13 mai 2011

Broderie de fil blanc


Le problème avec les films en narration éclatée façon puzzle c'est que lorsqu'une pièce maitresse est dévoilée un peu tôt ou de manière un peu trop ostentatoire, le scénario devient comme un pull que l'on a tôt fait de détricoter... En l’occurrence, dans le cas présent, j'avais tout deviné en 15 minutes, et je n'avais alors plus qu'à voir se dérouler un long pensum sur la culpabilité et la rédemption assez peu subtil... Les derniers éléments manquant (concernant la petite "bâtarde") étant dévoilé au bout d'une demi-heure, il ne restait plus alors aucun mystère et je savais d'ors et déjà qui avait fait quoi, avec qui et comment et ce qui allait implacablement se dérouler sous mes yeux... Du coup, j'ai regardé ce film engourdi d'un ennui profond à la limite de l'agacement sauvé in extremis par l'interprétation impeccable des trois comédiennes qui - malgré le coté rôle calibré pour les Oscar - parviennent vraiment à toucher. Particulièrement Kim Basinger, maginfique et Charlize Theron qui parvient convaincre dans un personnage pourtant très artificiel. Reste cependant une vraie belle idée dans le film: celle des cicatrices...
celles que s'infligent les deux adolescents pour graver leur rencontre dans leur chair, celle au front de la petite fille - marque indélébile d'une enfant qui s'est cognée à la vie en l'absence d'une mère - et celle de la mère comme marque au sein de sa victoire sur la mort (la plus belle et étonnante scène du film). Malheureusement c'est bien peu et la réalisation honnête mais sans grand relief ne parvient pas à dissimuler les failles et invraisemblances du scénario et surtout le gout un peu systématique et très judéo-chrétien de Arriaga pour ces thèmes vraiment obsessionnels de la culpabilité, du pardon et de la rédemption...

1 commentaire:

selenie a dit…

La force du film est bien dans ce savoureux mélange entre les personnages et un montage parfait qui évite les effets habituels du flashback.La fin nous laisse un peu sur notre fin... 3/4