21 juillet 2011

Toxic


The Fighter est un excellent film mais qui repose hélas sur plusieurs malentendus et ratages...
Si l'on devait jouer la métaphore boxeuse, on pourrait dire qu'il ne joue pas dans la bonne catégorie à cause de l'écrasante comparaison due au simple fait qu'il arrive un an après The Wrestler de Darren Aronofsky, mais il serait plus juste de parler d'un film qui démarre avec un lourd handicap, comme un boxeur qui combattrait les deux mains liées dans le dos et qui n'aurait que son corps, ses neurones et sa tronche pour se défendre...


La comparaison avec The Wrestler me parait un moindre mal, d'abord parce qu'il suffit de revoir le film d'Aronofsky pour s'apercevoir à quel point il avait été surestimé et qu'il valait surtout comme un documentaire sur le retour en force d'un acteur démoli mais génial: Mickey Rourke.
Ce qui reste à l'écran s'impose donc avec une force incroyable qui pourrait terrasser The Fighter et pourtant il me semble que, du strict point de vue de la mise en scène, The Fighter l'emporte haut la main tandis que The Wrestler reste avant tout un film d'acteurs (tous merveilleux)...


Et c'est justement là que le bat blesse concernant The Fighter, ce lourd handicap il le doit à deux de ses acteurs principaux qui lui tirent tout bonnement une balle dans le pied: Melissa Leo et surtout l'insupportable Christian Bale...
Leurs performances de cabots calibrées pour l'Oscar (et mission accomplie dans les deux cas, on n'est donc pas près de les corriger...) sont d'une part absolument calamiteuses mais surtout ce sont les pires acteurs du film qui tirent la couverture à eux, laissant dans l'ombre leurs partenaires qui brillent au contraire par leur talent et leur sobriété.


Mellissa Léo, dans ce rôle fabuleux de mère dévoratrice, s'en sort plutôt mieux que Bale... D'une part parce qu'elle en fait un tout petit peu moins, d'autre part et surtout parce que, dans quelques scènes, elle montre qu'elle sait aussi arrêter son numéro et montrer davantage d'intelligence dans son jeu.

Pour ce qui de Christian Bale, c'est une vraie catastrophe et sa "performance" est pathétique d'un bout à l'autre du film, pas une scène qui ne soit pourrie par l'outrance de son jeu, par son amaigrissement ostentatoire, par sa voix déformée, sa bouche molle, sa volonté idiote d'imitation du personnage réel, sa façon obscène de nous faire l'inventaire minutieux de tous les tics du "crackhead" et surtout par la mégalomanie avec laquelle il confond son personnage (qui écrase son frère) avec son rôle dans lequel il ne cesse d'écraser son (ses) partenaire (s) à l'écran...
Le pauvre est sans doute persuadé d'être Al Pacino ou Daniel Day Lewis alors qu'il n'arrivera jamais (malgré tous les régimes Dukan du monde) à arriver à la cheville de leur ombre...


Face à ce monstre d'orgueil et de vanité, on ne peut que louer l'intelligence et la subtilité du jeu de Mark Walhberg, acteur trop sous estimé et qui montre une fois encore qu'il peut non seulement porter un film, mais même ici, le sauver du ridicule et du naufrage...
Mais il semble qu'Hollywood se contrefoute de subtilité puisque le pauvre ne fut même pas nommé aux Oscars...
Et pourtant, quel bonhomme, il épate dans chaque scène qu'elle soit intimiste ou de combat avec la même force dans le regard. Ce type est proprement stupéfiant et le film lui doit beaucoup.
Et je ferais les mêmes compliments à Amy Adams mais dans une moindre mesure, le rôle étant plus mineur...


Et avec tout ça, David O'Russel, malgré tout le talent qu'on lui connait (Les Rois du désert reste ni plus ni moins qu'un des meilleurs films des années 90 et sans doute un des 10 meilleurs films de guerre US de tous les temps...) fait vraiment ce qu'il peut pour leur faire la part belle et tenter d'exploiter au mieux son scénario intéressant (sans être bouleversant) en éludant au mieux les cabots par sa mise en scène (Bale dans les scènes avec son frère est souvent relégué au second plan, ou plus ou moins de dos) et en tentant de valoriser au mieux son histoire en focalisant tout le récit autant que possible sur le personnage principal de Micky et en s'appuyant au maximum sur Mark Walhberg qui - heureusement - a les épaules larges et le talent solide.
Par ailleurs il excelle à dépeindre un milieu social, une époque, ou un environnement (les crackhouses, les 6 soeurs et le mari d'Alice, Le monde de la Boxe, de la prison aussi) en quelques coups de pinceaux avec un vrai talent et une épatante justesse.


Du coup, il parvient tant bien que mal à délivrer un film certes loin d'être parfait mais qui offre une histoire d'émancipation vraiment touchante et de fraternité un peu plus convenue et lourdingue mais absolument honnête.
Avec en toile de fond la boxe comme métaphore idéale du combat dans la vie comme sur un ring, du gout de la victoire ou de la malédiction de l'échec , sujet classique qui nous ramène à quelques beaux films de l'histoire du cinéma, à coté desquels The Fighter n'a pas à rougir...


Christian Bale, par contre, ferait bien d'aller se planquer au Pérou pour quelques années, parce que vraiment là... Shame on him !

La Boxe dans le cinéma américain sur Cinétrafic



DVD distribué par Metropolitan Filmexport

Bonus:

- Making of assez conventionnel
- Petit doc sur les vrais frères Ward
- Quelques scènes coupées.

6 commentaires:

selenie a dit…

Le début du film est en ça un superbe prologue. Par contre bien que l'histoire se déroule dans les années 90 on a l'impression que c'est plus vieux ; problème de reconstitution ?! Mais le plus gros soucis reste les trop nombreuses ellipses dans la carrière de Ward (devrais-je dire partie de carrière). Ward a par exemple eu une coupure de 3 ans qui est complètement occultée. Mais à part ça il faut bien avoué que c'est un très bon film même si on lui préfèrera, dans le genre, "Gentleman Jim" ou "Raging Bull" ... 3/4

Anonyme a dit…

Encore un blog de merde qui n'offre rien de nouveau !

Foxart a dit…

Tiens c'est marrant je l'attendais celle là... Et anonyme évidemment... Mais...
Encore un trou du cul qui a posé sa petite crotte dans un coin et qui se sent d'un coup tout fier d'avoir poussé sa virgule...
Rien de nouveau ici non plus, donc...

Juste un trou du cul de plus qui se prend pour un nombril !
Pathétique...ou drôle, selon l'humeur et l'orientation du sens de l'humour...

Phil Siné a dit…

assez d'accord : le film vient après tellement d'autres films qu'il parait bien fade...

Wilyrah a dit…

Un bon film et une grosse perf de C. Bale.

Foxart a dit…

Un très bon film mais je ne reviendrais pas sur la contre "performance" de Bale...