16 mars 2015

Artémis et les ours




Dans ses vingt premières minutes, ce petit survival se montre assez bavard mais rien n'y est gratuit... Chaque dialogue inaugural servira autant à construire les personnages que la suite du scénario, notamment au travers la métaphore du superbe récit mythologique d'Artémis, déesse de la chasse et de sa mutation en ourse qui est raconté au début du film et qui annoncera clairement la couleur: Girl power !!!
Sur ce schéma le film déroulera un récit certes assez attendu, parfois, mais servi avec suffisamment de talent pour que la pilule passe.
Il est probable que certains se choqueront de ce qu'il prendront - à tort - pour un amalgame établissant une corrélation entre jeux vidéos et violence réelle.



Le film est pourtant à la fois bien plus ambigu et beaucoup plus subtil que cela et il conviendrait davantage une relation culturelle, presque fondatrice, entre les USA et la violence, tellement mythifiée dans leur Histoire, totalement dé-réalisée dans les médias (notamment par la représentation déformée de la guerre) et tellement banalisée dans le rapport même de sa population à la possession et au maniement des armes.
Évidemment, beaucoup ne manqueront pas - sur ce point - de comparer ce film à l'épatant Eden Lake qui avait - c'est vrai - l'immense mérite de ne pas servir d'explication prémâchée à cette violence intégrée et qui gagnait grandement en trouble à maintenir cette question en suspens.
Preservation est - de ce point de vue - effectivement plus faible mais il reste clairement dans le haut du panier de la production horrifique US de série B, trop uniformément biberonnée à la médiocrité générale des urticants Found-footages-de-gueule.



Et s'il n'atteint certes jamais la puissance d'Eden lake ni en terme de mise en scène, ni en terme de tension dramatique, il a au moins le mérite d'offrir un spectacle honnête, solidement construit, correctement écrit et bien interprété pour une aussi petite production.
Par dessus le marché, il a le mérite de poser de vraies questions sur l'avenir d'une jeunesse américaine belliqueuse par culture et par éducation à laquelle le peuple américain ne laisse guère de chance en poursuivant dans ce sens de l'histoire d'une civilisation qui n'apprendrait pas de ses erreurs et qui en subira - de fait - probablement encore longtemps, de lourds tributs.
A moins que la solution ne vienne tout simplement des femmes et de leur singularité dans l'espère humaine qui fait d'elle des combattantes mais aussi des mères, dotées d'une volonté farouche de "préservation" et, espérons le aussi, d'éducation...
Et si Preservation était en fait tout simplement un film féministe ?
Je le crois... à sa manière, maladroite, humble mais honnête.

Aucun commentaire: