19 août 2014

Beautiful



Lady Gaga en guerre contre les diktats de la minceur Pour Lady Gaga, «Born This Way» est plus qu’une chanson, c’est une philosophie. La chanteuse part en guerre contre les diktats de la minceur. «Une vraie Vénus est belle, peu importe sa taille», affirme-t-elle sous une photo d’elle vêtue d’un soutien-gorge en forme de coquillage et de bas résille. «Ne laissez pas la société vous dire ce qu’est la beauté. Avant, quand on peignait ou sculptait une déesse, elle était représentée comme une femme ronde et fertile. C’était la mode d’être plus épaisse parce que la nourriture montrait qu’on avait de l’argent. Mangez, les enfants. La vie est trop courte». ladygaga on Instagram

16 août 2014

Bad movie






Presque un cas d'école, ou comment faire un navet à partir d'un bon script et avec un superbe casting.
Même un épisode de Cold Case est mieux torché que ce téléfilm d'une rare platitude qui voudrait chasser sur les terres de Killer Joe sans en avoir les cojones.



Matt Dillon est assez crédible en tueur à gage néo nazi, Willem Dafoe, toujours impeccable se contente ici du minimum syndical et Tom Berenger, qu'on jurerait cloné sur Mickey Rourke est sobre et plutôt convaincant.
L'acteur le plus marquant restant le génial Bill Duke qui brille dans le rôle pourtant microscopique d'un personnage absolument dispensable.



Mais le pire est qu'à aucun moment la mise en scène n'offre de point de vue sur le récit, elle reste si tristement neutre et impersonnelle qu'on finit par se demander si le réalisateur au détour d'une évolution de son scénario, n'en a pas oublié que le personnage du flic (W.Dafoe) flirtait avec la ripouillerie et que celui de l'indic n'était qu'un tueur de sang froid doublé d'un fanatique d'extrême droite jamais repenti.
Un comble, le film finit par nous donner à voir quelque chose qui ne semble plus si loin d'un buddy movie et on se demande dans quelle mesure on est sensé aimé ou avoir de la compassion pour une ordure telle qu'elle est dépeinte durant toute la première partie du film.



Friedkin avait au moins le mérite d'aller franco dans le lard, là où nul personnage ne se repentait ni n'offrait la moindre prise à l'empathie, forçant le spectateur à une plongée en enfer aussi violente que politiquement incorrecte.
Ici, à force de tout mettre au même niveau (et de niveler par le bas...) le film passe à coté de son sujet: celui des arrangements peu avouables entre un flic prêt à tout et une ordure finie au profit d'un sempiternel machin de rédemption d'une raclure et de la déchéance d'un flic... Et encore, même ce sujet là, il ne fait que l'effleurer distraitement.



On n'a guère de peine que d'un tel sujet, beaucoup de cinéastes ont fait, auraient fait, feront et feraient de grands films.
Ici, on n'a qu'un tout petit truc qui se regarde sans réel ennui mais sans vrai intérêt non plus, vite vu, vite oublié et fort peu recommandé...

13 août 2014

40 ans toujours puceau


 



Immoral Mr Teas ?!
Que nenni !!!

Adorable, sans aucun doute, sexuellement terriblement frustré, c'est le sujet même du film et bougrement obsédé, ceci expliquant cela et inversement.
Russ Meyer réalise avec ce supposé film "immoral" le portrait pop, décalé et tordant d'un pur fétichiste des croupes féminines galbées par de jolies jupes crayons et des poitrines généreuses offertes à sa vue dans des décolletés si pigeonnants qu'il semble près à faire "POP", justement.



Et il faut bien avouer que ce "nudie 50's" est un régal de couleurs, de grimaces, de jolies filles et de commentaires en voix off absolument tordant.
Avec le talent de metteur en scène qu'on lui connait et qui sera amplement confirmé par quelques films cul(tes) à venir, Russ Meyer peint le portrait d'une Amérique paradoxale, à la fois au comble de son puritanisme et de sa morale judéo-chrétienne bien pensante et culpabilisante et portant aux nues (le cas de le dire) des pin ups de magazines en gigantesques portraits sur les façades des cinémas.

L'Amérique qui donne à voir des Jane Mansfield (la Blonde et moi -  1956), des Marilyn Monroe (Bus Stop - 1956), des Jane Russell (les hommes préfèrent les blondes -1953) à gogo et qui reste corsetée au niveau social par la bigoterie ambiante, surveillée politiquement par le Maccarthysme et dont le cinéma est à peine libéré d'un Code Hays qui interdisait toute représentation de la sexualité à l'écran (jusqu'au ridicule) mais dont les verrous commencent à sauter dans ces années 50, justement par une évolution des mœurs qui rend plus difficile l'exercice de la censure.

Le sinistre Code Hays perdurera jusqu'aux années 60 mais la tolérance sera alors telle qu'il en deviendra caduc.



Et c'est bien le cœur même de cet hilarant film de "boules" moins naïf qu'il n'en a l'air mais franchement rigolard: Mr Teas est de toute évidence puceau, si l'on en croit son air ahuri de petit garçon dès qu'un décolleté est un poil trop plongeant, Mr Teas est visiblement terriblement frustré à voir comme il roule des yeux et se mord les lèvres quand une joli femme croise son chemin...
Et le pauvre Mr Teas est largement soumis à la tentation, les jeunes et jolies jeunes femmes ne cesse de se dénuder en sa présence, semblant ne pas faire cas de sa présence...

Pauvre Mr Teas ! D'autant qu'il manque cruellement de chance, même avec les filles de joies qui ne le racolent que pour lui offrir... un peu de repassage lol



Et comme la société le condamne et le désigne comme un vil pêcheur,  un infâme obsédé sexuel, Mr Teas n'a plus d'autres ressource que de tenter une thérapie...

Mais comment s'en sortir quand  même sa psy est une femme, jeune, jolie et gironde ?

Mr Teas est désespéré et se noie dans ses fantasmes coupable.

A moins que...



Le film de Russ Meyer est muet mais accompagné tout du long par quelques accords de guitare (Ahhh la guitare ! lol) et d'accordéon et par une omniprésente voix off qui commente TOUT ce que fait et voit Mr Teas, par l'absurde.

Un groupe de naïades se baignent nues sous les yeux ébahis de Mr Teas et voila que la voix off nous fait un cours sur la composition chimique de l'eau, l'invention du bateau ou lorsque Mr Teas sort sa canne à pèche, elle nous vante les mérites thérapeutiques de la relaxation, de la solitude et de l'activité sportive pour lutter contre ses démons, alors que Mr Teas s'endort, la gaule entre les jambes, rêvant de sa psy exerçant son métier uniquement vêtue de ses lunettes et d'une paire de talons hauts pendant qu'il lui fait part du mal qui l'habite.



Cette petite chronique de mœurs vitriole avec autant de second degré et d'ironie que de candeur (étrange et joyeux mélange) l'hypocrisie de ses contemporains et de son époque et régale le spectateur d'images pétillantes, naïves, colorées, de jeunes femmes plus ou moins dénudées et toujours délicieuses, de blondes platines au lèvres fambroises en brunettes aux seins en poire...



Et inutile d'y accoler les notions de sexisme, de phallocratie, de vice et encore moins de pornographie: cette peinture d'une sexualité joyeuse, naturelle et naturiste est à la fois très désuète et charmante, tout autant qu'elle est réjouissante, quels que soient votre genre, vos fantasmes et vos orientations sexuelles, le film n'a que peu de velléités masturbatoires - même pour l'époque - et préfère mille fois nous divertir, nous amuser et parfois même nous épater de tant de charme et de pétulance !

En ce qui me concerne, je n'ai pas cessé de sourire et de rire durant la petite heure qu'il dure, et vraiment, bien que peu porté par nature sur la plastique féminine, je me suis vraiment régalé de bout en bout de tant d'esprit, de double sens, de métaphores hilarantes et de charme vintage.




L'Enfer pavé de "bonnes" intentions ?




Dans la toute dernière partie du film, Ruth Halimi, interprétée par Zabou Breitman, déclare avoir eu le sentiment qu'Ilan était mort deux fois alors qu'était nié - dans un premier temps - le caractère fondamentalement antisémite de son assassinat...
Malheureusement, après visionnage de ce film raté, on serait presque tenté de dire qu'il lui a infligé une nouvelle fois la mort.
Malgré toutes les évidentes bonnes intentions du projet, le résultat est d'une telle maladresse touchant parfois à l’indélicatesse et au grotesque qu'il devient évident qu'il aurait mieux valu qu'Arcady s'abstienne de s'attaquer à un sujet qui demandait - de toute évidence - un traitement plus maîtrisé, plus subtil et plus affirmé dans ses partis pris.
Hélas, le réalisateur ne se pose même pas les plus élémentaires questions: fallait il notamment affirmer le parti de ne voir l'affaire que du coté de la famille et dans ce cas occulter toute image de la détention d'Ilan et tout particulièrement, était il nécessaire d'infliger au spectateur (et à la dite famille Halimi...) ces insoutenables et absolument obscènes séquences d'injures, de passage à tabac et de torture physique et mentale du jeune homme.




Où est la morale dans le fait de filmer de manière aussi frontale (sans mauvais jeu de mots) le fait de voir un membre du "gang des barbares" lui écraser une cigarette sur le front ?
La question de la violence et de la barbarie était pourtant au cœur de l'affaire, mais en choisissant l'idée de situer son récit en périphérie de ce kidnapping (la tension familiale, l'enquête policière, les manipulations entre psys, policiers, Youssouf Fofana, etc...), il eut été judicieux de choisir de ne pas montrer.
Mais pour Arcady, la fin justifie TOUS les moyens, y compris les plus indécents, pour arriver à la démonstration bien davantage de l'aveuglement de nos administrations (en particulier la police et le Ministère de l'Intérieur) que d'avoir la modestie et la finesse de s'en tenir à son sujet qui prétend être l'insupportable calvaire de l'attente et du harcèlement auxquels sont soumis les membres de la famille Halimi, et notamment le père (Pascal Elbé comme toujours épatant !) et de décrire tous les mécanismes de l'enquête (ce qui est d'ailleurs le plus réussi et le plus potentiellement passionnant dans le film).



Mais le film oscille entre une absence totale de point de vue et inversement à un discours victimaire assez déplaisant, du même acabit que celui qui poussait le réalisateur du film durant la promo, à affirmer partout que l'assassinat d'Ilan Halimi était "le premier meurtre antisémite depuis la Shoah", ni plus ni moins...
Outre le crédit maximal de points Godwin, ce statut démontre le cruel manque de nuance d'Arcady dans son propos et la volonté de faire un film partisan plutôt que de se tenir à la force intrinsèque de son récit et de ses personnages.
Ce manque de subtilité est - pour être honnête - une des marques de fabrique d'Arcady et ses derniers films notamment n'ont vraiment pas brillé par leur finesse mais bien plus par leur comique involontaire...
Et si l'on pouvait jeter le bébé "Les 5 doigts de la main" avec l'eau du bain, sans aucun état d'âme, il est difficile d'être seulement effaré, amusé ou accablé par une telle farce concernant un sujet aussi sensible et douloureux que celui du calvaire d'Ilan et de sa famille.
Et même si on sent bien que cette fois Arcady a pourtant tenté de mettre la pédale douce sur beaucoup d'aspects, on a du mal à comprendre parfois la maladresse ou la lourdeur de certains aspects.
On est parfois stupéfait de voir comment est pensée la direction d'acteurs: comment ne pas s'agacer de la façon dont les soeurs d'Ilan se montrent d'une hystérie totale en complet décalage (forcé) avec le mutisme et le regard "vide" de la mère... 
Zabou, ne s'en sort pas si mal, mais certaines scènes sonnent si faux qu'il est difficile de ne pas la plaindre quand elle débite des dialogues aussi ineptes...
Même constat du coté des acteurs "flics", Sylvie Testud, Jacques Gamblin et Eric Caravaca s'en sortent bien mais le traitement et les dialogues sonnent tout aussi creux.
Tout cela est d'autant pus regrettable que le film réussit parfois, pendant quelques minutes, ça et là, à atteindre vraiment son objectif et démontre que malgré toutes ses maladresses, subsiste un vrai sujet et un récit puissant.
Tous les aspects de l'enquête policière notamment, peu connus et mal décrits à l'époque dans les médias sont vraiment passionnant et on ne cesse de penser que ce récit entre les mains d'un cinéaste de talent auraient pu donner un film d'une grande force et d'une émotion vraie (hélas, le film n'émeut jamais, un comble !).



Je pense notamment au traitement qu'avait su proposer Vincent Garenq à l'affaire d'Outreau dans Présumé Coupable, en prenant également une affaire par un biais différent (vu de l'intérieur par l'un des innocents accusé à tort) et démontrant une vraie direction d'acteur (Philippe Torreton, immense !) tout en gardant le cap de son récit sans jamais vouloir faire passer un message au forceps...
Le film n'était pas sans maladresses, certes (mais il ne s'agissait que d'un deuxième film, d'un jeune réalisateur...), mais il se posait les bonnes questions en matière de morale concernant son sujet et possédait un vrai regard, tout en ayant une vraie confiance en la force intrinsèque de son récit.
Bref, le film avait un cap et s'y tenait...
Loin d'être le cas de celui ci qui semble davantage chasser d'autres démons (ceux de la montée de l'antisémitisme en France, et sans doute dans le monde...) que de tenter de rendre un hommage juste et digne à Ilan Halimi et à sa famille.
En cela, malgré le fait que le film ne manque pas totalement d'intérêt, il s'avère un objet assez antipathique et parfois même tout à fait détestable... Et ce d'autant plus qu'il use et abuse d'un fait divers réel, récent, traumatisant et connu et condamné de tous...
Ilan Halimi et sa famille ne méritaient pas ce traitement partisan. A trop vouloir sortir du fait divers pour toucher à une analyse géo-politique de comptoir, Arcady manque d'humilité et foire son sujet.









S'il s'agissait d'une fiction, on pourrait simplement s'en moquer et la balayer du revers de la main, mais hélas...
Le calvaire et l'assassinat (et leur nature antisémite) d'Ilan Halimi sont bien réels...et le film ne reflète guère la simplicité funeste et sordide de ce fait divers immonde, préférant lui accoler un propos globalisant plus discutable et déplacé.