24 octobre 2012

23 octobre 2012

Alyce dans la ville





Grosse déception...
Le film est tellement original et tellement bourré de qualité dans sa majeure partie que de voir tout ce formidable potentiel partiellement gâché par un humour noir assez malvenu dans la dernière partie qu'il est difficile de dire si je l'ai aimé pour ses (nombreuses) qualités ou détesté pour ce défaut majeur de ne pas prendre son personnage ni son sujet au sérieux... au final...



Car l'interprétation est solide et le film est formidablement bien écrit dans toute sa première partie. les personnages existent, sont complexes et passionnants et la lente descente aux enfers d'Alyce et de son entourage aurait du promettre de grands moment de folie et de malaise...



Alors pourquoi démolir tout ce qui a été lentement et assez subtilement construit pour finir dans le grand-guignol le plus grotesque... That is the question.
Un film qui contient en lui l'espoir et la déception, les préliminaires, la pénétration mais le coït est interrompu... abruptement...



Déception, frustration, Alyce avait l'air d'être une bombe mais en réalité elle n'était qu'un assez mauvais "coup"...

21 octobre 2012

Vieillir en disgrâce



Je n'avais vu aucune des deux pièces de théâtre du trio qui on précédé ce film et n'avait pas vraiment d'à priori, ni négatif, ni positif...
Seule, une très chère et fiable amie m'avait dit que la première pièce n'était pas bien fameuse mais que l’abatage incontestable des trois comédiennes emportait le morceau et qu'on s'y marrait beaucoup.




Le moins qu'on puisse dire est que l'écriture du film - qui marque les retrouvailles des 3 filles, 10 ans après Arrête de pleurer Pénélope 2 - n'est elle même guère très fine mais que, malheureusement, le transfert de la scène à l'écran se fait assez difficilement notamment du coté des comédiennes qui ont certes mis la pédale douce sur l'abatage, mais qui sont clairement trop marquées par la théâtralité de leur personnages - qu'elles connaissent d'évidence par cœur - et qu'elles ont tendance à charger d'un sur-jeu qui alourdit énormément un film déjà pas très subtil...




Il faut clairement dire que la première demi-heure en est carrément consternante de nullité et malgré le fait qu'à aucun moment le film ne soit vraiment antipathique, on a un mal de chien à lui trouver la moindre circonstance atténuante et surtout, bien pire, il ne fait jamais rire...

Et puis, même si l'ensemble reste jusqu'au bout plutôt médiocre, une chose sauve l'objet d'un naufrage intégral.




Il faut donc ici clairement saluer le talent de Juliette Arnaud et son évidente nature comique qui parviennent dans la deuxième partie du film à nous décrocher quelques éclats de rire salvateurs.
Il faut dire, à la décharge de ses deux comparses, que son personnage est de très loin le plus complexe, intéressant et le moins caricatural et archétypal des trois...
Et que la façon dont cette fille semble vivre le monde, les autres, elle même et son vieillissement comme de vraies disgrâces la rend aussi touchante qu'hilarante et il faut bien le dire, elle sauve souvent un film assez mal écrit et platement filmé.
Dont je ne garderai pas un grand souvenir...
Juste l'espoir de revoir cette étonnante comédienne dans des rôles moins écrits à la serpe et surtout dans de meilleurs films... Donc, pour être un peu méchant, dans des films qu'elle n'aurait ni écrit ni réalisé...
Qu'elle se contente de faire ce qu'elle fait à merveille... JOUER !




DVD M6Vidéo - Sortie le 10 octobre - 19,99€

Bonus:
Un long Making of (53mns) réalisé par Christine Anglio qui montre la bonne humeur régnant sur le plateau et la cohésion entre toutes les équipes, faisant la part belle aux équipes techniques souvent oubliées des making of.
Un interview (14mn) des trois comédiennes.
Bande-annonces


16 août 2012

Le Mousse et la Baleine




 Hiver norvégien, 1915. Dans l'autoritaire maison de redressement de Bastoy, l'arrivée d'un nouveau détenu va chambouler l'ordre établi et faire basculer les consciences. L'esprit de rébellion monte graduellement mais jusqu'où sont-ils prêts à aller ?


Quatrième long métrage du Norvégien Marius Holst, Les Révoltés de l'île du diable est une plongée sombre mais fascinante dans un centre pour jeunes délinquants à l'écart du monde dont les portes sont restées ouvertes jusque dans les années 1970. En puisant dans les archives de cette prison insulaire pour mineurs, le réalisateur s'est rendu compte que la réalité dépassait les rumeurs déjà terrifiantes que ce centre suscitait...



Certains, sans doute, condamneront un hâtivement l'académisme du film sans considérer que ce classicisme est un parti pris qui convient parfaitement à la teneur du récit autant qu'à la description d'une époque révolue.


Sorte d'équivalent norvégien et masculin aux terribles Magdalene Sisters de Peter Mullan, le film de Marius Holst est porté par des acteurs absolument exceptionnels tant du coté des adultes (les célèbres et géniaux Stellan Skarsgârd et Kristoffer Joner) que du coté des adolescents, tous comédiens amateurs et dont certains sont vraiment inoubliables.




Les performances toutes en sobriété et en puissance retenue de Benjamin Helstad, de Magnus Langlete et de Trond Nilssen sont époustouflantes et contribuent grandement à la réussite et à la force émotionnelle du film.


Et la métaphore qui coure tout le long du film du mousse et de la baleine, au travers du récit qu'inventent les deux garçons au fil de leur amitié grandissante est non seulement très pertinente mais elle ajoute ce petit supplément d’âme au film.
D'autant que la peinture de cette amitié n'est ni convenue, ni teintée d'un angélisme  ou d'un manichéisme ridicule (On n'est pas dans Les Choristes) et qu'elle est une des grandes forces du récit et du film.





Cette relation entre les deux adolescents est complexe et belle, elle apporte au film une profondeur et une émotion vraiment exemplaire et c'est d'ailleurs là un des vrais points forts du film qui dépasse grandement un récit historique appliqué pour se mesurer à de grands classiques scandinaves, souvent conspués pour leur académisme en dépit de leur puissance visuelle et de la finesse d'écriture du scénario et du jeu des acteurs...


Je pense notamment à la Palme d'or très contestée remise au magnifique Pelle le conquérant de Bille August (à Zappa aussi, du même réalisateur) ou aux premiers films suédois très sous estimés de Lasse Hallström)





King of the Devil's Island (Les révoltés de l'île du diable, chez nous, titre moins fidèle au film) est dans la lignée de ces grands films : classique, certes, mais subtil, captivant, poignant et si injustement passé inaperçu à sa sortie.



Rattrapage indispensable !




15 août 2012

La cabane au fond du jardin



 


Derrière une des plus belles affiches de l'année se cache une nouvelle imposture du cinéma horrifique US...



Un scénario certes assez original, mais qui, très vite, joue la connivence avec le spectateur :
"T'as vu, moi aussi je suis fan de Evil Dead et de La Nuit des morts vivants, J'ai la même culture bis que toi, les Loups-garou, tout ça... mais en plus, t'as vu, j'ai aussi vu Cube et la mise en abyme et les expériences théoriques ne me font pas peur, et puis en plus après SCRE4M, je n'ai plus qu'à devenir post-post-moderne pour dépasser en tous point le cynisme et le pseudo point de vue à la mort moi le noeud sur le genre... Tu vois, Craven pensait avoir tué le film d'horreur, mais moi, je vais plus loin, je l'enterre !!!
Je fais le film d'horreur ultime, qui les contient tous, les cite en pagaille et qui les contrôle tous pour aller vers un final indépassable...
Comment chuis trop fort, moi, Josh Whedon... Tu te rends compte, trop puissant mon premier film..."




Mouais, sauf que - connard - t'as oublié qu'un film d'horreur est sensé foutre la trouille et pas nous flanquer une thèse, qu'il est supposé tenir en haleine et pas nous resucer les mêmes vieux schémas et que - aussi malin soit-il - un film est mort-né si ses personnages ne sont l'incarnation de rien et ne sont que des marionnettes...



Bref, encore une purge de petit malin, suffisamment bien torchée pour que la plupart se laissent duper (impossible que ceux là supportent une deuxième vision) et pour moi un pur exercice de style, con, creux, vain et amoureux de lui même bien plus que du genre.



Ce type de film "mise en abyme" associés aux Found footage, vont finir par me dégouter à jamais de l'horreur et du fantastique.



Bref, une merde... Une belle merde, certes, bien moulée, parfaitement chiée, mais une merde tout de même.
Et sans doute un des films les plus surestimés et pour lequel l'indulgence des critiques fut aberrante cette l'année.
Exactement comme elle l'avait été pour SCRE4M l'année dernière...

07 août 2012

Aux grands maux les grands remèdes

Affiche française

 

Difficile voir impossible de parler de The Tall man (The Secret, chez nous, allez savoir pourquoi ??) sans en déflorer un tant soit peu le récit et ses multiples rebondissement.
Il est probable en tout cas que ce nouveau film de Pascal Laugier, même s'il est globalement un peu décevant, réconcilie ses admirateurs et ses détracteurs...
En effet, il me semble que Laugier est, depuis le début un cinéaste sous estimé, mal compris, adulé pour de mauvaises raisons ou détesté pour pratiquement les mêmes raisons...



Affiche espagnole ?



Ce film a au moins le mérite de clore un passionnant début de carrière et de marquer clairement l'heure des bilans...

De Saint-Ange, tout le monde a loué la maestria technique mais beaucoup ont n'y ont vu qu'un simple exercice de style, en forme d'hommage aux maitres - Bava, Argento, Fulci - ou au genre "Hantise" (La Maison du diable, etc...) sous-estimant la finesse du regard de Laugier sur ses personnages, ses velléités à faire des films posant de vraies questions, cherchant à faire sens...et ses ambitions stylistiques, en les réduisant à de l'esbroufe...
La fin du film, notamment, en a dérouté plus d'un et elle a même été sévèrement jugée, comme flirtant avec le ridicule, alors qu'elle n'était que la marque évidente d'un sérieuse audace et du gout pour les expériences borderline du cinéaste.
Il semble qu'avec le temps, le film se trouve de plus en plus réhabilité et il me parait aujourd'hui bien parti pour devenir un vrai classique du genre à la française...






Martyrs avait créé une vraie controverse et m'avait paru mal aimé autant par ses détracteurs que par ses adorateurs.
Les anti-Martyrs lui reprochant son extrémisme complaisant dans la violence, le changement de ton perpétuel du film (encore "l'exercice de style, esbroufe virtuose mais creuse") et le flou artistique entretenu par Laugier concernant le fond du film, les thématiques abordées et notamment celle de l'extase mystique des martyrs comme un parti pris jugé pour le moins radical en pleine vogue de "Torture porn"... Une fausse mauvaise odeur d'ambigüité... Malentendu total




Les pro-Martyrs, louaient le film bien souvent pour les mêmes raisons, séduits par le jusqu'au-boutisme radical de la violence qui en ferait LE torture porn ultime (alors qu'il en est l'exact opposé...), épaté par le rythme et la virtuosité de la mise en scène (sans percevoir que ces changements de braquet réguliers proposaient chaque fois de nouvelles thématiques, jusqu'à une mise en abyme vertigineuse). Bref, beaucoup de ceux là n'aimaient le film que par sa radicalité formelle et thématique et n'y percevaient sans doute pas l'intelligence, la subversion et l'ambition tant formelle que thématique du film.




The Tall man décevra sans doute énormément les premiers car le film apparait nettement plus "mainstream" dans son déroulement et il agacera sans doute les seconds, plus exigeants par le manque de subtilité du message délivré par le film.




En revanche, il est fort probable qu'il soit le film qui marque le premier grand succès public de Laugier car le film a tout pour cartonner.
A commencer par sa tête d'affiche, Jessica Biel, absolument remarquable et qui trouve là, sans doute, son premier VRAI grand rôle.
Elle est non seulement d'une beauté inédite (je ne l'avais jamais vu si naturelle et paradoxalement si sublime, même sérieusement amochée) mais elle permet au récit - un peu bancal - de tenir son cap jusqu'au dénouement.
Et tout le casting est au diapason, Laugier sait choisir ses acteurs et les diriger... Samantha Ferris, notamment est absolument remarquable !


Le sujet du film (en tous cas celui supposé avant de le voir...) de la disparition régulière de tous les enfants d'une petite ville devrait aussi captiver tant il touche à tant de faits divers qui interpellent tout le monde.
Enfin, sa dimension quasi-fantastique, en la personne du Tall Man, devrait achever d'attirer les amateurs de mystères...


Mais il m'est difficile de pousser plus avant mon analyse du film sans en dévoiler ne serait-ce qu'une partie...
Disons simplement que le film n'est, au final -comme les deux précédents - pas du tout ce dont il a l'air à priori et que sa forme (moins brillante et inventive que les deux précédents mais très honnête et vraiment efficace avec quelques grands moments) cette fois, n'élude en rien le message du film...


Pour ma part, hélas, justement, c'est un peu là que le bât blesse...
Non pas que le discours du film soit idiot ou inintéressant, loin de là... Il me semble simplement un peu plus "unilatéral" et sans doute surtout un peu trop appuyé...
Pour ceux qui ont vu le film, je dirais juste qu'il y a un regard caméra un peu lourdingue et un "right?" de trop, peut-être même deux... Un seul aurait suffit... sans que la jeune femme n'ait à nous interpeler du regard...
Je trouve que le film s'achève là avec de bien gros sabots sans doute pour éviter toute ambiguïté et toute polémique, ce qui est bien dommage car Martyrs savait parfaitement jongler avec la patate chaude de ses thématiques sans jamais chercher à nous mâcher le travail... Ni à nous servir une patate tiède... prête à penser...



Et c'est là le principal défaut de The Tall man...
Qu'il soit tiré par les cheveux n'apparait finalement que peu, grâce au talent de conteur de Laugier et à l'efficacité de la mise en scène...
Mais ce qui aurait pu être une évocation poético-macabre façon Le joueur de flute de Hamelin (que le film n'évoque jamais, mais auquel on pense forcément souvent) tourne un peu à la question philosophico-éthique... Thèse, antithèse, synthèse, conclusion et à toi de te questionner et de positionner maintenant cher spectateur.


Le film ni a démarche de Laugier n'en apparaissent pour autant cynique, malhonnête ou encore moins antipathique mais disons que cela manque de finesse et malgré tous les brouillage de piste du film, sa résolution lui fait rétroactivement perdre beaucoup de sa finesse et de son mystère...




D'où la déception, pour ma part, mais le fait évident qu'il s'adresse à un bien plus large public que celui des cinéphiles, des fantasticophiles ou des anthropocinéphages... Au grand public...

A lui de juger... désormais, le film sort début septembre et devrait - selon toute logique - rencontrer un beau succès (à l'échelle du genre, évidemment)... C'est d'ailleurs tout le mal que je lui souhaite.



En espérant que la critique ne l'égratigne pas trop, ce qui pourrait grandement lui nuire.
Et en souhaitant qu'il attire un autre public vers les deux premières œuvres de Pascal Laugier, qui après le formidable et mésestimé Saint-Ange et le génial Martyrs, impose avec ce Tall Man, malgré une certaine déception de ma part, qu'il est un cinéaste raide amoureux du genre et qui n'a sans doute pas fini de nous étonner.

Affiche US

PS: l'affiche française est absolument sublime contrairement à l'horrible affiche US, mais en revanche, The Tall man était un très beau titre, qui prenait en prime un beau double sens après visionnage du film alors que The Secret est un titre "franglais" complétement atterrant de connerie et absolument vide de sens... Décidément les mystères et "secrets" de la distribution en France sont impénétrables... Imbitables, même !