12 janvier 2011

Deuil (psycho)pathologique




After.Life d'Agniezka Wojtowicz-Vosloo est un film qui synthétise assez bien toutes les raisons pour lesquelles j'aime passionnément le cinéma de genre depuis ma plus tendre enfance:

En effet - outre le fait que l'horreur ou le fantastique autorise toutes les audaces narratives et les expérimentations esthétiques - il est un genre qui permet, au travers du récit, d'aborder de front et souvent avec une grande force et/ou une insoutenable violence les thèmes les plus difficiles et même parfois de se coltiner et de malmener certains des tabous les plus ancrés en nous.





Si je me refuse à déflorer quoique ce soit de l'intrigue pour ne pas en gâcher le plaisir de la découverte, je dirais simplement que l'on se situe ici à la frontière très floue du thriller le plus violent et du fantastique le plus pur.

Le film entretenant avec beaucoup de talent l'ambiguïté de son récit jusqu'à son dénouement même qui reste assez ouvert à une double interprétation.


Au jeu des comparaisons - et même si les deux scénarios n'ont strictement rien à voir - l'exemple le plus pertinent me parait le cinéma de Polanski avec des films tels que Répulsion et surtout Rosemary's baby, où le spectateur ne cesse d'osciller entre le fait de croire dur comme fer au complot sataniste avant de basculer dans le doute d'une simple pathologie paranoïaque de la jeune femme enceinte.

La comparaison s'arrête là puisqu'il n'est ici aucunement question de satanisme... mais de savoir si la jeune Anna (Cristina Ricci) est bel et bien morte et si son thanatopracteur est bel et bien capable de communiquer avec les cadavres ou si elle est bien vivante et la victime impuissante d'un tueur en série assez génial.



De ce point de vue, le spectateur ne cesse d'être balloté d'une évidence à son contraire par un film qui joue méthodiquement avec ses nerfs et qui fait constamment vaciller toute certitude.

Les thèmes de la mort, du deuil, du déni, de l'acceptation ou des sentiments les plus violents que créent le décès d'un être cher ou la conscience de sa propre mortalité sont traités ici avec une crudité souvent très dérangeante et le film se montre bien souvent si angoissant qu'il en devient quasi-insoutenable.
Il ne repose pourtant sur aucun ressort horrifique traditionnel ni sur un suspense classique mais impose son atmosphère macabre avec une douceur presque languissante vraiment troublante.

La réalisatrice - dont c'est le premier film - impose déjà un style et un talent assez unique, nous ramenant constamment à sa thématique funeste sans jamais pour autant oublier d'être un pur film de genre, captivant et - je me répète - profondément anxiogène.


Liam Neeson s'y montre glaçant et d'une sobriété admirable, je ne me souviens pas de l'avoir vu si charismatique et étonnant au cinéma...

Justin Long est décidément un jeune acteur que j'aime vraiment beaucoup et le seul léger bémol du film vient de Christina Ricci.
Elle n'y est pas mauvaise, loin de là, mais c'est une actrice qui n'a sans doute pas la subtilité requise pour le rôle...
mais c'est son corps lui même qui, en revanche, apporte quelque chose au personnage et forcément - au film : Cette minuscule jeune fille, au visage de fillette et au teint de porcelaine évoque souvent une petite poupée. Elle est nue durant une bonne partie du film et ce corps est étrangement dénué de tout érotisme.



La bizarrerie du film s'en trouve renforcée... On peut néanmoins s'interroger sur l'impact qu'aurait pu avoir sur le film un corps d'actrice comme celui de Monica Bellucci, par exemple, ou ce que des actrices telles que Nicole Kidman ou Julianne Moore auraient pu apporter de profondeur au rôle... Mais l'étrange petite poupée Ricci convient sans doute mieux au rôle, même s'il arrive parfois que l'on sente les limites de son jeu.

Un film en tous cas franchement dérangeant, vraiment très original et tout à fait réussi. Et une réalisatrice à suivre de très près !!!

5 commentaires:

Phil Siné a dit…

anxiogène et justin long, deux arguments de poids !! :)

Foxart a dit…

Bah, pourquoi tu dis ça, il est pas gros Justin ?! lol

Foxart a dit…

.

Phil Siné a dit…

pfff... j'ai pas dit ça ! tu déformes mes propos de façon honteuse !
gamipps !!

Foxart a dit…

ça veut dire quoi Gammipps ?