30 juin 2011

Une pute et un ours


Le projet Grindhouse de Tarantino & Rodriguez est en train de faire des petits et on peut malheureusement aussi craindre le pire de ce revival opportuniste, suite au succès des bombes que sont Grindhouse & Machete.


De ce strict point de vue, ce Hobo with a shotgun est déjà une bonne surprise car il s'avère un divertissement plutôt soigné, honnête et franchement très drôle.


Il est évident que Jason Eisener (Treevenge) n'est pas encore au niveau de Rodriguez et encore moins à celui de Tarantino, mais ce premier métrage est plus que prometteur en ceci qu'il en transpire un véritable amour du cinéma bis autant qu'un désir de proposer un objet qui se tienne du point de vue de la mise en scène et de ses partis pris...
On navigue entre anticipation et vigilante, dans un scenario qui - en caricaturant à peine une réalité sociale américaine - décrit une ville totalement sous le joug d'un mafieux sadique adepte de jeux du cirque morbides et d'une police totalement corrompue maintenant son pouvoir sur la population par la terreur.



Déjà, de ce ce strict point de vue le film est bien plus audacieux, profond et dérangeant qu'il n'y parait, notamment lorsqu'il décrit le "bullying" filmé des SDF très en vogue ces dernières années sur You Tube, les difficultés de fonctionnement de son système de sécurité sociale ou de santé ou la simple passivité des populations face à la terreur qu'engendre leur insécurité.
Le film - canadien... il parait utile de le préciser - porte un regard lucide et cruel sur le glissement vers la barbarie d'une Amérique corrompue de toutes parts...
Mais attention, ne nous trompons pas, le film n'a rien d'un film à thèse... ce qui est d'ailleurs préférable car sinon, son propos pourrait facilement glisser - comme tous les films de "vigilante" - vers une démagogie populiste d’extrême droite...


Et c'est le décalage permanent du film, oscillant de manière assez maline entre premier et second degré, assumant parfaitement la débilité et le simplisme de son scénario et son caractère référentiel à tout le cinéma d'action B à Z des années 70/80 de la blacksploitation aux Menahem/Golan qui le sous-tend et qui fait passer le suppo sans irritation aucune.


Si j'ajoute à cela que le film est tourné en Technicolor et accorde un soin éblouissant à la photographie qui offre une explosion de couleur du début à la fin, qu'il est drôle et joyeusement gore et que sa violence y est parfaitement gratuite et assumé...


Et que le has been de luxe Rutger Hauer y fait un retour en force absolument époustouflant qui pourrait bien ressusciter le désir des plus grands cinéastes. J'affirme sans honte qu'il s'agit bien là d'un plaisir - certes un peu coupable - mais bien réel et qui devrait réjouir tous les amateurs de bisseries... Pas de sortie prévue encore pour le moment... ça sent la sortie technique estivale ou le DTV... A découvrir de toute urgence !


27 juin 2011

Janet is BAD !



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D'abord, Janet est une fucking superstar et comme toute fucking superstar qui se respecte elle se doit de commencer le show avec une heure de retard sinon ça ne serait pas drôle... On se coltine donc un DJ visiblement spécialiste en mariage et bar mitzvah qui nous balance une sélection de ses meilleurs vinyls hip hop, haranguant la foule en délire à coup de Jay Z, Public enemy, Beastie boys, Cut Killer & NTM... Bref rien de vraiment déplaisant mais on commence gentiment à s'emmerder... Puis une voix d'hotesse de l'air nous annonce un entracte de 20 minutes qui en durera près de 40, le temps pour Janet de s'enduire les cuisses de vaseline afin de pouvoir à nouveau rentrer dans son falzar d'il y a deux ans...


Janet Jackson Runaway par lucile18

Et now, ladies & gentlemen... C'est parti pour le show... Sur un écran LCD géant, on nous diffuse en esclusivitité mondiale de 1996 ZE clip de Runaway... La salle se chauffe déjà, malgré la pixellisation pourrie de l'écran, en se disant que la bête de scène ne devrait plus tarder... Ignorant encore - Malheureux ! - que ces intermèdes vidéos et autres diaporamas allait devenir une ponctuation tout le long du show... et pas de deux minutes...


Photos © Thierry Pautot


Parfois on frôle le "quart d'heure You tube" comme dans cet atroce passage où l'on se fade les vieilles vidéos pourries de ces plus mémorables performances d'actrice... d'abord dans Good times, touchante petite pleurnicharde, puis en mijaurée d'Arnold & Willy, en époustouflante actrice de composition dans le chef d’œuvre Poetic Justice puis (non non c'est pas fini, juré, ça dure trois plombes lol) et d'un autre chef d’œuvre de l'histoire du ciné dont j'ignore le titre mais où on dirait la fille cachée de Mariah Carey et de Jackie Stallone prête à exploser dans sa combi moulante qui pète un câble et saccage hystériquement un immonde appart de pimp en hurlant comme une génisse... Interminable...
Le premier extrait à lui seul aurait pu être touchant et servir d'intro à une jolie ballade, mais que pouic ! On va vous en servir pendant 20 minutes, car Miss Jackson est sans doute partie faire caca...


Photos © Thierry Pautot

Et le show reprend, dans toute sa "splendeur"... C'est à dire avec le même son ultra pourri, archi saturé, un peu comme une vieille K7 de Janet passée dans un vieil autoradio pourri poussant à donf ses enceintes 12 watts dans un 2CV qui vibre avec les basses...

Photos © Thierry Pautot

Deux tenues au total, qui ne justifient en rien les sempiternelles et interminables coupures du show par des vidéos ou des medley archi nazes chantés par les deux choristes... Si l'on devait mettre bout à bout les chansons de Janet en live, on arriverait péniblement à 40 minutes à tout casser sur un show d'à peine 1h30... Scandaleux !!!


Photos © Thierry Pautot

En moins d'une heure, mon chéri se casse et m'attend dans les escaliers, il me dira plus tard avoir vu sortir des dizaines de personnes furieuses, criant au scandale et au foutage de gueule... On ne peut pas dire mieux...
Je reste un peu plus, espérant toujours un sursaut qui ne viendra que par la miraculeuse descente du ciel de trois luminaire Ikéa 90's (comme tout le reste du show, d'ailleurs) de toute beauté en guise d'unique décor.

Et le show de se poursuivre sur la même lancée, diaporama des plus beaux photoshops (tablettes de chocolat incluses) de l'idole, chorégraphies style lap dance, danseurs limite amateurs en mode gogo dancers de club gay, son toujours aussi pourri et "I missed you so much Paris" de rigueur... bah, ne jamais oublié de lécher le cul du public pour éviter les mauvaises critiques du lendemain et fans hystéros en mode "Wi miss you tou Djanet"...

Et moi, comme un crétin baillant, au lendemain du triste anniversaire de la mort de MJ, je continuais quand même d'attendre avec un peu d'espoir un joli moment d'émotion, une petite reprise, une ballade, quelque chose de vrai et touchant, au lieu de quoi on a eu l'idée vraiment gerbante de nous refaire le coup de la vidéo de Scream en back-up (toujours sur le même écran désespérément défaillant, visiblement monté et géré par un geek incapable de se sortir les doigts du cul pendant tout le concert) avec hurlement du public de rigueur (j'y ai laissé mon tympan droit, une folle du nom de Dieu ayant lâché un cri déchirant au sens propre dans mon pavillon)... Et là on enchaine sur l'horrible Rythm Nation, s'en est trop pour moi, dégouté et triste, je décide de me tirer... et de rater Together again, dommage...

Voir Janet en live et dans une petite salle comme L'Olympia était pour moi une chance unique... Je suis sur de deux choses désormais: La première étant que ça restera - sans aucune doute possible et ad-vitam - une expérience unique et l'autre étant que ça ne fut définitivement pas une chance... Plus proche de la torture... pour les pieds, les oreilles et mon peu d'intelligence.

Et sinon, à part ça, elle est toujours aussi jolie et semble avoir bénéficié d'une excellente chirurgie indétectable et très réussie, c'est déjà ça... Tant mieux pour elle et pour les premiers rangs...

Photos © Thierry Pautot

J'aurais au moins eu l'immense plaisir en compensation de rencontrer une partie de la "family" à laquelle j'ai failli appartenir il fut un temps et notamment le délicieux et adorable Kikidou d'amour qui nous a fait ce cadeau (certes empoisonné mais ça, il n'y est pour rien lol) et de son mari René, qu'on espère tous deux revoir au plus vite, et du méchant Ben et de son bienveillant et infiniment patient mari Anton (courage à lui, je pense que cet homme est un saint !!! lol) ainsi que de La Black chatte Manue pour cette belle leçon de bienveillance et d'argumentaire dans un débat sur Gaga qui aurait vite pu tourner en eau de boudin sans ton intervention avec toute cette bande de langues de putes autour de la table. On a, Arnaud et moi passé un excellent moment en votre compagnie à tous et en plus on s'est vraiment régalé dans votre cantine !!!
A très bientôt, à Lille ou à Paname, vous êtes les bienvenus chez nous... sauf la méchante Ben !!! (je blague ;-)) Mais en revanche si Anton a besoin d'un havre de paix où venir se ressourcer et déposer sa croix, qu'il vienne à la maison ;D

Excédés par ma critique du show et vous voudriez un contre point (même mensonger...) ?
Voici une excellente critique dans Elle... apparemment, c'était bien le même soir mais on n'a pas vu le même show... "Plus de 2h" !!! Elle était bourré ou quoi la journaliste ?

http://www.elle.fr/Loisirs/Musique/News/J-y-etais-Janet-Jackson-a-l-Olympia-1633340

21 juin 2011

La chair et le sang



Un véritable bijou de l'horreur anglaise 70's qui, dans un style très proche des films de la Hammer de l'époque propose une alternative tirant davantage sur l'horreur pure telle qu'elle existait alors aux USA. Unique en son genre et très réussi, ce Frightmare réserve plein d'excellentes surprise et son lot de frissons. Premier film de Peter Walker que je découvre mais ce cinéaste méconnu a désormais excité ma curiosité et je cherche activement d'autres titres de sa filmographie... Si quelqu'un a des tuyaux !



19 juin 2011

Blood & Milk


Bien étrange film que ce Confessions qui semble autant s'inspirer du style d'un Paul Thomas Anderson (première période) que de Gus Van Sant (On pense évidemment beaucoup à Elephant) et dont le scénario très complexe et tordu évoque les puzzles à la Inarritu/Arriaga (bien davantage que Rashomon...), avec, ici, un vrai supplément d'âme japonaise qui le fait échapper à la simple virtuosité (ou esbroufe) narrative pour l'ancrer dans un propos socio-culturel typiquement nippon d'une noirceur quasi nihiliste.


Cet ensemble d'influence hétéroclite (à laquelle on pourrait rajouter celle de David Fincher dans la manière dont le film glisse peu à peu vers le thriller) donne un film souvent assez puissant et paradoxalement très singulier. On pourra toutefois regretter que son esthétisme extrême le fasse souvent dégouliner dans une certaine préciosité un peu agaçante et contre productive.


Il reste cependant un objet cinématographique très ambitieux et franchement recommandable dont l'énorme succès au Japon le vit écoper de 11 nominations et 4 victoire à l'équivalent des Oscars japonais.


Plus qu'une simple curiosité, Confessions est un film toujours captivant et très intéressant à plus d'un titre. A découvrir.


16 juin 2011

Voiles, vapeurs, couleurs et canines


Je n'ai pas vu beaucoup de films de Jean Rollin (moins d'une dizaine, c'est sur...) mais chaque fois, que le film soit réussi ou pas, j'ai toujours été frappé par son génie du cadrage, de sa savante composition des plans et par sa singulière poésie surréaliste.


Jusqu'ici mon favori était La rose de fer que j'estimais être son chef d’œuvre. Il vient de se faire détrôner en beauté (c'est le moins qu'on puisse dire !) par ce magnifique Lèvres de sang qui semble avoir bénéficié d'un budget sensiblement supérieur à l'habitude tant il hisse la beauté visuelle du film à un tout autre niveau.


Le travail de Jean-François Robin sur la lumière est absolument remarquable et je n'ai pas cessé de penser à l'influence que Bava avait pu avoir sur ce film, ainsi que la potentielle influence que ce vrai chef d'oeuvre de Jean Rollin aurait pu avoir sur l'immense Suspiria qui ne sortira qu'un an plus tard. Des couleurs saturées et lumières expressionnistes des scènes nocturnes, à celles blafarde du jour, la photographie semble avoir fait l'objet d'une attention toute particulière et de moyens importants


Le cinéaste tire mieux que jamais partie de l'architecture de ses décors ou paysages pour construire un film d'une constante beauté formelle.


Le rythme, comme chaque fois, est lent et hypnotique mais ne souffre pas des mêmes "ventres mous" que certains autres films de Rollin et il parvient à maintenir cette belle langueur tout au long du film, tout en faisant de chaque plan une impression inoubliable...


Chaque apparition des vampires nues est certes incongrue mais évite le ridicule par ce jeu de regards vides, de voiles vaporeux et de couleurs éclatantes, sans parler de leur superbes canines, longues et pointues...


Seule la fin me ferait émettre un bémol, non pas pour la tournure (un peu prévisible) que prend le scénario mais pour ces derniers plans un peu ratés du cercueil flottant évoquant quelque peu un Nosferatu de fin de mois...


Mais c'est bien peu au regard d'un film d'une telle splendeur et qui explique grandement que - si Jean Rollin demeure un cinéaste trop peu reconnu chez nous - de tels films ont fait son renom outre Atlantique et que le culte qui lui est voué par les amateurs de ciné bis aux USA n'est vraiment pas usurpé.


Un vrai grand film à (re)découvrir...


Mise en bière



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Wenders est devenu un embaumeur, un vampire, son cinéma poseur suce le sang de l'oeuvre de Pina Bausch et du talent de ses danseurs et en livre un film désincarné et prétentieux. Presque détestable s'il n'y avait pas tant de talent et de beauté devant sa caméra. Avec des amis comme Wenders, Pina Bausch n'a clairement pas besoin d'ennemis... Ces oeuvres saucissonnées et posée dans des décors de carte postale arty font peine à voir. Quand au plan final et sa distance malvenue par rapport à l'image de Pina sur un écran face à une salle vide, elle me parait être un véritable aveu d'impuissance à faire du cinéma. A moins qu'elle ne soit qu'une pose arty de plus ? Ce qui revient au même...


PINA (3D) : BANDE-ANNONCE par baryla

Baiser mouillé



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Tout sonne faux dans ce mélo choral... et pourtant, quel casting de dingue: Valeria Golino, Cécile De France, Elsa Zylberstein, Jalil Lespert, Serge Hazanavicius, Nicolas Giraud, Veronica Novak, Edith Scob, Catherine Hiegel, Isabelle Sadoyan, Laure Dutilleul et même Gérard Depardieu... Et pourtant chaque morceau de dialogue impose son bug, chaque scène s'avance avec de gros sabots... Les seules scènes qui charment sont celle dans un registre plus proche de la comédie (notamment grâce à Serge Hazanavicius et Cécile De France)... Et Vincent Perez est plus mauvais que jamais lorsqu'il est regardé avec une telle complaisance... Un film très dispensable... et même franchement pire que ça... L'enfer pavé de bonnes intentions



Un baiser papillon (bande-annonce) par europacorp

Les rêves pensants


Très joli documentaire sur l'adolescence, sans doute moins fort que Les rêves dansants - dans un registre proche - mais le parallèle entre ces adolescents de quartiers sensibles et les cours princières de Mme De Lafayette sont très pertinentes et le réalisateur filme ces adolescents avec une vraie grâce et une belle sensibilité.



Nous, princesses de Clèves / Bande Annonce par LE-PETIT-BULLETIN