16 juin 2011

Mise en bière



http://img691.imageshack.us/img691/2658/totorofch.png

Wenders est devenu un embaumeur, un vampire, son cinéma poseur suce le sang de l'oeuvre de Pina Bausch et du talent de ses danseurs et en livre un film désincarné et prétentieux. Presque détestable s'il n'y avait pas tant de talent et de beauté devant sa caméra. Avec des amis comme Wenders, Pina Bausch n'a clairement pas besoin d'ennemis... Ces oeuvres saucissonnées et posée dans des décors de carte postale arty font peine à voir. Quand au plan final et sa distance malvenue par rapport à l'image de Pina sur un écran face à une salle vide, elle me parait être un véritable aveu d'impuissance à faire du cinéma. A moins qu'elle ne soit qu'une pose arty de plus ? Ce qui revient au même...


PINA (3D) : BANDE-ANNONCE par baryla

2 commentaires:

danse contemporaine a dit…

vous êtes rude... pour une fois que Wenders s'efface derrière l’œuvre...
on en retrouverait presque le charme d’Alice dans la ville (tourné a wuperthal d'ailleurs).
j'y suis allé à reculons et en suis sorti, plutôt content.
danseaujourdhui.blogspot.com

Foxart a dit…

Ma rudesse est à la hauteur de ma colère durant toute la projection... et à la mesure du respect et de l'admiration que j'ai pour l'art de Pina...
Je ne trouve pas que Wenders s’efface, au contraire, il prend plus que jamais la pose. Si on compare ce sinistre et tristement hiératique et esthétisant "Pina" au merveilleux "Les rêves dansant" qui mettait l’œuvre de Pina au cœur même des enjeux d'un film sur l'apprentissage adolescent, les mutations du corps, le désir et sa brutalité, la séduction, la sexualité, etc... avec une telle force, une telle émotion et qui en restituait l'essence même... il n'y a pour moi "pas photo"...
On y traitait de danse, d'humain mais aussi vraiment de cinéma...
J'aime la danse et j'aime le cinéma, je ne peux donc pas aimer Pina.
Concernant Alice dans les villes, je ne l'ai pas revu depuis une trentaine d'année et je n'en ai donc qu'un vague souvenir, mais j'ai la sensation d'un film aride et pas poseur...
Par exemple, pour donner une idée précise de ce qui m'a horripilé dans le film (outre le fait que les pièces dansées soient coupées en rondelles) ce sont les interviews "muettes" où les acteurs de la vraie vie de Pina prennent des airs compassés avec leur témoignage en voix off qui, en général ne révèle que d'édifiante banalités sur la vie, la personnalité et l'oeuvre de Pina Bausch... C'est un des éléments qui - pour moi - trahit la vacuité du film et son impuissance à faire sens... et du coup, à ne produire que de la "belle image" bien léchée, cadrée, éclairée et dans un joli décor... du mauvais clip vidéo... et du très bon Pina filmé par un Wenders moribond