16 mars 2015

Monkey Business





Il y avait tout pour faire un excellent film, à commencer par un scénario passionnant et un casting en or.
Hélas, le pari n'est qu'à moitié réussi notamment par un parti pris de mise en scène hollywoodien désormais devenu insupportable et qui consiste à faire jouer un grand rôle à un acteur improbable, totalement à contre-emploi en le truffant de prothèses pour une métamorphose supposée spectaculaire visant la composition "à Oscars"...
Et malgré tout son talent et sa grande sobriété, malheureusement, Steve Carell ne parvient jamais à faire oublier le dentier, le nez en bec d'aigle et l'emplâtre de maquillage qui figent son visage dans la cire. Tout au long d'un film qui aurait du, qui aurait pu être grand, on ne cesse de remarquer cette verrue au milieu du portrait.




Ce personnage haïssable et pathétique aurait été une composition sublime sans tout ce latex et je suis certain que Carell, avec sa véritable tronche aurait pu l'endosser les doigts dans le nez... Si je puis dire.
D'autant plus que face à lui Mark Ruffalo est magnifique et que Channing Tatum est - une fois de plus - absolument épatant et qu'il réussit même, de son coté à faire totalement oublier en quelques minutes qu'on lui a collé le nez de Depardieu et les oreilles de Schrek.
La réalisation de Bennett Miller est académique mais suffisamment solide pour maintenir l'intérêt tout du long et on ne peut qu'en regretter davantage cette volonté - j'imagine - d'une ressemblance physique avec le véritable John - Eagle - Du Pont qui nuit tellement à ce qui aurait bien pu être un grand film sur la manipulation mentale, sur la solitude et la perversion, avec un des plus beaux personnages de tarés de la galaxie...




Il en avait tous les atouts mais il ruine la partie par un artifice un peu idiot. Regrettable de voir un grand film se déballonner en "truc pas mal, mais..." juste à cause de ces putains d'Oscars et des dictats qu'ils imposent aux majors US. Et vice versa...
Pas mal, donc, mais dommage.

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