16 février 2014

Dirty Old Fart




Un film vraiment étonnant que ce Bad GranPa !
Même si on connaissait déjà le personnage via Jackass et si le film n'est au fond qu'une succession de sketchs (plus ou moins drôles et réussis) sur une trame scénarisée tenant sur une feuille de papier à rouler les joints, le film parvient de manière quasi miraculeuse à imposer un rythme d'une lenteur totalement inattendue dans un projet de ce type.
On se croirait presque dans une version comique de Une histoire vraie de David Lynch tant le film se traine, prend son temps... On frôle constamment la mollesse, même, mais ce qu semble - à priori - être une faille rédhibitoire pour une comédie devient étrangement un des vrais atouts du film.
Sa molesse rythmique et son néant scénaristique laissent toute la place au gag, quand il arrive, et le film ne craint pas de faire durer le plan, ce qui le rend souvent irrésistible et hilarant.





Mais surtout - et c'est là que réside la plus grande réussite du film - cette lenteur laisse le temps de contempler les acteurs et de les admirer dans l'improvisation totale, le plus souvent, ce qui est un vrai régal, notamment concernant le personnage de l'enfant, interprété de manière ébouriffante par un vrai petit prodige comique: Jackson Nicoll.
Ce gamin est une perle rare et le film a le vrai grand mérite de le révéler.
Rares sont les enfants au cinéma qui n'évoquent pas de petits singes savants minaudant à l'extrême et encore plus rares sont ils dans le domaine si casse-gueule de la comédie.
Mais ici, ce gosse est d'un naturel et d'un sérieux si confondant qu'il donne au film une dimension inattendue - que l'on trouvait déjà dans le génial Borat (toutes proportions gardées) avec le personnage de la pute noire - qui ferait presque croire que le film est un vrai documentaire, pris sur le vif (ce qu'il est en partie, pour le coup, du fait du principe de la caméra cachée) ou qu'on est totalement dans une vraie fiction.
Et c'est là que le film réussit son principal défi qui est de nous faire croire à ses personnages et même de nous les rendre attachants, drôles et même émouvant.



Ce qui se joue dans le film entre Johnny Knoxville et Jackson Nicoll, transpire à l'écran et de cette rencontre de deux acteurs nait un film qui s'affranchit certes d'u scénario, tout autant de mise en scène mais qui parvient à exister, tel un OVNI cinématographique, dans le simple fait de capter le travail de cette complicité d'acteurs.
Il faut vraiment affirmer que Bad GranPa Doit absolument tout à ce petit prodige, car même si on est tordu de rire à chaque caméra cachée, le film n'aurait pu être qu'une succession de séquence sans aucun lien entre elle comme dans les précédents Jackass. Mais ce gamin fait le liant et émulsionne la sauce de manière assez spectaculaire et donne au film une dimension assez inédite dans le registre de la comédie qui le rend foutrement sympathique et touchant malgré son million de défauts.
Ce gosse vaut de l'or !!!
Bien plus que 600$ par mois.
Espérons qu'Hollywood aura le nez de l'employer à nouveau.









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