29 avril 2011

Certains l'aiment cru (et saignant...)


Attention film KULTE en puissance !!!!!!!!


Véritable OVNI cinématographique qui semble s'affranchir de toute forme de convention narrative, stylistique et de mise en scène en un immense foutoir ultra gore et totalement iconoclaste, Tokyo Gore Police semble inventer à chaque plan des formes cinématographiques nouvelles et parvient à nourrir son film sans temps mort d'une idée par seconde durant près de 2h... La créativité de Yoshihiro Nishimura semble en effet absolument illimitée.

Mais, malgré les apparences, le film dépasse de loin les fantaisies gore auxquelles on aurait tôt fait de l'apparenter (Les premiers Peter Jackson ou Sam Raimi, notamment) et s'avère beaucoup plus profond, intelligent et subversif qu'il n'y parait au premier abord.


"Te souviens tu du temps où nous baignons dans le sang de nos pères"...

Le film laisse en effet filtrer tout au long de ce grand semblant de portnawak une certaine idée de ce qu'est le Japon d'hier et d'aujourd'hui et son enracinement historique et culturel dans la violence, dans ses traditions suicidaires (hara kiri), dans ses accointances troubles avec les mafias et le fascisme, dans la banalisation de pratiques sexuelles extrêmes (sado, maso, uro, pédo, snuff, viol, etc...), dans la vacuité de sa culture télévisuelle et dans les dérives de la pub, bref... Tokyo Gore Police est un film brillant et profondément subversif, hyper trash et politiquement incorrect qui pourrait bien davantage s'apparenter au cinéma de Verhoeven, par exemple (Tendance Robocop ou Starship Troopers) ou de Cronenberg (Frissons, Existenz, Chromosome 3...).

Définitivement LE "machin" le plus radical et jubilatoire que j'ai vu depuis... des lustres !!! Fan je suis !!!

14 avril 2011

Cannes 64


Faye Dunaway©photo by Jerry Schatzberg

SÉLECTION OFFICIELLE
(Pas seulement alléchante... Carrément bandante !)

Président du jury longs métrages

Robert DE NIRO, Président – Acteur, Réalisateur / Etats-Unis

JURY DE LA CINEFONDATION ET DES COURTS METRAGES

Michel GONDRY
, Président – Réalisateur / France


JURY UN CERTAIN REGARD

Emir KUSTURICA, Président – Réalisateur / Serbie


JURY DE LA CAMERA D’OR

BONG Joon-Ho
, Président – Réalisateur / Corée

La composition complète des jurys sera communiquée ultérieurement.


11 au 22 mai 2011

Film d’Ouverture :



Woody ALLEN MIDNIGHT IN PARIS
H.C.
***



Pedro ALMODÓVAR LA PIEL QUE HABITO



Bertrand BONELLO L'APOLLONIDE - SOUVENIRS DE LA MAISON CLOSE

Alain CAVALIER PATER

Joseph CEDAR HEARAT SHULAYIM
(FOOTNOTE)

Nuri Bilge CEYLAN BIR ZAMANLAR ANADOLU'DA
(ONCE UPON A TIME IN ANATOLIA)



Jean-Pierre et Luc DARDENNE LE GAMIN AU VÉLO

Aki KAURISMÄKI LE HAVRE

Naomi KAWASE HANEZU NO TSUKI

Julia LEIGH SLEEPING BEAUTY
1er film

MAÏWENN POLISSE



Terrence MALICK THE TREE OF LIFE



Radu MIHAILEANU LA SOURCE DES FEMMES

Takashi MIIKE ICHIMEI
(HARA-KIRI: DEATH OF A SAMURAI)



Nanni MORETTI HABEMUS PAPAM



Lynne RAMSAY WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN



Markus SCHLEINZER MICHAEL
1er film



Paolo SORRENTINO THIS MUST BE THE PLACE



Lars VON TRIER MELANCHOLIA



Nicolas WINDING REFN DRIVE

***

Hors Compétition :



Xavier DURRINGER
LA CONQUÊTE



Jodie FOSTER THE BEAVER
(LE COMPLEXE DU CASTOR)



Michel HAZANAVICIUS
THE ARTIST




Rob MARSHALL PIRATES OF THE CARIBBEAN: ON STRANGER TIDES
(PIRATES DES CARAÏBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE)

Séances de minuit :

CHAN Peter Ho-Sun WU XIA

Everardo GOUT DIAS DE GRACIA
(JOURS DE GRÂCE)
1er film


Séances spéciales :
Frederikke ASPÖCK LABRADOR
1er film

Rithy PANH LE MAÎTRE DES FORGES DE L'ENFER

Michael RADFORD MICHEL PETRUCCIANI

Christian ROUAUD TOUS AU LARZAC



06 avril 2011

Room with a view


Psychose avait ouvert la voie: cosy ou crasseux, les motels peuvent être des endroits peu fréquentables dans lesquels on peut croiser toutes sortes de monstres, des vampires de Bigelow ou de Carpenter, aux tueurs fous de Rob Zombie... L'excellent Motel de Nimrod Antal avait même fini par en faire un genre en soi avec ses snuffeurs sadiques et son suspense fou...

Terror trap, loin d'égaler son illustre modèle, s'inscrit directement dans ce sous genre et aurait très bien pu s'intituler Motel 3, il n'aurait d'ailleurs pas fait honte à la franchise car il est un film à tout petit budget mais à l'indéniable honnêteté.


Le générique laisse pourtant imaginer le pire et la couleur est d'emblée rouge sang, et annonce un torture flick ultra gore comme je les déteste copieusement et qui sont tellement en vogue ces dernières années.


Rassurez vous il n'en sera rien: aucune torture réellement visible à l'écran, aucune complaisance dans la mise en scène des meurtres et au final une bande très peu sanglante. Le réalisateur ne tombant jamais dans le piège de contempler et jouir de ce qu'il prétend dénoncer préfère installer un suspense de série B classique, au démarrage très lent mais angoissant et quand l'action se déchaine, il préfère filmer longuement les clients qui se paluchent et se lèchent les babines devant les vidéos et derrière les miroirs sans tain plutôt que de tomber dans l'horreur pure du snuff annoncé. Il tend ainsi un miroir dérangeant au spectateur en flattant jamais ses plus bas instinct. Cette démarche à contre courant de la vague actuel est à saluer franchement et le propos du film est sans ambiguïté de ce point de vue.




Comme le déclare Michael Madsen à un moment "Les gens ont toujours payé pour voir des gladiateurs s'entretuer dans l'arène et pour voir le sang et les tripes". Tous les tueurs du films resteront masqués tels les gladiateurs dont il parle et seuls les "organisateurs" de ces "snuff parties" montreront leurs vrais visages.
Pour tout cela, Terror trap est une série B vraiment estimable et assez réussie...



Le seul gros bémol tient au casting qui semble rabaisser constamment le film et la faute en revient notamment à un Michael Madsen qui se contente vraiment du minimum syndical, visiblement là à titre purement alimentaire et montrant un vrai mépris de ses partenaires, du film et du spectateur, au passage. Il ne donne le change que lors d'une courte scène avec Jeff Fahey, ce qui est bien peu. Mais bon, ma bonne dame, si vous saviez ce que coutent 10 grammes de coke ou une coloration chez un coiffeur pour star sur le déclin à L.A...
Il devient en tous cas vraiment un acteur minable et à la démarche "artistique" de plus en plus détestable.
Le couple qui sert de héros au film fait de son mieux mais ils sont visiblement limités et elle aurait davantage sa place dans Santa Barbara tandis que lui ne ferait pas tâche dans Queer as folk...



Le seul à relever le niveau de l'interprétation est le génial Jeff Fahey, dans un rôle certes plus important et intéressant, mais auquel il donne surtout une épaisseur et une folie contrôlée épatante.


Il sauve à lui seul le film du naufrage et de l'ennui et le réalisateur Dan Garcia peut le remercier. On peut d'ailleurs s'intérroger sur la validité des raisons commerciales mettant Madsen au premier plan et reléguant Fahey à l'arrière plan sur l'affiche US... Justice ne lui est pas rendue...


Mais la citation biblique apposée par Dan Garcia en exergue au film s'adresse peut-être directement à lui, qui sait ?!

"Sept fois le juste tombe et se relève
mais le méchant dans le malheur trébuche"

Le Thriller psychologique sur Cinétrafic

Distribué par Fox Pathé Europa
Bonus: bande annonce & Galeries photos