plan.




L'intelligence de cette première œuvre repose en effet énormément sur la force de son casting : outre l'exceptionnelle présence de M.Shannon, on admire vraiment la belle prestation de Kirsten Stewart qui parvient à utiliser son corps de manière très subtile apportant au personnage quelque chose de masculin sans tomber dans la caricature "butch" de la rouleuse de mécanique et en composant un personnage assez poseur, sans jamais minauder elle même.




Mais la palme revient sans conteste à Dakota Fanning qui imprime véritablement la pellicule.
L'insupportable gamine de La guerre des mondes, dont on espérait tout au long du film qu'un alien lui arracha la tête pour la faire taire, est ici devenu une jeune femme... certes, ce sont des choses qui arrivent et cela n'est pas louable en soit. Les seins poussent pour toutes les jeunes femmes et en fait... on s'en fout.
Mais il suffit ici de la voir chanter en playback Lady Grinning soul de David Bowie dès le début du film, de la voir danser sur Rebel Rebel ou brailler ChChChChChChChChChCherry Bomb en live pour s'enthousiasmer de sa magnifique et étonnante métamorphose.
Elle fait exister le personnage de Cherry Currie de manière inouïe, dans toutes ses failles, ses forces et son ambivalence avec un talent et une apparente facilité qui forcent l'admiration.




Si l'on ajoute à cela une bande son plutôt bandante et un travail extraordinaire car très discret et crédible sur les costumes, les décors et les maquillages qui évitent l'effet "revival 70's" amidonné pour nous plonger sans aucun doute dans l'époque...
Je pense qu'on tient là ce qui se fait de mieux dans le genre aux USA et les débuts plus que prometteurs d'une jeune cinéaste venue du clip vidéo - Floria Sigismondi - qui à l'instar de ses héroïnes semble en avoir "dans le pantalon" !

Je vous conseille à ce propos une petite visite sur son site pour y découvrir le remarquable travail de photographe pour lequel sa renommée devient mondiale.

Féminisme et cinéma via Cinétrafic

DVD distribué par Metropolitan Film Export, sortie le 20 janvier 2011

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Bonus:
  • Un making of très convenu "à l'américaine" essentiellement constitué d'extraits du film et de micro interview de l'équipe avec de vrais morceaux de lèche dedans.
  • Bandes annonces
  • Clip vidéo de Cherry Bomb
  • The runaways - très court "doc" sur le groupe bizarrement uniquement constitué d'extraits du film
  • Interview de Floria Sigismondi - le seul bonus vraiment digne d'intérêt dans lequel la réalisatrice explique sa connaissance du milieu de la musique, du processus de création, son travail avec Cherrie Curry et Joan Jett et les comédiennes sur le tournage, son peu d'intérêt pour le biopic traditionnel, etc...
Assez court mais vraiment très intéressant




LES RUNAWAYS : BANDE-ANNONCE VOST
envoyé par baryla. - Regardez des web séries et des films.

12 janvier 2011

Deuil (psycho)pathologique




After.Life d'Agniezka Wojtowicz-Vosloo est un film qui synthétise assez bien toutes les raisons pour lesquelles j'aime passionnément le cinéma de genre depuis ma plus tendre enfance:

En effet - outre le fait que l'horreur ou le fantastique autorise toutes les audaces narratives et les expérimentations esthétiques - il est un genre qui permet, au travers du récit, d'aborder de front et souvent avec une grande force et/ou une insoutenable violence les thèmes les plus difficiles et même parfois de se coltiner et de malmener certains des tabous les plus ancrés en nous.





Si je me refuse à déflorer quoique ce soit de l'intrigue pour ne pas en gâcher le plaisir de la découverte, je dirais simplement que l'on se situe ici à la frontière très floue du thriller le plus violent et du fantastique le plus pur.

Le film entretenant avec beaucoup de talent l'ambiguïté de son récit jusqu'à son dénouement même qui reste assez ouvert à une double interprétation.


Au jeu des comparaisons - et même si les deux scénarios n'ont strictement rien à voir - l'exemple le plus pertinent me parait le cinéma de Polanski avec des films tels que Répulsion et surtout Rosemary's baby, où le spectateur ne cesse d'osciller entre le fait de croire dur comme fer au complot sataniste avant de basculer dans le doute d'une simple pathologie paranoïaque de la jeune femme enceinte.

La comparaison s'arrête là puisqu'il n'est ici aucunement question de satanisme... mais de savoir si la jeune Anna (Cristina Ricci) est bel et bien morte et si son thanatopracteur est bel et bien capable de communiquer avec les cadavres ou si elle est bien vivante et la victime impuissante d'un tueur en série assez génial.



De ce point de vue, le spectateur ne cesse d'être balloté d'une évidence à son contraire par un film qui joue méthodiquement avec ses nerfs et qui fait constamment vaciller toute certitude.

Les thèmes de la mort, du deuil, du déni, de l'acceptation ou des sentiments les plus violents que créent le décès d'un être cher ou la conscience de sa propre mortalité sont traités ici avec une crudité souvent très dérangeante et le film se montre bien souvent si angoissant qu'il en devient quasi-insoutenable.
Il ne repose pourtant sur aucun ressort horrifique traditionnel ni sur un suspense classique mais impose son atmosphère macabre avec une douceur presque languissante vraiment troublante.

La réalisatrice - dont c'est le premier film - impose déjà un style et un talent assez unique, nous ramenant constamment à sa thématique funeste sans jamais pour autant oublier d'être un pur film de genre, captivant et - je me répète - profondément anxiogène.


Liam Neeson s'y montre glaçant et d'une sobriété admirable, je ne me souviens pas de l'avoir vu si charismatique et étonnant au cinéma...

Justin Long est décidément un jeune acteur que j'aime vraiment beaucoup et le seul léger bémol du film vient de Christina Ricci.
Elle n'y est pas mauvaise, loin de là, mais c'est une actrice qui n'a sans doute pas la subtilité requise pour le rôle...
mais c'est son corps lui même qui, en revanche, apporte quelque chose au personnage et forcément - au film : Cette minuscule jeune fille, au visage de fillette et au teint de porcelaine évoque souvent une petite poupée. Elle est nue durant une bonne partie du film et ce corps est étrangement dénué de tout érotisme.



La bizarrerie du film s'en trouve renforcée... On peut néanmoins s'interroger sur l'impact qu'aurait pu avoir sur le film un corps d'actrice comme celui de Monica Bellucci, par exemple, ou ce que des actrices telles que Nicole Kidman ou Julianne Moore auraient pu apporter de profondeur au rôle... Mais l'étrange petite poupée Ricci convient sans doute mieux au rôle, même s'il arrive parfois que l'on sente les limites de son jeu.

Un film en tous cas franchement dérangeant, vraiment très original et tout à fait réussi. Et une réalisatrice à suivre de très près !!!